REVUE GÉNÉRALE

BOTANIQUE

REVUE GÉNÉRALE

BOTANIQUE

M. Gaston BONNIER

TOME DEUXIÈME 0

SCIENCES NATURELLES

PAUL KLINCKSIECK, ÉDITEUR

DESCRIPTION

PANCRATIUM SAHARM COS SON (inédit)

Par MM. BATTANDIER et TRABUT

MM. Cosson, Letourneux, Paris, Warion et divers autres botanistes ont depuis longtemps signalé la présence dans le Sahara d'une plante du genre Pancratium. M. le Dr Cosson l'a plusieurs fois désignée sous le nom de Pancratium Saharœ. MM. Bonnetet Maury, en 1888, la signalent sous ce même nom à Djenien-Bou-Resq(l).Mais aucun de ces botanistes n'a récolté la plante eu fleur, et cette espèce (si toutefois les Pancratium du Sahara appartiennent tous à une même espèce) était restée jusqu'à ce jour fort obscure. En 1888, au mois de juin, nous vîmes dans les sables près d'Aïn-Sefra de nombreux pieds de Pancratium en feuilles, nous en rapportâmes quelques-uns, et l'un d'eux ayant fleuri et fructifié cette année au jardin bota- nique, nous avons pu le dessiner et le décrire.

Pancratium Sahara Cosson (inédit).

Bulbe ovoïde, à tuniques brunes, de grosseur moyenne ; feuilles ordinairement 2-4, linéaires, un peu charnues, contour- nées en spirale, beaucoup plus longues que la tige, glauques, canaliculées, aiguës.

Tige courte, légèrement comprimée, portant de 3 à 4 fleurs, d'abord dressée, puis penchée après la floraison. Spathe (au moins dans notre échantillon) à une seule valve. Pédicelles

(1) Bonnet et Maury : D'Aïn-Sefra à Djenicn-Bou-Resq (Journal de Botanique,

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presque nuls. Bractéoles nulles. Fleurs blanches ; tube du péri- gone grêle, allongé, presque double du limbe ; divisions du limbe linéaires-oblongues, étroites, presque semblables entre elles, vertes sur le dos, terminées par une longue pointe cucullée. Cou- ronne campanulée-obconique, plus courte que le tiers des divi- sions du limbe, divisée au sommet en douze dents et douze denticules. Dents linéaires-aigûes, disposées par paires entre les étamines, écartées et portant dans leur angle deux denticules.

Filets des étamines un peu plus longs que les dents de la couronne, d'abord dressés, puis recourbés. Anthères linéaires, jaunâtres, dorsifixes, très mobiles. Style filiforme, égal aux éta- mines, trilobé au sommet. Capsules obscurément trigones, oblongues, un peu aiguës au sommet. Graines petites pour le genre, globuleuses ou ovoïdes, entourées d'un tégument spon- gieux, plus ou moins comprimées, anguleuses. Fleurs paraissant en octobre, bientôt suivies par les feuilles. Fruit mûrissant en novembre.

Espèce se distinguant par de nombreux caractères de toutes celles décrites jusqu'à ce jour.

Bulbe, 4 à 5 centimètres de long ; feuilles longues de 1 à 2 décimètres, larges de 3 à 6 millimètres ; tige, longue de 4 centimètres dans l'échantillon vu ; tube du périgone avec l'ovaire ayant environ 8 centimètres ; divisions du limbe 40 à 4o millimètres ; pointe de ces divisions de 4 à 5 millimètres ; capsules 18 millimètres.

1. Tige florifère.

2. Bulbe, feuilles, capsule.

3. Fragment de la couroni

4. Une pièce du périgone.

RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES

LA TRANSPIRATION ET L'ASSIMILATION

PENDANT LES NUITS NORVÉGIENNES. Par M. G. CURTEL

C'est un fait depuis longtemps connu que les plantes des régions septentrionales acquièrent une taille à laquelle les mêmes es- pèces de nos contrées ne parviennent jamais. Cependant, lorsque l'on songe que dans ces terres peu privilégiées les végétaux ne disposent que d'un temps fort court pour leur développement, que les froids ne cessent que fort tard et font de bonne heure leur réapparition, une question se présente immédiatement à l'esprit, c'est celle de savoir quelles peuvent bien être les causes qui donnent à la plante cette singulière activité de croissance.

Au reste, des mesures précises ont démontré que pour cer- taines d'entre elles cette activité était vraiment merveilleuse.

N'était-il pas alors naturel de rechercher si, parmi ces causes ignorées, l'une d'elles ne serait pas tout simplement la plus grande durée de l'assimilation chlorophyllienne, qui s'exercerait même durant les nuits norvégiennes, si l'on peut donner le nom de nuit à ce long crépuscule que quelques instants séparent à peine, aux mois de juin, juillet et août, de l'aurore du lendemain?

C'est dans cette pensée que nous avons entrepris ces expé- riences. Etant donné le peu de facilité des transports en Norvège, notre laboratoire de voyage se composait tout simplement de l'appareil à analyse de MM. Bonnier et Mangin, construit par Golaz, appareil de la plus grande précision et d'une élémentaire

8 REVUE GÉNÉRALE DE BOTANIQUE.

simplicité de manipulation : quelques flacons de produits chi- miques, un peu de mercure, qulqeues tubes et éprouveltes, c'était tout notre bagage réduit ainsi au strict nécessaire ; strict nécessaire qui fut cependant sur la route plus d'une fois un sérieux impedimentum. Nos expériences ont intéressé succes- sivement les deux fonctions chlorophylliennes :

Transpiration,

Assimilation.

Elles ont été effectuées dans la station de poste de Rongsvold située en plein massif montagneux du Dovre, à une altitude de 900 mètres environ.

