|
» s<~Sr 0CUt |
É* |
m m . <7- |
|
|
Ç , >vC ut C |
m << m» <3$ |
asgrcd^vcll |
|
|
c <- ■ ^«SC. ggS<3.<« -«■C ... j^Ç<C<iÇIL * (, .« «/t |
_<?m <5<a : ca jp ^fgsi |
«UtO C.«?o£c « ««SX tr< ci..tt^ u t ■ ac.ccc<<-^c:<» jgtccc ç < < |
|
~TlûE£I)'ÙPtL£-
O
?| <L
HISTOIRE NATURELLE
UES
OISEAUX EXOTIQUES
LIBRAIRIE DE F. SAVÏ
PAR FLORENT PREVOST
Aide-Naluraliste clé Zoologie au Muséum d’Hisloire naturelle, chevalier de la Légion d’honneur
ET C. L. LEMAIRE
Docteur en Médecine
AVEC 80 PLANCHES REPRÉSENTANT 200 SUJETS
peintes d’après NATURE
GRAVÉES SUR ACIER PAR PACQUET
\ volume grand in-8 cartonné en toile anglaise. — Prix : 25 fr.
HISTOIRE NATURELLE DES OISEAUX EXOTIQUES
PAR FLORENT PRÉVOST
Aide-Naturaliste rie Zoologie au Muséum d’Histoire naturelle, Chevalier de la Légion d’honneur
ET C. L. LEMAIRE
Docteur en Médecine
AVEC 80 FLANCHES REPRÉSENTANT 200 SUJETS
PEINTES D’APRÈS NATURE
GRAVÉES SUR ACIER PAR PAT'QCET
\ volume grand in-8 cartonné en toile anglaise. — Prix : 25 fr.
HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES D'ELROPE
PAR H. LUCAS
A1DE-NATURAI 1STË I) ENTOMOLOGI E AU MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGI QUE DE FRANCE, CHEVALIER DE LA LÉGION D’HONNEUR
AVEC 80 PLANCHES REPRÉSENTANT 400 SUJETS
PEINTES U-’APIiÈS NATURE
G RAYÉES SCJR ACIER PAR PAUQUET
1 volume grand in-8 cartonné en loile anglaise. — Prix : 25 fr.
HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES EXOTIQUES
PAR H. LUCAS
aide-naturaliste d’entomologie au muséum d’histoire naturelle
MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGI QUE DE FRANCE, CHEVALIER DE LA LÉGION D'HONNEUR
AVEC 80 PLANCHES REPRÉSENTANT 400 SUJETS
PEINTES D’APRÈS NATURE
GRAVÉES SUR ACIER PAR I» ACQUET
1 volume grand in-8 cartonné en loile anglaise. — Prix : 25 fr.
PARIS. — IM P SIMON RAÇON ET COUP. . RUE D’EHFÜr.TH, 1
HISTOIRE NATURELLE
EXOTIQUES
FLORENT PRÉVOST
VIE- NA T CR A 1,1 S TE DE ZOOLOGIE Ail MUSÉUM O ’ II I S T O 1 l( E Aï A T U CHEVALIER DE LA LÉGION d’ HONNEUR
G. L. LEMAIRE
DOCTEUR EN MEDECINE
AVEC 80 PLANCHES REPRÉSENTANT 200 SUJETS
PEINTES D’APRÈS NATURE
GRAVÉES SUR ACIER PAR PAUQUET
PARIS
F. S A V Y , LIBRAIRE-ÉDITEUR
3 Y , RUE ÎIAUTEFEUILLE
Tous tlroiiS réserves
AVANT-PROPOS*
De tous les êtres si nombreux et si divers qui composent le règne animal, les oiseaux sont peut-être ceux dont la vue excite au plus haut degré l’intérêt et l’admiration, et dans lesquels, en effet, la na- ture déploie avec le plus de magnificence l’éclat de ses richesses et leur inépuisable variété. Mais c’est surtout dans les espèces qui n’ap- partiennent qu’aux régions des tropiques et de Féquateur, que sous l’influence d’une chaleur à la fois plus intense et plus constante , d’une lumière plus vive, d’une végétation plus forte et plus active, ces richesses se développent dans toute leur puissance , et que se mon- trent, unies à la plus surprenante variété de formes, toutes les nuances et toutes les combinaisons de coloration , avec un éclat qui, chez quelques-unes de ces espèces, égale et souvent surpasse celui des métaux les plus brillans et des pierreries étincelantes dont elles ont emprunté les noms.
C’est parmi les productions de ces climats privilégiés, c’est dans les genres Cotinga , Tangara , Colibri , Guêpier, Perroquet , Oiseau de Paradis et dans une foule d’autres moins connus, mais non moins dignes de l’être , que nous avons fait un choix des espèces les plus remarquables pour former ce second volume de la Bibliothèque Zoologique , consacré à l’une des plus importantes parties de l’his- toire naturelle , l’Ornithologie, et composé exclusivement d’oiseaux étrangers.
Ois. Ex.
Ir« Liv.
L’histoire des mœurs et des habitudes de ces oiseaux , ne mérite pas moins d’attention que la beauté de leur plumage. Leurs émigra- lions périodiques à travers de vastes continens , et souvent au delà de l’immensité des mers, pour aller chercher une nourriture plus abondante ou fuir un changement de saison , la merveilleuse indus- trie qu’ils déploient dans la construction de leurs nids, l’instinct qui porte plusieurs d’entre eux à se réunir en troupes nombreuses et à former une sorte de société , tandis que d’autres vivent par couples, ou même entièrement solitaires, une foule de particularités, enfin , propres à chaque genre ou à chaque espèce , rendent cette histoire aussi attrayante qu’instructive.
La description de chaque oiseau figuré dans cet ouvrage sera donc accompagnée de tout ce que nous aurons pu recueillir à ce su- jet dans les auteurs les plus renommés, Buffon, Levaillant, Yiellot, Temminck, Desmarets, et dans les relations plus récentes des voya- geurs naturalistes qui durant ces dernières années ont parcouru presque toutes les contrées du monde.
De même que les figures auxquelles elles seront jointes, ces des- criptions et ces notices pourront être également utiles aux amateurs de l’Histoire Naturelle auxquels elles offriront des notions élémen- taires sinon complètes, du moins aussi exactes qu’il dépendra de nous, et aux artistes de tout genre qui y trouveront des indications propres à les guider dans leurs travaux.
HISTOIRE NATURELLE
DES
OISEAUX EXOTIQUES.
GENEE CÛTINGüL
AMPELIS. lin»
Les Cotingas , l’un des genres les plus remarquables de Tordre des passereaux, se rapprochent beaucoup par leur forme comme par leurs habitudes des Gobes-Mouches, à la suite desquels ils sont pla- cés par Cuvier.
Leur bec est déprimé, court, arqué, large à la base et très fendu ; les narines sont courtes et rondes ; leurs ailes, d’une moyenne éten- due, varient cependant de proportion , selon les espèces, ce qui apporte de grandes différences dans le vol et dans les habitudes de chacune d’elles; les pâtes sont courtes et les deux doigts exter- nes réunis jusqu’au milieu de la deuxième phalange.
Les mâles, dans la plupart des espèces de ce genre, se distinguent par l’éclat et la vivacité de leurs couleurs ; le plumage des femelles, au contraire, est toujours terne, d’une teinte grise ou rougeâtre ; la livrée des jeunes s’en rapproche beaucoup.
Ces oiseaux habitent l’Amérique méridionale et particulière- ment la Guyane et le Brésil. Ils vivent dans les lieux humides et dans les bois, et se nourrissent d’insectes et de quelques fruits mous. Ils nichent dans les arbres à des hauteurs variables suivant les espèces ; le nombre de leurs œufs est de quatre ou cinq ; leur voix est généralement faible et peu agréable ; leurs voyages , qui ont lien deux fois l’aimée, ne sont que des changemens de canton
à mesure que leur nourriture devient moins abondante dans la lo- calité qu’ils quittent, et se renferment dans des limites très peu étendues.
Rassemblés d’abord par Linnée , sous le nom de Cotinga , ils sont divisés aujourd’hui en plusieurs sous genres; les Cotingas propre- ment dit, les Piauhaus, les Tersines, les Procnias, etc.
C’est au premier de ces sous genres le plus remarquable et le plus varié, qu’appartiennent les quatre espèces figurées dans cette première livraison.
— 5 —
COTINGA GUETTE, ampelis carnifex. lin.
levail. PL 37 et 38. — Cotinga rouge de Cayenne, buff. PL 378.
Ce Cotinga auquel les naturels de la Guyane donnent le nom d’Apira et les créoles celui de Ouette qui n’est autre chose qu’une imitation de son cri , est un des plus beaux oiseaux de l’Amérique méridionale.
Une large huppe d’un rouge vif, soyeux et éclatant, couvre tout le dessus de la tête. Un rouge presque semblable, mais dépourvu d’éclat, se montre encore sous le ventre, sur la queue , et sur la partie inférieure du dos; les côtés de la tête, le cou, le dos et les bords des plumes qui forment les couvertures des ailes sont d’un beau brun mordoré velouté, plus foncé et passant presqu’au noir der- rière le cou. Les ailes sont courtes, dépassant à peine l’origine de la queue ; elles sont composées de dix pennes digitales, dont la troi- sième est la plus longue ; leur couleur est un brun peu foncé ; les pennes cubitales, au nombre de neuf, sont du même brun, mais lar- gement bordées d’une teinte marron vif qui finit par dominer com- plètement sur les dernières; les plus longues, comme chezîes alouet- tes, dépassent un peu les pennes digitales; la queue légèrement arron- die, se termine par une large bande brune plus ou moins foncée, suivant l’âge de l’individu ; le bec est d’un rouge brun ; l’œil de couleur noisette ; les pâtes d’un jaune terne ; la partie postérieure du tarse est garnie de petites plumes jusqu’à la naissance des doigts.
Une particularité remarquable qui ne se rencontre que dans cette espèce, c’est que pendant la saison des amours, la4œe et la 5me penne digitale sont plus courtes que les autres , surtout la 4me qui est ar- quée et terminée par une palette étroite; l’échancrure que cette dis- position forme dans l’aile, permet à l’oiseau de s’accrocher à l’aide des trois premières pennes, et lui sert probablement dans l’accouplement.
Le Cotinga Ouette est à peu près de la grosseur d’un merle. Il est commun dans les forêts de la Guyane , et s’approche même souvent des habitations.
— 6 ~
COTINGA QUEREIVA. ampelis cayana. lin.
buff. PL Enl. 624. — LEVAILL. PL 27 a 30.
La couleur dominante du Cotinga Quéreiva est un beau bleu , que tous les auteurs appellent d’aigue-marine, mais qui pour nous, est véritablement celui de la turquoise. Cette couleur qui n’existe que sur la partie visible des plumes, dont toute la partie recouverte est entièrement noire , s’étend sur tout le corps.
La gorge est d’un beau violet, les plumes des ailes, ainsi que celles de la queue , sont noires et liserées du même bleu.
Les pennes digitales , dont les deux premières sont très étroites et terminées en pointe, se prolongent jusqu’à la moitié de la queue qui est légèrement échancrée. Cet oiseau , ainsi que l’indique la con- formation de ses ailes , a le vol rapide du loriot.
La femelle n’a que des teintes grises; le jeune dans sa première an- née est d’un brun clair en dessus; les plumes du ventre d’un brun plus pâle , sont bordées de roussâtre. Ce n’est qu’à la seconde mue que la couleur bleue commence à paraître ; la gorge à cette époque est entièrement violette.
Les pâtes et le bec sont noirs ,* l’iris est d’une couleur brune.
Ainsi que le Cotinga Ouette , le Quéreiva habite la Guyane. Une variété un peu plus petite se trouve au Brésil.
COTINGA BLEU, ampelis cotinga. un.
LEVAILLANT. PL 34, 35 et 36.
Le Cotinga bleu ressemble pour la forme et la disposition des couleurs au Quéreiva, mais il est un peu plus petit.
Un bleu d’outremer éclatant, à reflets violets, couvre la tête et toute la partie supérieure du corps.
La gorge et la poitrine sont d’un beau violet velouté qui se pro- longe en pointe jusque sous le milieu du ventre, dont les côtés sont, ainsi que les couvertures inférieures de la queue , du même bleu que le dessus du corps ; les pennes des ailes et de la queue sont noires ; celles-ci , ainsi que les moyennes des ailes ont le bord extérieur li- seré de bleu ; le bec et les pieds sont bruns ; l’œil est rougeâtre.
Cette espèce qui vit à Cayenne, a long-temps été confondue avec le Cordon bleu , espèce fort différente , dont nous donnerons plus tard la figure et la description, et qui, d’ailleurs, ne se rencontre pas dans le même pays. La femelle a tout le dessus du corps d’un brun noir à reflets verdâtre le dessous plus pâle; toutes ses plumes sont bordées de blanc, ce qui leur donne l’aspect d’écailles.
Le jeune mâle ressemble à la femelle jusqu’à la première mue, époque à laquelle des plumes bleues et violettes commencent à se mêler à sa livrée aux endroits qui , plus tard , offriront ces couleurs dans tout leur éclat.
— 8 —
COTINGA POMPÀDOUR. ampelis pompadora. lin.
Pacapac ou Pompadour.'BVTT. PL 279.— levaill. PL 31, 32 et 33.
Les naturels de la Guyane donnent à cet oiseau le nom de Pacapaca. Il y est très commun , surtout à Cayenne.
Tout son corps est couvert de plumes longues, soyeuses , à bar- bules non réunies, d’un beau poupre lie de vin lustré dans toute leur partie découverte, mais blanches à leur naissance.