TRANSPIRATION.

L'appareil dont nous nous sommes servi pour étudier les variations de la transpiration était fort simple (fig. 1).

D'abord un tube en U. Dans la branche AB plongeait un plant de seigle entier avec ses racines; nous le choisissions autant que possible d'âge moyen; pas trop âgé, pour que le grand nombre de feuilles ne produisît pas une transpiration trop active qui eût nécessité des mises au zéro trop fréquentes ; pas trop jeune, pour que l'on pût admettre que, dans le temps relative- ment court que duraient nos expériences, toute la perte d'eau du récipient correspondait à l'eau évaporée. Au reste, le seigle n'ar- rive en ces régions que rarement à maturité, et bien que n'ayant pas fleuri, la croissance du pied que nous avions choisi était sensiblement près de son terme. Le pied de seigle passait au travers d'un bouchon de caoutchouc, recouvert d'une couche de cire molle qui empêchait toute évaporation de l'eau.

Dans la branche CD se trouvait plongée la partie coudée EF d'un tube capillaire gradué EFG, et encore l'évaporation de l'eau du récipient était empêchée par la présence d'un tampon de cire molle placée sur le bouchon de caoutchouc que traversait le tube. Ce tube n'était pas trop capillaire, de façon a ce qu'il fallût à l'eau un certain temps assez long pour parvenir du zéro de la graduation à la 200° division.

RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES EN NORVÈGE. 9

Pour amener l'eau au zéro, comme il eût été fort difficile de démonter les parties A et D, nous usions de l'artifice fort simple suivant : on inclinait le tout jusqu'à ce que l'eau arrivât à l'extré- mité du tube gradué ; plongeant alors cette extrémité dans un vase rempli d'eau, on le remettait dans la position horizontale en maintenant cette extrémité sous l'eau, de façon à faire siphon; on fixait l'appareil sur son support, dans une position qui devait rester immuable, le moindre mouvement produisant le déplace- ment de la colonne d'eau du tube. Puis avec un mince morceau

Fig. 1. Appareil pour étudier la transpiration des plantes.

de papier buvard on déterminait exactement l'affleurement auO, et l'expérience commençait. On notait l'heure; puis à des intervalles égaux on faisait des lectures sur le tube gradué. Les déplacements plus ou moins rapides delà colonne d'eau du tube indiquaient les variations de la transpiration. Quelques précau- tions étaient à prendre. 11 fallait s'assurer que réellement il n'y avait pas d'autre cause d'évaporation que les feuilles; autrement dit, il fallait s'assurer qu'en A comme en D, la couche de cire molle isolait complètement, avec l'aide des bouchons, le liquide du tube en U de l'atmosphère extérieure.

Pour cela, nous remplacions la plante P par un agitateur de

10 REVUE GÉNÉRALE DE BOTANIQUE.

même diamètre placé dans les mêmes conditions ; on exposait le tout à la lumière, il ne devait pas y avoir d'oscillation ni de recul dans la colonne liquide en FG, c'est ce qui fut constaté. Pour plus de précautions un petit cornet en papier placé en G pré- servait du vent, à l'extrémité de la colonne, la mince surface liquide.

C'est à l'aide de ce petit appareil que nous avons, dans la nuit du 31 juillet au 1er août, trouvé qu'il y avait eu toute la nuit transpiration, avec un minimum évident vers minuit, corres' pondant au minimum de lumière.

Nous enregistrions simultanément : les températures à l'aide d'un thermomètre gradué en 10es de degré;

L'état hygrométrique à l'aide d'un hygromètre à cadran.

Cet hygromètre ne nous fournissait évidemment pas de va- leurs ahsolues, mais comme il s'agissait des variations et non pas des intensités absolues, il était parfaitement suffisant.

Les variations approximatives de l'intensité lumineuse. Nous nous servions à cet effet d'un petit instrument qu'on utilise en photographie, il rend d'assez grands services, du photo- mètre Decoudun. Cet appareil ne donne, bien entendu, que des indications approximatives ; mais il s'agissait surtout pour nous d'enregistrer les variations d'éclairement aux diverses heures de la nuit.

Les deux tableaux ci-joints donnent les résultats de ces expé- riences :

1. Exp.

Variations de la transpiration (1).

31 juillet soir.

lomfeo

>h.7m. miseauzéro. T = 6°,2 Phot. = H. EH = 96

'"'u'lo

ih.28m.,5 T = EH = 97

200

0

»li.45 m. T = ch. brusque EH = 97

27

Phot.=K

', température. Phot., photomètre; la let lu photomètre. EH, état hygrométrique.

UQUKS EN NORVÈGE. Phot.= I) minimum delumièr. T = 2",2 EH = 99

Phot = I lumière boréale T = 0°,8 EHrrlOO

Phot.=H.

T = -l°,8 îière trop forte.

EH = 100 183

6h. 19 m. mise au zéro EH = 69,5 T=i0,8

7h. 148 EH = 73 T= 8,5 148

7 h. ,"i m. mise au zéro (disparition du soleil) La vallée nous opérions et est situer la station de poste de Kongs- old est très encaissée et alignée dans la direction N.-S. Le soleil dispaïut onc à 7 h. 5 m. derrière le versant ouest très élevé de la vallée.

EH = 96

EH = 98

T = :\

Les chiffres obtenus dans cette série d'expériences nous mon- trent qu'il y a une décroissance régulière de la transpiration avec la tombée du jour, puisque c'est de 10 heures ù minuit, c'est-à-dire durant les heures d'éclairement minimum, que la

12 REVUE GÉNÉRALE DE BOTANIQUE.

transpiration a été le plus faible. Enfin dès le retour de la lu- mière, vers les minuit 30, l'activité transpiratrice n'a pas cessé de croître jusqu'au matin.