Les ailes sont longues composées de plumes blanches , les six ou sept premières terminées de brun. Le caractère le plus remarquable de cette espèce est d’avoir les plumes des grandes couvertures des ailes longues , étroites et roides , arquées en dehors, à barhules dé- tachées et disposées en toit , et se réunissant en dessous comme dans une jeune plume qui n’est pas encore sortie de son enveloppe. La queue du même rouge que le corps, mais plus pâle en dessous, est carrée et ne dépasse les ailes que de 7 à 8 lignes , le bec est rou- geâtre , les yeux d’un marron foncé et les pieds noirs.
La femelle un peu plus petite que le mâle, est d’un brun cendré en dessus, plus pâle et teinté de blanc en dessous; le jeune mâle a tout le corps gris nunacé de lie de vin , les plumes des ailes d’abord brunes , commencent à blanchir à la deuxième mue, mais ce n’est qu’à la troisième année, à l’époque des amours, qu’elles deviennent entièrement blanches.
Cette espèce paraît à Cayenne , en mars et en septembre ; elle habite dans les grands dois le long des rivières, et niche sur les plus hautes branches ; elle pond quatre œufs blancs.
#
— 9 —
GENEE TAIGâRA.
TANAGRA. lin.
De même que les Cotingas, les Tangaras appartiennent à Tordre des passereaux. Ils ont le bec conique, pointu, plus ou moins arqué, légèrement échancré à son extrémité ; les narines latérales , arron- dies ; les ailes courtes , les pattes moyennes, les deux doigts exter- nes réunis jusqu'au milieu de la première phalange. Leur queue va- rie de forme et de longueur selon les espèces. Quoique leurs cou- leurs soient en général extrêmement brillantes et variées, elles ont ce caractère remarquable qu’elles n’offrent jamais de reflets métalliques. La femelle est ordinairement semblable au mâle; dans ce cas, le jeune n’a pas de livrée, et ne se distingue des adultes que par des couleurs moins prononcées. Les Tangaras se trouvent dans toute l’étendue du nouveau continent , mais principalement dans les parties méridionales auxquelles appartiennent presqu’exclusi- vement les plus belles espèces. Ils se nourrissent de graines et de baies de différens arbres ainsi que d’insectes , et vivent en général comme les moineaux auxquels iis ressemblent sous beaucoup de rapports. Comme eux ils ont le vol court et peu élevé, se rassem- blent en troupes considérables, et ne se séparent que dans la sai- son de l’accouplement ; comme eux encore , ils fuyent les lieux hu- mides, recherchent les endroits secs et peu couverts, et s’appro- chent fréquemment des habitations. Iis nichent dans les buissons, ou par familles et souvent réunis en grand nombre sur un même arbre. Leur nid est composé d’herbes sèches. Ils font deux pontes par an- née. Leurs œufs d’un fond blanc, taché de brun diversement nuancé, sont ordinairement au nombre de trois ou quatre. Ces oiseaux sont très faciles à prendre et à élever en domesticité. Leur voix est géné- ralement peu agréable ; cependant il est quelques espèces auxquelles la douceur et la variété de leur chant ont fait donner le nom d’Eu- phones.
Ois. Ex.
2® LlV.
Les tangaras sont divisés par Cuvier en plusieurs sous-genres, qui varient de taille, depuis la grosseur du sénegali jusqu’à celle du merle : les tangaras euphones, les tangaras gros bec , les vrais tangaras , les tangaras loriots , les tangaras cardinaux et les ram- phocèles.
TANGARA TRICOLORE, tanagra tricolor. gmel.
BUFF. PI. E/il. 33. — TEMM. PI, Col. 215. Fig. 1.
Cet oiseau, assez improprement nommé tricolore, puisqu’il of- fre réellement quatre couleurs distinctes, n’est pas le tangara que Buffon a décrit sous ce nom. ïl ressemble beaucoup plus à celui que le même auteur a appelé tangara varié à tête bleue. Par une bizar- rerie singulière, ce dernier nom est généralement donné aujourd’hui au tangara tricolore de Buffon , tandis que son tangara varié à tête bleue, qu’il supposait être la femelle du précédent, a conservé celui de tangara tricolore. C’est l’espèce que nous décrivons.
Cette espèce qui se trouve au Brésil, où elle est très commune, et non à Cayenne, ainsi que l’ont indiqué quelques auteurs, a la tête d’un vert bleuâtre très vif, la nuque d’un vert doré , les scapulaires et la gorge noirs , le ventre et la poitrine vert de Béril , et le dos d’un jaune orangé vif et soyeux ; les petites couvertures des ailes sont bleues ; les grandes pennes ainsi que celles de la cpieue sont noi- râtres et bordées de vert; les couvertures supérieures et inférieures de ces dernières sont d*un vert plus clair, le bec et les pattes sont de couleur noirâtre, l’iris estbrun; la femelle a les mêmes couleurs que le mâle, mais elle sont beaucoup moins vives; le jeune n’a pas de livrée.
Le tangara tricolore est de la taille du friquet.
TANGARA DIABLE ENRHUMÉ, tanagra mexicana. linn Tangara tacheté de Cayenne, buff. PL Enl. 290.
Le diable enrhumé , ainsi nommé par les créoles de Cayenne , où habite cette espèce, vit en grand nombre dans les plantations et sur les montagnes. ïl est de la grosseur du tangara tricolore, mais d’une forme un peu plus allongée. Une belle couleur d’un bleu violacé, couvre le front, les joues, la gorge, la poitrine et le dessus de la queue de cet oiseau. Les pennes des ailes et de la queue sont noires. Les premières des ailes sont bordées de vert, et toutes celles de la queue de bleu violet. Les petites couvertures des ailes sont d’uis
12 —
bleu de Béril. Le ventre est jaunâtre. Chaque plume des flancs est largement tachée de noir et terminée de bleu. Le bec et les pieds sont noirs. La femelle est entièrement semblable au mâle. Le chant de ce tangara est très faible.
On trouve aussi cette espèce à la Trinité, ou ses couleurs sont beaucoup plus vives et plus belles qu’à Cayenne.
Une variété très commune au Brésil , a , au contraire , des couleurs plus pâles ; le bleu est comme glacé de blanchâtre et le milieu du ventre est entièrement blanc.
TANGARA CITRÏN. tanagra citrinella.
TEMM1NCK. PI. COL 42. Fig. 2.
La couleur jaune orangé à laquelle cet oiseau doit son nom cou- vre sa tête et se retrouve encore sur les bords des plumes noires qui revêtent la partie supérieure de son corps. Une bande étroite du même jaune traverse, très près du dessous du bec , une plaque noire qui occupe la gorge ; le bec est entouré de plumes d’un noir velouté ; le dessous du corps est d’un bleu vif passant au vert sur le ventre dont la ligne médiane est blanche ; les pennes des ailes et de la queue sont noires et largement bordées de vert.
Ces oiseaux habitent le Brésil où on les rencontre à certaines époques dans les lieux élevés. Ils se rassemblent sur les mêmes ar- bres, et il est facile d’en tuer plusieurs d’un seul coup de fusil.