C'est ainsi que de minuit 30 à lh, c'est-à-dire en 30 m., 23 di- visions sont absorbées malgré une température extérieure de 1°,8, un état hygrométrique qui était la complète saturation, alors que de 10\55 à llh,35, à une température de 2°, à un état hygrométrique non encore complètement à saturation, 8 divi- sions seulement étaient absorbées en 40 m.

Au contraire de 2\30 à 3h, malgré une température de 2°, 55 divisions sont absorbées en 30 m., et de 2h à 2",30, 47 divi- sions les ont dans le même temps, mais avec une lumière un peu moins intense.

Nota. Le fait que les variations de la colonne liquide du tube capillaire ont été beaucoup plus considérables précisément au moment du minimum de température, et alors que l'état hygrométrique était à saturation, démontre en outre que toute cause d'erreur imputable au fait d'une évaporation superficielle de- l'eau contenue dans notre petit appareil est inadmissible. En effet, si cette cause d'erreur eût existé, elle aurait surtout eu son effet aux températures plus élevées du début, par exemple vers les 10 heures, alors que l'état hygrométrique n'était pas complè- tement la saturation. Or, le contraire a lieu.

Four nous assurer que 1rs plant. s on expérience assimilaient

la façon suivante :

Nous avons exposé successivement à l'obscurité et à la lumière une même plante, dans des conditions aussi identiques que pos- sible, c'est-à-dire durant le même temps, à une température sen- siblement constante, dans un même volume d'air pris pur.

Dans ces conditions il est évident que si la lumière extérieure est nulle ou du moins sans action sur la plante, les résultats de

RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES EN NORVÈGE. 13

l'analyse des gaz dans les deux expériences seront concordants. Il est évident d'autre part que si nous constatons une différence dans la teneur des deux atmosphères en CO2 et en 0, il en faudra conclure que la lumière a eu une action sur la plante, et si enfin il y a diminution de CO2 et augmentation de 0, il faudra con- clure que la plante a assimilé sous l'action de cette lumière.

Voici le tableau de nos expériences.

Ces expériences ont été faites les unes avec des feuilles de seigle, les autres avec des feuilles à'Hieracium Pilosella.

Nous placions une feuille de seigle de 10 centimètres environ dans une éprouvette de 30 centimètres cubes.

Cette éprouvette renfermait un petit thermomètre fixé par du mastic à la gutta à un orifice de la paroi supérieure.

Un autre thermomètre indiquait la température extérieure.

Dans une première expérience commencée à 7 h. 35 du soir et terminée à 9 h. 35, et durant laquelle la plante a respiré dans l'obscurité, Féprouvette étant entourée d'un carton noir opaque, nous avons trouvé comme composition de l'atmosphère intérieure au bout de ce temps (la température intérieure étant de et la température extérieure de 6°):

/ CO2-— 1,63 / 0,00

1 . j 0=18,07 [ l'atmosphère initiale étant J 20,r>9

( Az = 79,40^ 179,41

Puis la plante, retirée de l'atmosphère intérieure ci-dessus, était de nouveau placée dans l'air pur, dans la même éprouvette débarrassée cette fois de son manchon opaque. Le tout était exposé à une lumière relativement assez intense, d'origine vrai- semblablement polaire, étant donnée la direction d'où elle nous parvenait, de 9 h. 45 à 11 h. 45.

Au bout de ce temps l'atmosphère intérieure était devenue :

l température intérieure était de 6°, celle extérieure étant de 2°2.

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extérieur présentait la composition suivante :

En supposant l'azote invariable, il nous faut multiplier dans l'analyse 2 les quantités d'O et de CO2 par le rapport y^jg,

\ Xz = 79,41

Il y a donc eu gain d'O ; gain il est vrai très léger. D'où est venu cet oxygène? 11 n'y avait pas CO2 libre dans le gaz initial; celui formé par la respiration a bien sans doute été détruit au fur et à mesure de sa formation, mais la résultante n'aurait pu être évidemment qu'une invariabilité de l'atmosphère inté- rieure : nous ne pouvons attribuer ce léger gain d'O qu'à la décomposition d'un gaz GO2 encore contenu dans les méats de la feuille. Au reste peu importe cette origine, l'absence seule de CO2 dans l'atmosphère intérieure de l'éprouvette suffit à démontrer l'assimilation, puisque quelques instants auparavant, dans les mêmes conditions de température, il s'en formait alors que la plante n'était pas exposée à l'influence de la lumière.

Si les conditions de température avaient différé sensiblement dans les deux expériences, on pourraitjdire à la rigueur, en ne tenant pas compte du gain d'oxygène, que la plante n'a ni respiré ni assimilé, mais étant données les conditions très voisines elle s'est trouvée dans les deux cas, la chose est inadmissible, et de plus l'augmentation, bien que faible, de la teneur en 0, s'op- pose à cette hypothèse.

De minuit à une heure, nouvelle expérience à l'obscurité. La température s'est abaissée à 0 : on a trouvé pour la composition de l'atmosphère intérieure au bout d'une heure i

C0» = 0,57*} / o,Ol

0 = 20,03 au lieu de 20,5

RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES EN NORVÈGE. 15

il y a donc eu encore respiration : et le rapport —est resté voi- sin de 1, comme dans la première expérience il était

1,63 . .., . , 0,57 _;icillestde_

De 1 heure à 2 heures la plante fut exposée à la lumière déjà très vive à une température voisine de 0. Le gaz analysé à la fin de l'expérience a la composition suivante :

0 = 20,30

De l'absence d'acide carbonique dans cette nouvelle expé- rience, alors qu'il s'en était formé dans les mêmes conditions mais à l'obscurité, dans l'expérience précédente, nous concluons à l'assimilation.