Le tangara citrin est de la même taille que le tricolore.
TANGARA S Y AC O U. tanagra punctata. gmel.
Tangara tacheté des Indes, bitff. PI. Ënl. 1 33. Fig. 1.
Ce tangara se distingue par l’aspect particulier que lui donne l’apparence écailleuse de ses plumes. Toutes celles de la tête , de la partie supérieure du dos et de la poitrine sont noires et largement bordées d’un vert très vif dans les premières et se dégradant presque
— 13 —
jusqu’au blanc dans les dernières. Les flancs et la partie inférieure du dos sont du même vert qui borde aussi dans leur longueur les pennes des ailes et de la queue; le ventre est blanchâire; le bec et les pattes sont d’un brun foncé.
Le nom de Syacou qu’a reçu cet oiseau, n’est autre chose qu’une contraction ou une corruption de celui de Sayacou que lui donnent les naturels des provinces du Brésil où il est très commun ainsi dans que presque toutes les parties de l’Amérique méridionale.
Ce tangara est un peu plus petit que le citrin.
TANGA R A A PLASTRON, tanagra thoracica»
TEMMINCK. PL COL 42. Fig. 1.
Ce tangara se distingue par la plaque d’un jaune orangé, marquée d’une tache noire de forme carrée , qui couvre sa gorge et sa poi- trine, et à laquelle il doit son nom. Le reste de son plumage est très brillant. Le dessus du corps, malgré les larges taches noires longitudinales qui couvrent le milieu de chaque plume, paraît d’un vert chatoyant à reflets dorés ; le dessus de la tête et le tour des yeux sont d’un beau bleu turquoise, celui du bec d’un noir ve- louté. Les ailes et la queue sont brunes, largement bordées de vert; l’épaulette est d’un jaune orangé , le milieu du ventre d’un jaune pâle. Chacune des plumes de cette dernière partie est terminée de vert-clair. Celles des flancs sont d’un vert-foncé prenant une teinte turquoise. La femelle est presque absolument semblable au mâle. Le jeune n’a pas de livrée distincte.
Cette espèce est très abondante au Brésil , d’où on l’apporte en grandes quantités.
TANGARA SEPTICOLORE. tanagra talao. gmel. buff. PL Enl. Pl. 129. Fig. 2.
Le septicolore est, sans contredit, de tous les tangaras, le plus re- marquable par la beauté et la disposition de ses couleurs. Il offre en effet , ainsi que son nom l’indique , sept couleurs bien distinctes
14 -
Le dessus de la tête , recouvert de plumes , dont la forme écail- leuse donne à cette partie l’aspect d’une peau de lézard , est d’une belle couleur verte; un noir pur velouté couvre l’occiput, la partie supérieure du dos, celle inférieure du ventre, le dessus des pennes des ailes et toute la queue ; le dos est d’une belle couleur de feu ; le dessus du croupion d’un jaune orangé très brillant. La partie supé- rieure de l’aile , appelée communément épaulette, réunit à. elle seule trois couleurs , le vert et le bleu violacé, coupés par une bande étroite de vert aigue-marine; cette dernière couleur recouvre encore la poitrine et la partie supérieure du ventre, de même que le bleu violacé se retrouver su les bords postérieurs des remiges ; le dessous des ailes est d’un gris cendré. Le septicolore, dont la forme est aussi très élégante et qui conserve dans toutes les saisons ses couleurs brillantes , serait le plus bel ornement de nos volières si l’on prenait la peine de l’acclimater. La femelle ne diffère du mâle que par des teintes moins éclatantes.
Ces oiseaux arrivent en troupes à Cayenne vers le mois de septem- bre, et y restent environ trois semaines; ils reparaissent encore en mai: le reste du temps, ils habitent l’intérieur de la Guyane où ils nichent. Ils se nourrissent d’insectes et de jeunes fruits de l’un des plus grands arbres du pays.
Leur voix n’a que deux inflexions , l’une très aig uë, l’autre très faible.
TANGARA ÉVEQUE. tanagra episcopüs. gmel. buff. PL Enl. N. 1 et 1.
Buffon, en décrivant cet oiseau , lui a conservé le nom de Bluet qu’on lui donne vulgairement à Cayenne.
Son corps est d’une teinte bleu-cendré très pâle , toute la partie supérieure des ailes d’un bleu vif , le côté interne de chaque penne et le dessous des ailes de couleur grise , et leurs petites couvertures lilas clair. Tout le plumage de ce tangara est luisant et comme glacé de violet selon la manière dont il reçoit les rayons lumineux. C’est à
— 15 —
ce reflet qu’il doit le nom d’évêque que lui avaient donné les anciens auteurs, et que, malgré l’autorité deBuffon, les modernes lui ont rendu. La femelle est d’une couleur générale olivâtre également glacée de violet ; les ailes seulement ont leur partie supérieure d’un vert pâle et les pennes brunes à l’extrémité. Lejeune n’a pas de li- vrée particulière.
Le tangara évêque se trouve communément à Cayenne et dans les îles voisines ; il est toujours d’une couleur plus vive à la Trinité.
Ces oiseaux vivent par paires au bord des forêts et des plantations et se nourrissent de petits fruits ; ils nichent dans le bas des buis- sons. Leur nid , que nous avons eu occasion d’observer, est formé de larges feuilles de graminées réunies par des brins de racine et des fila- mensd’écoreedepalmier, et dontles principaux intervalles sont rem- plis de mousse et de coton. Les œufs , assez allongés, d’un fond blanc moucheté de gris, marqués, surtout au sommet, de larges taches brunes, sont ordinairement au nombre de trois ou quatre.
La voix de ce tangara ressemble beaucoup à celle de nos moineaux.
RAMPHOCELE BEC D’ARGENT, tanagra jacapa. gmel. buff. PL Enl. 178. N. 1 et 2.
Ce tangara doit son nom à la couleur de la mandibule inférieure de son bec qui paraît en effet argentée; cette mandibule est encore re- marquable par son prolongement qui s’étend jusques sous les yeux en une plaque large et arrondie.
Sa couleur générale est un pourpre obscur très velouté qui devient plus clair sous la gorge. Les ailes sont en dessus d’un noir brun et en dessous d’un gris cendré argenté. La queue arrondie à son extré- mité offre la même disposition de couleurs, moirées transversalement par l’effet de la structure des plumes. La couleur argentée du bec est très peu sensible chez la femelle, dont le plumage est d’un brun terne devenant sous le ventre un peu rougeâtre.
Cette espèce se trouve dans la plus grande partie de l’Amérique méridionale, mais elle est surtout très abondante à Cayenne. Elle
— 16 —
vit par paires dans les forêts et les plantations, et semble préférer les endroits découverts ; elle se nourrit de graines et des fruits de goyavier et de bananier; son nid, placé sur des arbres peu élevés, est arlistement construit avec des pailles et des feuilles de balisier; il est d’une forme cylindrique et a son ouverture placée en dessous. La femelle pond deux œufs d’un fond blanc, tachetés au gros bout de rougeâtre et de brun.