Puis de 2 h. 23 à 2 h. 53, c'est-à-dire une demi-heure durant seulement, une feuille d'Hiéracium ne modifia pas sensible- ment la constitution de son atmosphère initiale :

/ C02 = 0,00

0 = 20,55

( Az = 79,45

Tandis que de 3 heures à 3 h. 30 la même feuille donna à l'obscurité pour atmosphère intérieure :

/ CO*= 1,75

Enfin dans une autre expérience entreprise de 8 h. 20 à 10 h. 20 nous avons introduit dans une vaste éprouvette de 200 centimètres cubes de capacité une feuille de Hiéracium, et en même temps nous avons modifié l'atmosphère initiale prise pure en y ajoutant une certaine quantité de CO2 préparé au moyen de l'acide tartrique et du bicarbonate de soude.

L'atmosphère initiale était alors :

/ C02= 20,20 0 = 15,65

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atmosphère terminale après deux heures d'expositio

ce qui devient, en ramenant à la proportion d'azote initiale, supposée invariable,

CO2— 12,67 0 = 19,01

Il y a donc eu dans ces conditions diminution de CO2 et gain correspondant d'oxygène. Cette expérience vient confirmer les précédentes et met hors de doute la réalité de l'assimilation.

En résumé, nous conclurons :

Que durant toute la durée de la nuit du 31 juillet au 1er août y a eu assimilation et transpiration chlorophylliennes;

Qu'en particulier pour l'assimilation il y a eu un minimum correspondant au minimum de lumière.

On conçoit donc comment les plantes septentrionales peuvent parvenir à une taille relativement considérable, bien que la saison favorable à leur développement ne commence que tard et se termine très tôt. Ces plantes en effet n'ont presque pas d'in- terruption dans l'activité de leur fonction chlorophyllienne. Assimilant jour et nuit, au moins, bien entendu dans la belle saison, elles trouvent dans cet apport continu de matériaux nu- tritifs la raison principale de leur activité de croissance. Est-ce la seule ? nous n'oserions l'affirmer. L'abondance de la chloro- phylle, la dimension des grains chargés de cette substance peuvent avoir aussi leur influence.

LA STRMÏLRE COMPAREE I LA TIGI DES ARBRES

Par M. Léon FLOT

INTRODUCTION

Considérons un arbre âgé à la lin de l'automne : il a produit, dans le cours de Tannée, des branches qui se sont développées de différentes manières d'après le lieu de leur apparition, la direction dans laquelle elles se sont développées ou leur desti- nation (axes à fruit). On peut se demander si ces branches sont en tout point équivalentes. Si elles ne le sont pas, ce qui à priori semble évident, on peut se proposer de déterminer la valeur de leurs différences morphologiques ou physiologiques.

Considérons d'un autre côté une plante provenant du déve- loppement d'une graine pendant la première année: elle a pro- duit un axe feuille, généralement assez simple; cet axe est-il l'équivalent de la production annuelle de l'arbre adulte ? de quelle nature sont les différences, s'il en existe?

En remarquant, de plus, que dans l'embryon les axes de la future plante sont, en général, ébauchés en une radicule, une tigelle et une gemmule, et que le développement de ces organes est assuré grâce aux réserves embryonnaires, il y a lieu d'ob- server la croissance de ces axes primitifs et de la comparer à ceux qui leur font suite ; car le mode de nutrition de ces organes étant absolument différent de celui <le> nxes feuilles qui en pro- viendront, ne doit-on pas s'attendre à des différences anatomi- ques, dues à l'adaptation de l'organe à la fonction ?

Rev. gén. de Botanique. H. 2

18 REVUE GÉNÉRALE DE BOTANIQUE.

Telles sont les questions qui ont servi de point de départ à ces recherches. Pour ne comparer que des choses en tout point comparables, je n'ai fait d'observations que sur des branches ou des semis ayant achevé leur différenciation secondaire. Les plantes d'un an affectant la direction verticale, je ne leur ai comparé que des branches verticales, végétant dans les meil- leures conditions. En fait de semis, je ne me suis occupé que de

tquej

i faits ou recueillis moi-même, en les plaçant autant

que pUSSI

; dans les conditions ordinaires de leur développe- ment, en les récoltant dans la forêt chaque lois que j'ai pu le faire, en supprimant les procédés de culture qui, en hâtant la croissance, influent sur la structure anatomique. 11 est vrai que, pour procéder ainsi, j'ai me limiter aux arbres de la région parisienne et à ceux qui s'y sont facilement acclimates.

Les conseils de M. Colomb, préparateur à la Faculté, m'ont été très précieux pour mènera bonne fin l'exécution des photo- graphies qui accompagnent ce travail: je lui en exprime ici ma plus vive gratitude.

M. Henry, chef des pépinières du Muséum, et M. Durai, di- recteur de l'école de botanique, m'ont fourni avec la plus grande obligeance les semis qu'ils avaient à leur disposition ; qu'ils veuillent bien accepter mes meilleurs remerciements.

La disposition que j'ai adoptée pour ce travail m'a permis de le condenser en un nombre peu considérable de pages. S'il m'avait fallu prendre un à un chacun des arbres étudiés, donner pour chaque espèce, avec la description de la tige et de la li-

fallait choisir entre faire très long ou faire très court, et comme le second procédé était seul compatible avec la clarté, c'est celui que j'ai préféré. J'étudie donc les modifications qui se produisent dans chaque tissu suivant qu'il appartient à la dernière pousse

Ce travail sera donc divisé en deux parties :

Dans la première, sous le titre de iuortiholoniv r.rternc, je

STRUCTURE COMPAREE DE LA TIGE DES ARBRES. 19

onne quelques détails sur les formes différentes que peuvent rendre les pousses d'un an (branches ou semis).