C’est à tort que quelques auteurs ont appelé cet oiseau Cardinal , nom d’une espèce toute différente qui appartient à l’Amérique sep- tentrionale.
RAMPHOCELE SCARLATTE , TANAGRA BRASILIENSIS. GMEL. buff. PL Enl. 129. Fig . iV. 1.
La couleur générale de cet oiseau, ainsi que l’indique le nom de Scarlatte qui lui a été donné par les auteurs anglais , est un rouge écarlate fort vif qui devient cramoisi sur le dos. Les pennes des ailes sont d’un noir fuligineux et la queue d’un noir parfait.
11 est de la grosseur et de la forme du bec d'argent , avec lequel il a beaucoup de rapports de ressemblance, mais il en diffère surtout en ce que la mandibule inférieure de son bec se prolonge beaucoup moins postérieurement, et se termine par un renflement d’une teinte blanche rosée. La femelle et le jeune mâle ont la tête et la partie su- périeure du corps d’un brun rougeâtre, et le ventre d’un jaune sale teinté de rouge. Lejeune mâle prend quelques plumes rouges à sa première mue.
Le scarlatte habite le Brésil, le Pérou et le Mexique ; il vit en grandes troupes, et s’apprivoise facilement ; sa voix est assez agréa- ble.
Il est d’autant plus recherché par les chasseurs que sa chair est bonne à manger, et que son plumage sert à faire des garnitures de robes et d’autres parures.
— 17 —
EUPHONE TEITÈ , tanagra viol a ce a . gmel.
biiff. Pl. Enl. 114. Fig. 2.
L’Euphone Téité a tout le dessus du corps d’un bleu violacé très foncé* Les pennes de ses ailes sont noires , bordées de violet , et ont leur côté interne blanc à sa naissance. Les pennes de la queue sont également noires , bordées de violet. Les deux latérales sont aussi marquées de blanc , mais vers le milieu de leur côté interne. Le front et tout le dessous du corps sont d’un beau jaune souci.
La femelle est d’une couleur verdâtre en dessus , et d’une teinte plus pâle en dessous.
Cet oiseau vit à Cayenne et à la Guyane. Il se nourrit de graines et fait beaucoup de tort dans les champs de riz.
Il construit un nid de forme hémisphérique composé d’herbes très fines.
Sa voix douce, semblable à celle du bouvreuil , le fait rechercher des colons qui l'élèvent en cage , en le nourrissant avec une graine nommée au Brésil Paco.
EUPHONE ORGANISTE , pipa musica. gmel
buf. Pl. Enl. 809 , Fig. I .
Ainsi que nous l’avons dit , on a réuni sous le nom d’Euphones plusieurs petites espèces de tangaras à queue et à ailes courtes , dont la voix est assez agréable pour leur avoir mérité ce nom.
Parmi ces espèces il en est une qui se fait remarquer par un chant tellement varié et étendu que quelques auteurs n’ont pas hésité à le mettre sous ces rapports au-dessus de celui du rossignol. Celle opinion n’aurait cependant rien d’exagéré, si, comme on l’assure, la voix du Tangara organiste réunit toutes les notes de la gamme et donne même l’octave de quelques-unes.
L’Organiste est presque entièrement semblable pour les couleurs
Ois. Ex. 5e Liv.
18 —
au Téité. Il ne s’en distingue guères que par une tache d’un bleu clair qui lui couvre tout le dessus et le derrière de la tête.
Cet oiseau se trouve aux Antilles et à Cayenne, et dans quel- ques autres îles voisines du continent. Il porte à Saint-Domingue le nom de Musicien.
Il se nourrit et niche de la même manière que le Téité.
Il est très sauvage et très défiant, et il est d’autant plus difficile à tuer que , comme les grimpereaux , il se cache en tournant autour des branches à mesure que le chasseur change de place.
— 19 —
GENRES OISEAU MOUCHE ET COLIBRI.
TROCHILUS. Lirn,
Réunis dans la classification de Linnée par le nom commun de Trochilus , les Oiseaux-Mouches et les Colibris ont été divisés par Buffon et par les naturalistes modernes, sans qu’il ait été possible d’assigner à chacun des deux genres des caractères bien distincts. La taille des Colibris supérieure à celle des Oiseaux-Mouches, la courbure de leur bec , opposée à la forme droite de celui de ces der niers , ont long-temps paru établir entre eux des différences éviden tes et constantes ; mais la découverte successive de très petites es- pèces d’oiseaux-moucbes, àbec courbé, et d’autres, à bec parfaitement droit, d’une taille égale à celle des Colibris, et surtout celle d’une es- pèce plus grande encore, à laquelle cette circonstance a fait donner le nom d’oiseau-mouche Géant, est bientôt venue démontrer l’insuf- fisance et l’incertitude de ces caractères, et réduire à des distinctions plus arbitraires que réelles la division de ces genres , d’ailleurs con- fondus par une similitude presque complète d’organisation, de mode, d’existence et de mœurs.
L’Oiseau-Mouche et le Colibri habitent tous deux l’Amérique , et particulièrement le Brésil, la Guyane et les Antilles. Tous deux se distinguent également par l’élégance de leurs formes et la richesse de leur parure. Les naturalistes ont épuisé toutes les ressources du lan- gage et emprunté les noms des plus brillantes pierreries, du rubis, de la topaze, du saphir, de l’émeraude, pour peindre cet éclat in- exprimable que l’imagination poétique des peuples du nouveau con- tinent a fait passer d'une manière plus vive encore dans les noms de rayons et de cheveux du soleil qu’ils ont donnés à ces oiseaux.
Toutes les nuances des couleurs, tous les reflets et tous les feux de la lumière, se rencontrent en effet sur le plumage des Oiseaux-Mou- cheset des Colibris; cependant, il est à remarquer que le fond de sa
— 20 -
coloration générale , à quelques rares exceptions près , est toujours un vert doré, varié en une infinité de nuances suivant les espèces ou plutôt le climat. Ces oiseaux ont généralement le corps court et arrondi, et la tête proportionnellement assez forte ; leur bec est mince, tantôt courbé, tantôt droit, par fois même recourbé en dessus. Leurs pâtes sont courtes et les doigts armés d’ongles très arqués et très ai- gus. Leurs ailes, composées de plumés résistantes, sont longues et dé- passent souvent la queue. Celle-ci très variable dans sa forme , égale ou arrondie, bifurquée ou étagée, est souvent ornée de plumes prolon- gées en filets. Un autre genre d’ornement se rencontre fréquemment chez les Oiseaux-Mouches : ce sont des développemens assez étendus des plumes de la tête et du cou, prenant la forme de huppes, de colo- rettes et d’oreillons.