Dans la seconde, intitulée morphologie interne, j'examine les aractères de leur structure anatomique, les différences (pie cuvent présenter les parties comparées.

Pour terminer j'étudie le passage de la structure tigellaire à la Iructure caulinaire et je formule les conclusions de mon travail.

PREMIERE PARTIE. MORPHOLOGIE EXTERNE.

La plante provenant d'une graine est toujours moins déve- loppée que la branche verticale, et il n'es! pas possible de fixer de règle dans les variations que peut présenter ce développement, qui paraît surtout dépendre d'influences spécifiques.

Tel arbre, en effet, peut, dans sa première année, acquérir des dimensions considérables, eu égard à la taille des autres semis : ce sont les arbres à bois mou, à croissance rapide [Bi- gnonia catalpa, Paulownia imperialis, Sureau, Marronnier, Ailante, Pin Pignon, Pin maritime). Les cinq premiers peuvent atteindre une hauteur de 40 centimètres avec 10-15 entre-nœuds et des feuilles bien développées.

Tel autre, au contraire, ne développe que la première feuille ou le premier verticille épicotylé Lierre, Sapin*, Epine-vinette).

Il en est qui se ramifient dès la première année (Cupressus srmpervircns, Pinus Pinça, Ccltis austra/i.t, Olivier, etc.); cepen- dant c'est le plus petit nombre.

Ce qui prouve bien que ces différences tiennent à des causes spécifiques et non à la grosseur de la graine ou à la nature de ses réserves, c'est, pour citer un exemple, le développement tout à fait différent du Cyprès et du Sapin, dont les graines sont, dans les deux cas, pourvus d'albumen. Le Sapin donne la première année une plantule longue de 6-12 centimètres avec une seule rosette de feuilles, tandis que le Cyprès d'un an est un petit arbuste de 20-25 centimètres de haut avec des branches ramifiées et un tronc de G-8 millimètres de diamètre.

exemple montrera que l'influence du milieu peut

intervenir pour

no.lifier l;i croissance. Dans les années

\'V"a ahle Svcomore ne produit, dans sa première pousse, qu un verticille de deux feuilles au-dessus des cotylédons ; si l'année est humide ou si les conditions de milieu sont très favorables, le bourgeon terminal, qui aurait pu demeurer inactif jusqu'à Tannée suivante, se développe et donne 2-3 entre-nœuds avec feuilles presque normales.

Feuilles.

La disposition des feuilles sur l'axe, dans la première année, <3st souvent différente de celle qu'on observe dans la branche d'un arbre âgé. Je n'insisterai que sur les cas qui m'ont semblé intéressants, ces différences ayant déjà été indiquées, notamment par M. Van Tieghem (1).

Les cotylédons sont tantôt persistants pendant la première année (Conifères, Cupulifères, Charme, Lierre, Marronnier), tantôt caducs de bonne heure.

Beaucoup d'arbres qui ont leurs feuilles isolées sur l'adulte les ont d'abord opposées ou verlicillées (semis de Prunier, Orme, Charme, Hêtre, Celtis australis).

La forme des premières feuilles est souvent différente de la forme normale : par exemple, les jeunes Erables ont deux feuilles simples, cordées, entières ou dentées, tandis que celles de l'adulte sont palmipartites.

Dans les feuilles composées, ce phénomène s«> complique. Le Sureau a une première paire de feuilles ovales, dentées, simples; une seconde paire à trois folioles, et la troisième à cinq folioles régulières. Le Robinier donne, après ses cotylédons, une feuille simple, qui diffère d'une foliole ordinaire par ses dimensions plus grandes et sa forme presque circulaire; la deuxième feuille a trois folioles, la troisième cinq, et la quatrième sept. Le Cytise, qui appartient à la môme famille, a sa première feuille trifoliolée.

(1) Traité de Botanique, p. 335.

STRUCTURE COMPAREE DE LA TIGE DES ARBRES. 21

qui s'atrophient bientôt, dès que se développent les feuilles nor-

point végétatif de l'embryon n'est surmonté, au lieu de feuilles

séeshorsde terre p:i r l'accroissement longitudinal de la plantule, s'espacent le long de la tige, peuvent s'épanouir quelque temps en un limbe incomplet, anormal, et bientôt se desséehent 01

autour de la tige; cependant, dans le .Noyer commun et le Noyei hétérophyllc (Jugions hetrrophylh,], elles se placent, en dispo

chacune d'elles, un petit bourgeon qui ne se développe géné-

Région tigellaire. Dans la plante d'un an, la partie inlerie

dépasse pas les cotylédons. Je donnerai d'à

La région tigellaire e ment affecte des aspects

22 REVUE GÉNÉRALE DE BOTANIQUE.

vers le haut; la région tigellaire présente alors la forme d'un tronc de cône (Noyer, Chêne, Frêne, Marronnier, K<clroutoria, fig. 2, Ë) ; il peut se terminer tout d'un coup, comme dans la Vigne vierge (fig. 2, A), il est très développé ; dans la Vigne (fig. 2, B), le renflement ne se produit pas dès la base, de sorte que la région tigellaire est fusiforme; dans le Figuier, il a une forme sphérique (fig. 2, D); dans le Robinia, il y a un étran- glement bien marqué à l'insertion des cotylédons (fig. 2, C).