Les Oiseaux-Mouches et les Colibris n’ont pas moins excité l’éton- nement et l’admiration par l’excessive vivacité de leurs mouvemens, que par l’éclat tant vanté de leur plumage. On les voit souvent sus - pendus dans l’air, au-dessus d’une fleur dans le calice de laquelle leur langue prolongée en forme de trompe va chercher les insectes pres- qu’ imperceptibles dont ils font leur nourriture; puis tout à coup s’é- loigner et revenir sur quelque autre fleur, par un mouvement brusque dont l'œil a peine àsuivre la rapidité, semblables àcesespècesde Sphynx et à ces mouches bourdonnantes auxquelles tant de rapports ont dû nécessairement les faire comparer. Ils vivent en troupes nombreuses, et ne se séparent en couples que dans la saison des amours. Ils cons- truisent sur une branche d’arbrisseau, ou suspendent à un leger brin, un nid formé de coton ou de quelque autre bourre délicate, et recouvert de mousse et de lichen. La femelle y pond deux œufs qu'elle couve dix ou douze jours, et nourrit ses petits pendant trois semaines. Ces oiseaux si faibles, sont très courageux, et ne craignent pas, sur- tout pour défendre leurs petits, de combattre et de poursuivre des oi- seaux beaucoup plus forts. Cependant, ils deviennent la proie d’un insecte. Une grosse araignée , que pour cette raison on a nommée Anculaire , vient dans leur nid dévorer leurs petits, et souvent eux-
— 21 —
mêmes, lorsqu’elle peut les y surprendre ou les embarasser dans sa toile qu’elle suspend aux alentours.
Quoique très farouches si quelque objet ou quelque bruit inaccou- tumé les effraie , ils s’apprivoisent facilement et deviennent bientôt très familiers. On en a vu élever leurs petits dans des appartemens, et meme à bord des vaisseaux où l’on avait transporté leur nid. On a souvent essayé de les conserver en cage et de les apporter en Europe, en les nourrissant de sirop de sucre et de miel, mais on a rarement réussi et ils n’y ont guères vécu que quelques semaines.
— 22 —
COLIBRI HAÏTIEN , TROCHILUS GRAMINEÜS.
KUFF. PL Enl. G80. Fig. 2.
Le Colibri haïtien nommé par la plupart des auteurs hausse-col vert , et figuré sous ce nom par Buffon , est très anciennement connu à Cayenne et au Brésil où il est très abondant. Il se trouve aussi à Saint-Domingue , ce qui lui a fait donner son nouveau nom.
C'est un oiseau robuste, à bec assez fort et peu recourbé , à ailes longues et dont les rémiges ont la tige grosse et élargie , à queue large et arrondie.
La couleur générale de son plumage est un vert foncé peu bril- lant; mais sous la gorge cette couleur change avec la forme des plumes et devient vive et éclatante comme l'émeraude.
Le milieu de la poitrine est occupé par une longue tache noire qui se prolonge jusque sous le ventre ; les plumes latérales de cette dernière partie sont soyeuses et d'un blanc pur. Ce qui est le plus remarquable dans cet oiseau, c'est la belle couleur de la queue dont les rectrices sont d'un pourpre brillant dans une grande partie de leur largeur et qui est terminée par une large bande bleu-ardoisé à reflets d'acier bruni.
La femelle ressemble au mâle, nais ses couleurs sont moins vives.
Le jeune a le dessus du corps rayé longitudinalement de noir de blanc et de roux irrégulièrement jaspés de verdâtre ; il est vert en dessus.
Viellotquia beaucoup observé ce colibri, dit qu’il se plaît au- près des habitations , qu’il vit d’insectes qu’il saisit sur les fleurs, que dans la saison des amours il jette en volant un cri continuel et chasse les oiseaux qui viennent se percher dans son voisinage, en les fatiguant par ce cri et par la rapidité de ses mouvemens, et en menaçant constamment leurs yeux de la pointe de son bec.
Son nid est ordinairement construit sur une branche de coton- nier et recouvert de lichen pris sur le même arbre.
COLIBRI TOPAZE, trochilus pella. linn. buff. PL Enl. 1 et 2.
Remarquable entre tous les oiseaux de ce genre par sa taille, par la richesse et l’éclat indescriptible de son plumage et par la propor- tion harmonieuse de sesformes , le colibri topaze s’en distingue en- core par la disposition des deux plumes médianes de sa queue qui en se prolongeant en deux longs brins recourbés ajoutent encore à l’élégance de sa parure.
Un beau noir de velours couvre toute sa tête , et sous sa gorge brille une plaque de plumes écailleuses de la plus vive couleur d’or , offrant des reflets^de topaze et d’émeraude dont , lorsqu’elle est éclai- rée par les rayons du soleil , l’œil a peine à supporter l’éclat. Une bande étroite du plus beau noir entourre cette plaque. Le corps, en dessus comme en dessous, est coloré d’un rouge-feu doré qui prend à la partie supérieure du dos une teinte cuivrée. Les rémiges sont d’un brun violacé. La queue offre la réunion de plusieurs couleurs ; les pennes latérales sont d’un roux vif, les moyennes d’un vert doré , et les deux qui se prolongent en fdet d’un beau violet foncé. Les pattes sont ornées de manchettes blanches qui descendent le long du tarse.
Le plumage de la femelle diffère entièrement de celui du mâle. Il est d’un vert pale et peu brillant prenant sous la gorge une teinte dorée. La queue n’a point de filets.
Le jeune est semblable à la femelle.
Le Colibri Topaze se trouve à la Guyane , et se plaît sur le bord des fleuves. Souvent on le voit rasant la surface des eaux comme les hirondelles en poursuivant les légers insectes dont il se nourrit, quelque fois même se reposant sur les branches et les tiges brisées qu’entraîne le courant.
— 24 —
COLIBRI GRENAT , trochilus auratus. lin.
BUFF.
Ce beau colibri ne se trouve pas à Cayenne comme l’indiquent presque tous les auteurs , mais bien dans les Antilles ; il est par- ticulièrement très commun à la Guadeloupe et à la Martinique d’où on Ta rapporté depuis un grand nombre d’années.
C’est surtout par la belle couleur grenat qui couvre toute sa gorge et sa poitrine que ce colibri est remarquable. Cette couleur varie du carmin vif au violet , mais la teinte grenat se retrouve constamment à travers cette variation résultat de reflets divers.
Le corps et le dessus de la tête sont d’un noir de velours très soyeux légèrement teinté de rouge. Les ailes ainsi que la queue sont composées de plumes larges et fortes , d’un vert-bleu d’acier. Quelques plumes de la même couleur , légèrement teintées de vert, se retrouvent encore sur le front et sur les couvertures supérieures et inférieures de la queue.
Le Grenat a des formes moins sveltes que les autres colibris. Ses mouvemens sont rapides. Il vit dans le voisinage des habitations et passe toute l’année dans le même lieu.
Son nid , construit entre plusieurs petites branches , est composé d’une espèce de coton de couleur roussâtre et presque entièrement recouvert de lichen. Il contient ordinairement deux œufs assez gros que la femelle couve pendant douze ou treize jours. Les petits n’ont point de livrée et sont dès leur premier âge presque entièrement sem- blables aux adultes.