Dans cette énumération, j'ai compris les arbres dont les cotylédons sont hypogés (\oyer. Chêne !, et qui, par conséquent,

vierge; [J, Vigne; C, fïobmioi-; I), Figuier: K, \nyor liétéropliylle : c, insertion dos cotylédon^ ; /'. pétioles ; /■. bourgeons riulimentairos.

ne devraient pas avoir de tigelle épigée; c'est que la rêrjion fiyel- laire, entendue comme je l'ai dit plus haut, s'étend souvent jus- qu'au-dessus des cotylédons. Dans le Chêne, le Châtaignier, elle cesse un peu avant l'apparition des premières feuilles normales, et comprend toute la région décrite plus haut, dans homélie les organes foliaires de l'embryon écailles, feuilles avortées' vien- nent s'espacer le long de la tige; dans l'Amandier elle se iu-o-

tylédons; dans le Pommier, le Kœlreutcria, etc., elle cesse brus- quement au niveau de leur insertion. Dans tous les cas, il est lacile de la distinguer à première vue, car elle ne porte pas de poils, même quand la tige en est abondamment pourvue (Cytise, Groseillier); de plus, elle est toujours crevassée, par suite d'une

STRUCTURE COMPARÉE DE L\ TIGE DES ARRRES. |3

formation subéreuse plus ou moins profonde, et son aspect offre toujours un contraste frappant avec la région caulinairc de la plantule, recouverte d'un épidémie lisse ou velu. Exception doit être faite, cependant, pour les tigellcs de Houx, de Lierre, qui n'ont pas de liège dans la première année.

Branches de dessous.

Les branches qui naissent dans le courant de l'année sur un même arbre peuvent différer au point de vue de la morphologie ou de la physiologie. J'examinerai successivement ces deux. cas.

I. Brandir* tno> '(>h>, !<>■//, (t/r,,, mt di //,'-, -rntr* drs branches

Considérons une branche verticale terminale à latin de l'hiver. Le bourgeon terminal se développera en une branche verticale dirigée dans le prolongement de la première; les bourgeons latéraux produiront des branches de second ordre, qui s'écartent de la verticale suivant un angle assez constant pour un même végétal (Châtaignier). Mais toutes ne se développeront pas égale- ment : celles du haut et celles du bas resteront courtes, tandis que les branches nées vers le milieu atteindront la plus grande longueur. L'année suivante, les branches de troisième ordre se développeront de la même façon, par rapport à celles de second

rizontalité, qu'ils seront d'un degré plus élevé par rapport à la branche-mère. Quelquefois même les rameaux courts sont hori- zontaux dès la deuxième année.

Ces rameaux horizontaux, ou branches de dessous, ont une des- tinée variable suivant l'arbre auquel ils appartiennent. Dans les arbres à croissance rapide (Marronnier, Paulownia, Catalpa, Sureau, Érable Sycomore), ils ne se développent pas ultérieu- rement, ou s'ils le font, ce n'est que pour disparaître l'année sui- vante; mais dans des arbres à bois dur (Hêtre, Orme, .Noisetier, Bouleau, Conifères), ils persistent, et leur structure diffère de

24 REVUE GÉNÉRALE DE BOTANIQUE.

celle des branches verticales par les caractères suivants :

Leur diamètre est beaucoup plus faible, et leurs entre- nœuds plus courts;

Leur développement est plus précoce : en juin, ils sont en général aoùtés, et le bourgeon terminai est formé, alors que les autres branches sont encore en pleine végétation.

Les canaux sécréteurs, lorsque la branche verticale eu présente, sont plus nombreux ou plus développés (Sureau).

Vu la grande réduction du diamètre, les faisceaux réparateurs peuvent constituer, presque à eux seuls, l'anneau libéro-ligneux (Bouleau, .Noisetier).

Dans les cas leur diamètre est un peu plus considé- rable (Noyer), il peut arriver que la zone de bois secondaire située entre les faisceaux principaux manque presque totale- ment de vaisseaux. Cependant je n'ai observé ce fait que daus le Noyer. Dans d'autres arbres (Peuplier, etc.) la répartition des vaisseaux au sein du bois secondaire est à peu de chose près la môme que dans la branche verticale.

IL Branches physiologiquemrnt diff'ên-nles ilvs hranclm verticales.

Dans un assez grand nombre d'arbres (Cerisier, Pommier, Prunier, Pocher, Groseillier, Gingko, etc.), la majeure partie des bourgeons axillaircs formés daus l'année précédente ne pro- duisent dans la seconde année qu'une rosette de feuilles et ne s'allongent que d'une manière insignilianle, à Ici p<»iui qu'un

longueur. Les principales <li IVeiences que de telles productions offrent avec les branches verticales sont les suivantes :

1" Leur diamètre est au moins égal et souvent supérieur a celui <\r> branches nées la même année.

L'augmentation de diamètre est due à un plus grand développement du parenchyme cortical et médullaire.

L anneau libéro-ligneux est constamment appauvri par les départs foliaires, ce qui s'explique facilement par ce

STRUCTURE COMPARÉE DE LA TIGE DES ARBRES. *S

fait que les feuilles composant le cycle foliaire s'insèrent toutes presque au même niveau.

Les canaux sécréteurs sont plus développés (Gingko).

Ces axes sont souvent le siège unique des organes reproducteurs (bourgeons à fruits du Poirier, du Pommier, du Cerisier, etc.).

DEUXIÈME PARTIE. MORPHOLOGIE LMLILNE

X. B. Pour éviter des répétitions fatigantes et pour rendr en même temps le texte plus clair, je désignerai les organe dont j'ai comparé la structure parles abréviations suivantes :

V représente la pousse verticale terminale < A la région caulinaire de l'arbre T la région tigellaire du même. L) la brandie de dessous d'un ai

Pour l'étude anatomique des membres que je me suis proposé de comparer, je suivrai la disposition topograpbiquc des diffé- rent tissus, en procédant de l'extérieur vers I intérieur.

KPIDSRME.

L'épiderme a seusiblcmeut la même structure dans V et dans A. Les poils sont presque toujours de même nature ; seules les plantules qui se développent peuvent présenter quelques poils capités, reste de ceux qui accompagnent le développement du bourgeon etqui sont ordinairement caducs. Les autres formations épidermiques (glandes squammeuses du Bouleau, etc.) existent sur l'une lorsqu'elles se trouvent sur l'autre.

La cuticule de A est moins épaisse dans le Houx et dans l'Eucalyptus.

Quelquefois V présente un épidémie à cellules plates, tandis

20 REVUE GÉNÉRALE DE BOTANIQUE.

que dans A elles sont papilleuses (Bouleau, Allante, Noisetier).

Ailleurs c'est le contraire qui arrive [Ribes macrocarpos).

Ailleurs encore les deux épidémies sont semblables en tout point (Pommier, Figuier, Prunier, Amandier, Paulownia, Frêne, Hêtre, Vigne-vierge).

Région tigrllnirr . .Mais dans la tigelle son développement par apparition de cloisons radiales est précaire et bientôt il se trouve exfolié par un liège plus ou moins profond.

L'épiderme tigellaire du Troëne à feuilles ovales (Ligustrum ovalifolhim) ne présente pas les cellules à parois épaisses qu'on trouve en V.

Dans aucun cas on n'observe les poils qui existent en Y et en A.

D. Dans les branches de dessous, l'épiderme persiste lors même qu'il est exfolié en V par un liège hypodermique (Noise- tier, Bouleau, Noyer).

Le liège est, de tous les tissus, celui qui fournit, au point de vue des différences morphologiques existant entre les membres comparés ici, les données les plus importantes.

Son apparition a lieu plus ou moins tardivement et se fait à différentes profondeurs. En général, les plantes d'un an for- ment leur liège plus tôt que les branches. Ce fait peut être, attribué, soit à l'arrêt précoce de la végétation dans certaines plantules (Chêne, Orme), soit à une activité propre à la tigelle : une tigelle de Caroubier, par exemple, n'ayant encore développé que ses deux cotylédons et longue de 5 centimètres, présente déjà deux assises de liège péricyclique.

Quant à l'époque de son apparition dans les branches, elle a déjà été mentionnée avec assez de détails pour que je me dis- pense de m'y arrêter (1).

En Y le liège peut apparaître en cinq endroits.

Dans l'épiderme (Pommier).

2" Dans la majorité des arbres (Chêne, Châtaignier, Orme,

(i, Van Tleghem, Tr. de Bot., p. 771.

,A TIGE BBS ARBRES. 27

Hêtre, Bouleau, Sureau, Allante, etc.), il se forme sous l'épî- derme une couche de liège épaisse de I -2 assises (Frêne, Sureau) à 20 assises (Ailante, Paulownia). Ce liège est continu, proté- geant la tige d'un revêtement uniforme, interrompu ça et par des lenticelles.

Dans certains arbres {Robinia, Cytise, Kœlreutena) le méris- tème séparateur prend naissance dans une couche plus profonde et plusieurs assises sous-épidermiques sont ainsi mortifiées.

Il peut apparaître aussi dans une région plus profonde de l'écorce et jusque dans l'endoderme (certaines Rosacées, Ribes).

Dans la Clématite, la Vigne, lÉpine-vinelle , le Chèvre- feuille, il se forme plus profondément encore, dans le péricycle, mortifiant toute l'écorce primaire et même les arcs scléreuxdéjà

L'ordre ci-dessus est celui que je vais suivre pour l'étude du

I. Arbres à liège épidermique . ms le Pommier le liège de la branche de Tannée naît p ;ion des cellules de 1'épiderme. i Pommier d'un an ne présente pas de liège dans sa rég'n

- hypodermique écailleu\ qui cesse brusquement avec

II. Arbres: à Vu/je hijpodermique.

Parmi les arbres étudiés, ceux dont les noms suivent ont, dans leurs branches de l'année, un liège hypodermique, c'est-à- dire [laissant dans 1'a.ssise sous-rpidermique.

Chêne, Châtaignier, Hêtre, Noisetier, Noyer, Bouleau, Frêne, Olivier, Orme, Marronnier, Ailante, Paulownia, Catalpa, Pru- nier, Figuier, Vigne-vierge, Pêcher, Amandier, Pin maritime, Pin Pignon, Cèdre, Sapin.

Les plantes d'un an fournies par les semis de ces arbres pré-

28 REVUE GÉNÉRALE DE BOTANIQUE.

sentent dans la région cauliaaire un liège hypodermique ana- logue à celui de V. L'épaisseur peut en être aussi grande (Bouleau, Paulownia), plus petite (Marronnier) ou plus grande (Figuier).

Il est plus rare que A n'en possède pus du tout : ce fait se produit cependant dans le Pommier, le Prunier, le Noyer,

Région tigellaire. Dans la région tigellaire, tous ces arbres ont un liège bien développé, qui peut se rencontrer à différentes profondeurs.

V Le liège est hypodermique dan* //-> csprrrs sairantes - Ailante(l), Figuier (fig. 3), Paulownia, Olivier, .Marronnier, Noisetier.

. .•■pi.i.