OISEAU MOUCHE A QUEUE FOURCHUE ,
MOSCHILUS FURCATUS. buff. Pl. Enl. 599. Fig. 2.
Cette jolie espèce, aussi élégante dans sa forme que dans la dis- tributions de ses brillantes couleurs , est très abondante dans toute
— 25
toute l’Amérique méridionale , on la trouve à la Guyane** au Brésil et dans les Antilles.
Son corps mince et élancé est du plus beau bleu d’azur à reflets violets, sa gorge d’un vert d’émeraude, et le dessus de sa tête d’un vert noir à reflets métalliques. Ses ailes sont assez cour- tes et leurs plumes ainsi que celles de la queue , sont d’un bleu d’acier bruni.
La femelle est entièrement semblable au mâle.
L’oiseau-mouche à queue fourchue vit en troupes très nom- breuses que l’on rencontre souvent réunies sur un même arbre.
OISEAU-MOUCHE RUBIS TOPAZE.
TROCHILUS MOSCHITUS. LINN. buff. Pl. Enl. 640. Fig. 1.
Cet oiseau, à la fois l’un des plus beaux et des plus communs de l’Amérique méridionale, s’y rencontre dans une immense étendue de pays , depuis Carthagène jusqu’au-delà du Brésil.
Tout le dessus de sa tête est couvert de plumes écailleuses d’un beau rouge rubis à reflets violets. La gorge et le devant du cou sont revêtus d’une plaque de plumes de la même forme, d’une cou- leur d’or très vive, avec des reflets tantôt semblables à ceux de la plus belle topaze , tantôt prenant une nuance verdâtre d’un éclat plus doux , suivant la direction des rayons lumineux. Le dos est d’un brun velouté, passant au vert près de la queue , qui est dun roux canelle et terminée par une bande noire. La poitrine et la partie supérieure du ventre sont d’un brun olivâtre foncé ; la par- tie inférieure est blanche.
La femelle est semblable au mâle; ses couleurs sont seulement un peu moins vives.
Le jeune, à sa première année, est d’un brun gris ; la queue est terminée de blanc. A la deuxième mue, des plumes d’un rouge feu et dorées commencent à se montrer parsemées sous la gorge et Ois. Ex. 4e Liv\
— 26 —
sur la tête, et le plumage brun gris du dessus du corps se mélange de blanc et de brun foncé.
OISEAU-MOUCHE HUPPÉ.
TROCHILUS CRISTATUS.
La huppe qui orne la tête de ce joli et très petit oiseau, est la seule partie brillante de son plumage. Elle est d’une belle couleur vert-doré, d’un éclat luisant, et se compose de plumes écailleuses, longues et effi- lées, dont toutes les barbules sont distinctes. La couleur du reste de son corps est un brun, teinté de vert en dessus, et en dessous se dégra- dant jusqu’au gris, suivant les contrées que l’oiseau habite. Il se trouve à la Guyane, ainsi que sur la plus grande partie de la côte orientale de l’Amérique du sud et dans les Antilles.
Une belle variété à huppe un peu plus longue, et terminée par un bleu vif et chatoyant, habite les îles de la Trinité, de Saint-Thomas, de Saint-Domingue, et plusieurs autres des Antilles.
L’oiseau-mouche huppé se rencontre autour des habitations , dans les plantations et les jardins, et se plaît même souvent à suspendre son nid aux brins de joncs qui forment la couverture des cases ou à une branche d’oranger, de chèvrefeuille ou de jasmin. Son attache- ment pour ses petits est tel, que si on lui enlève son nid pour le pla- cer dans un appartement garni de fleurs , il ne craint pas d’y entrer pour leur apporter leur nourriture, et bientôt d’y rester avec eux.
OISEAU-MOUCHE HAUSSE-COL BLANC. LESSON.
OISEAU-MOUCHE MAGNIFIQUE. — TROCHILUS MAGNIFICUS. VIEILL.
TEMM. PL Col. 299, fig . 2.
C’est à M. Delalande voyageur-naturaliste du Muséum d’histoire naturelle de Paris, qu'est due la découverte de cette jolie espèce, l’une des plus petites du genre oiseau-mouche , et en même temps l’une des plus remarquables, non par l’éclat de ses couleurs, mais par la dis- position de ses plumes
— 27 —
Sa tête est surmontée d’une large huppe couleur de rouille, et de chaque côté de sa gorge, dont la couleur est un vert brillant, se dé- veloppent en forme de fraise, de larges plumes d’un blanc pur, bor- dées d’une bande d’un beau vert doré, et terminées de roux. Le reste du corps est d’un vert assez foncé, devenant plus pâle sur la poitrine et sous le ventre. Une raie blanchâtre traverse le dessus du croupion. La queue disposée en éventail, est composée de plumes vertes exté- rieurement, et rousses intérieurement. Le bec qui est très mince, est jaune et terminé de noir.
La femelle du Hausse-Col-Blanc ressemble beaucoup à celle du Huppe-Col, et n’a aucune des parures du mâle. Son front et sa gorge sont roux, son dos d’un vert pâle, son ventre d’un brun sale, mélangé de blanc; les plumes de la queue sont vertes et terminées de roux. Le jeune ressemble beaucoup à la femelle.
Dans le temps ded’accouplement, le mâle relève fortement sa huppe et sa fraise ou collerette, renverse sa tête en arrière, et placé auprès de sa femelle , agite ses ailes par une sorte de frémissement d’une extrême rapidité.
Leur nid, excessivement petit, est toujours caché avec soin dans l’épaisseur des bois, où vit constamment cette espèce.
OISEAU-MOUCHE RUBIS, trochilus.
(rubis EMERAUDE DE BUFFON.)
BUFF.
Plusieurs noms ont été donnés à cet oiseau , et il a été long-temps confondu avec une autre espèce qui porte aussi le nom de Rubis , mais qui est de moitié plus petite , le petit Rubis de l’Amérique du nord.
Notre oiseau-mouche Rubis est donc le même oiseau que le Ru- bis émeraude de Buffon , V oiseau-mouche du Brésil à gorge rousse de Brisson , le grand Rubis de Vieillot, etc.
Son plumage est très brillant. Il est sur tout le dessus du corps d’un vert foncé, et en dessous d’un vert doré très vif qui brunit
— 28 —
sous le ventre. Une plaque d’une , belle couleur rubis à reflets d’or couvre la gorge et le devant du cou* Les ailes , qui sont longues , ont les rémiges d’un brun violacé. La queue , composée de rectrices très larges , est un peu fourchue ; chacune des plumes , qui sont d’un roux très vif , est bordée de brun foncé à son extrémité.
La femelle diffère tellement du mâle , que dans beaucoup de col- lections , on la trouve sous un autre nom d’espèce ; elle est en des- sus d’un vert terne, et en dessous d’un roux canelle. Le jeune mâle à sa première année ressemble à la femelle ; mais à la seconde, il commence à montrer qulques plumes vertes et dorées sous la gorge et sur la poitrine.