Dans ce cas, il présente quelques différences avec le liège hypodermique de V ou de A. Les cellules sont plus étendues dans le sens tangentiel, à parois toujours minces et, sauf l'as- sise la plus interne, ne contiennent que de l'air. Quelquefois, au lieu d'être en assises concentriques, elles chevauchent les unes sur tes autres. De plus, ce liège hypodermique diffère du premier par ce fait que sa croissance est limitée de telle sorte qu'il se crevasse suivant des lignes longitudinales, et forme des écailles plus ou moins adhérentes à la tige. Ce n'est pas un tissu vivant, protégeant les organes internes et s'ouvraut çà et

STRUCTURE COMPAREE DE LA TIGE DES ARMES. 29

par des lenticelles, c'est une couche dont la mort survient rapidement et dont la rangée interne seule est \ivante. Les assises extérieures périssent à mesure que, par apparition de cloisons radiales, le diamètre de la tigelle augmente. Aussi ne présente-t-il pas de lenticelles et ne forme-t-il pas d'écorce secondaire. Les portions exfoliées ont sur la coupe transversale la forme d'un trapèze dont la plus grande base est la dernière

V:

assise formée (fig. 4). Il peut être plus abondant que celui de V (Noisetier), mais il ne compte en général que i-o assises d'épaisseur.

// est profond dans les arbres suivants :

Noyer, Châtaignier, Hêtre, Charme, Chêne, Orme, Pêcher, Amandier, Cerisier, Peuplier, Pavia, Celtis, Kœlreuteria, Erable, Sapin, Pin Pignon, Pin maritime, Ccdrus Deodara. etc.

Dans ce cas, il naît à des profondeurs variables :

a.— Dansl'écorce proprement dite.

Noyer. 11 exfolie 8-10 rangs d'écorce.

Fnhie. 6-8 assises de liège exfolient l'épidémie, le premier liège hypodermique et 2-3 couches d'écorce. Le liège profond est écailleux, et ne se rencontre que très bas sur la tigelle: plus haut il est hypodermique.

Bouleau. La couche subéreuse est hypodermique en géné- ral et profonde par endroits.

Acer Pseudolataîius. Le liège exfolie 5-6 couches d'écorce

30 REVUE GENERALE DE BOTANIQUE.

et devient hypodermique vers le haut de la tigelle (fig.

Pavia. 11 exfolie par endroits 1 epiderme, plus la coin hypodermique.

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liège est endodermique dans beauco

parent l'écorce primaire; ce raéristème produit 2-3 assises d'écorce secondaire.

Hêtre.— Le méristème forme 4-5 couches d'écorce secondaire (fig. 8).

~ Charme. Le liège apparaît dans l'endoderme, mais il n'y a pas production d'écorce secondaire (fig. 9).

Le liège peut enfin èlre périeyclnjue :

Châtaignier. Il naît dans l'assise externe du péricycle, l'endoderme exfolié est souvent très net: on trouve 4-5 assises de liège et une seule assise d'écorce secondaire (pi. 4, fig. 4).

Prtatier. Il exfolie l'endoderme et s'annule vers le haut de

;g REVUE GÉNÉRALE DE BOTANIQUE.

Amandier, Pêcher. Le liège en V est hypodermique et naît ard, souvent sur un seul côté de la tige. En A il est nul, et en T l est péricyclique avec 1-2 couches d'écorce secondaire (fig. 10).

.

r; B, bois; M, moelle;

",'itn.m Mahaleb. Il naît dans la couche externe du ^ieycle et devient hypodermique à l'insertion des cotylédons. "eltis australis. 4-5 assises du tissu subéreux. Le reste de :orce tombe (fig. 11). Peuplier. 11 forme 2-4 couches d'écorce secondaire.

Vigne-vierge. Sa tigelli •ite plus loin (fig. 23).

REVUE DES TRAVAUX SUR LES ALGUES

.1ÉS EN 1888, ET FOUR UNE PARTIE EN 1

On a pris l'habitude de considérer Algues, et l'on a plus d'une bonne i 'is depuis quelques années une ini] r donner une place à part dans la

Characèes parmi 1rs Aluiiés; eYlail. il est vrai, l'avis de qu

d'AL'ues que leur mode de vie aquatique. Aucune découv modifié ce que nous eu sa\i<ms aulrelnis: M. Guignard, toute la rigueur des proeécb'S de la technique moderne le ducteurs des Characécs, vient de montrer que les antb plantes se développent essentiellement comme ceux des Cryptogames vasculaires ; l'anthérozoïde y est formé par IVnsembl noyau; ce n'est pas une cellule, comme l'anthérozoïde des Algues ro et brunes; tout semble donc confirmer l'opinion que les Charaeées ne pas des Algues. Ce sont peut-être des Muscinées, di s Arde>. niées, employer une dénomination plus générale; si on ne peut les consii comme telles, il faut, du moins, y voir un groupe de Cryptogames dor al'liinb's ne sauraient être déterminées dans l'étal arhiel de nos

Les Diatomées ou Bacillanees sont certainement, des Algues; niais les

spécialistes attachent à ces plantes justifieraient également une élude particulière.

de la situation générale de> <'lml*-s aluoloejques en ce moment.

Les Algues ont été l'objet de travaux particulièrement importants depuis quarante ans; lorsque le rôle des anthérozoïdes, des œufs et des zoospore> eut été établi par Thuret et par M. Pringsheim, les études de la plupart des cryptogamistes se concentrèrent sur un sujet considéré à juste titre comme présentant un grand intérêt au point de vue de la connaissance des phéno- mènes de la vie. Des découvertes très importantes ont été faites successive- ment sur la reproduction des Thallophytes jusqu'à ces dernières années. S'il reste encore bien des faits intéressants à découvrir, on peut penser qu'ils ne modifieront pas d'une manière notable l'ensemble de nos connais- sances actuelles; aussi n'avons-nous guère à signaler, parmi les travaux Rev. gén. de Botanique. II. 3

3't REVUE GÉNÉRALE DE BOTANIQUE.1

récents, que des découvertes de détail sur les phénomènes de la reproductio L'anatomie de la cellule et des tissus a fait chez les Algues les mêm progrès qu'elle a faits dans