L’oiseau- mouche Rubis habite le Brésil , et il y est si abondant , que l’on fait avec les plumes rubis doré de sa gorge des garnitures de robes et d’autres parures.
OISEAU-MOUCHE JACOBINE , trochilus,
BUFF.
L’oiseau-mouche Jacobine, ainsi nommé à cause de la couleur blanche de la plus grande partie de son plumage , est une des espè- ces le plus anciennement connuos , et en même temps l’une des plus remarquables par l’élégance de ses formes et de sa parure. Il se dis- tingue encore particulièrement par la disposition de sa queue , com- posée de larges plumes qu’îl redresse en éventail , en faisant la roue.
Il a la tête et le devant du cou d’un beau bleu chatoyant , la poi- trine et les flancs d’un vert doré, tandis que tout le ventre est du blanc le plus pur. Le dessus du corps est d’un vert doré glacé que sé- pare de la couleur bleue de la tête , une bande blanche qui forme un demi-collier. Les pennes des ailes sont d’un brun violacé. Les rec- trices de la queue , sont du même blanc que le dessous du corps , et liserées de noir sur leur côté externe; leur extrémité est largement bordée de même couleur. Les deux plumes médianes supérieures sont souvent presque entièrement noires. La femelle adulte est sembla-
— 29 —
ble au mâle. Le jeune est couvert de plumes verdâtres , et a le de- vant du cou revêtu de plumes noires et blanches, disposées en forme d’écailles. Il a souvent été pris pour la femelle.
Cette espèce vit à Cayenne. Elle construit un nid très bien fait et presque rond.
OISEAU-MOUCHE DELALANDE , trochilus delalandi,
VIEILLOT.
temm. PI. Col. 1 8, Fig. 1 et 2.
Le nom que porte ce charmant oiseau , est celui d’un naturaliste voyageur du muséum d’histoire naturelle de Paris , qui le premier l’a apporté en France, et auquel, par cette raison, il a été dédié dans les publications qui l'ont fait connaître. Une longue huppe , d’un vert vif, terminée, par une seule plume droite et effilée d’un bleu très foncé dont sa tête est ornée, lui a fait aussi donner par quelques auteurs , le nom de Plumet-bleu . Il se distingue encore par une petite tache blanche placée en arrière de l’œil. Sa gorge et sa poitrine sont d’un bleu d’azur très brillant; une bande grise, partant de la mandibule inférieure et descendant sur les flancs , en- cadre cette couleur et la sépare du vert-doré qui couvre toute la partie supérieure du corps. Les couvertures des ailes sont vertes, et celles-ci , elles-mêmes , d’un brun-violacé. Le ventre est d’un gris verdâtre ; la queue , légèrement échancrée , a ses rectrices du même brun que les ailes ; les trois externes seulement sont souvent termi- nées de blanc. Le bec est grêle et assez court ; les pâtes sont noires et petites.
La femelle, qui en dessus, a les mêmes couleurs que le mâle , mais seulement plus pâles , a tout le dessous du corps d’un gris foncé mé- langé de verdâtre; elle a, comme le mâle, la petite tache derrière l’œil. Le jeune mâle dans sa première année est semblable à la fe- melle; mais à la seconde mue la couleur grise du ventre se mé- lange de plumes écailleuses du plus beau bleu.
— 30 —
L'oiseau-mouche Delalande , Tune des plus petites espèces de ce genre , habite les vastes forêts du Brésil, et se tient caché sous le feuillage des plus grands arbres , où il construit son nid.
OISEAU-MOUCHE A HUPPE D’OR.
TEOCHILUS BILOPHUS.
TEMM. Pl. Col, 18. Fig. 3.
C’est dans les campagnes et les bouquets d’arbres qui bordent les prairies , et surtout près des rivières , que se plaît cette jolie espèce d’oiseau-mouche. Elle a été décrite sous plusieurs noms qui tous se rapportent à son caractère le plus distinctif , la double huppe dont sa tête est ornée. Ainsi le prince de Wied Neuwied qui l’a rapportée de ses voyages au Brésil , lui donne le nom d’ Oiseau-mouclie-cornu , et Temminck, dans ses planches coloriées, celui R Oiseau-mouche à double huppe ; mais le nom de Huppe d’or nous paraît préférable, car c’est surtout par la couleur d’or et de feu à reflets de topaze et de ru- bis qui brille sur cette partie de son plumage, et qui ne se rencontre aussi éclatante chez aucun autre oiseau, que celui-ci est surtout re- marquable. Ces deux huppes, séparées parles plumes bleu-d’acier qui revêtent le front , sont composées chacune de six plumes placées au- dessus des yeux et s’étalant en éventail. Uu camaii noir-pourpre couvre le derrière de la tête , enveloppe le devant du cou , et vient se terminer en pointe par des plumes effilées qui descendent jusque sur la poitrine. Une belle couleur blanche dessine en dessus un large col- lier et s’étend en dessous sur la poitrine et la partie supérieure du ventre ; la partie inférieure et les flancs sont d’un vert-pâle. Cette couleur , mais plus vive , est aussi celle du dos. La queue , qui est fort longue et étagée , est composée de plumes blanches , à l’excep- tion des deux supérieures et médianes qui sont brunes ; les latérales ont leur bord externe liseré de blanc. Les ailes , qui sont brunes , ne viennent qu’à la moitié de la queue.
La femelle , quoiqu’avec des teintes plus pâles , ressemble beau- coup au mâle, mais elle n’a aucune trace de huppe.
— 31 —
LE HUPPE-COL ,
TROCHILUS ORNATUS (gMELIn).
La tête est ornée d’une huppe d’un rouge de rouille très vif. Le front est d’un vert brillant. De chaque côté du cou , naît un faisceau composé de douze à quatorze plumes d'inégale longueur. Ces plumes sont de couleur rousse. Leur extrémité est terminée par une paillette d’un brun noirâtre, qui, passe au vert émeraude, si l’on examine l’oiseau sous un autre jour. Les petites plumes , en forme d’écailles qui entourent et recouvrent le bec , la gorge et la poitrine , ont le brillant de l’émeraude la plus pure. L’occiput et le dos sont d’un brun-vert doré ; le ventre est d’un vert-brun brillant.
Les petites couvertures des ailes sont d’un vert-doré , et les ailes d'un brun-violet.
La queue arrondie et peu longue , a les rectrices moyennes vertes, et les huit autres d’un roux vif.
Le bec mince et grêle , est roux à sa base , et noir à son extrémité.
La femelle se distingue du mâle en ce qu’elle n’a ni huppe ni or- nement sur les côtés du cou.
Le Huppe-col se trouve aux environs de Cayenne, dans la Guyane et au Brésil.
L’AMÉTHYSTE,
TROCHYLUS AMETHYSTINUS ( LIN.)
Le dessus du corps est d’un vert-doré. La gorge et le devant du cou sont de couleur améthyste brillante. Toute la poitrine est marbrée de gris-blanc et de brun.
Les ailes , dont les remiges sont d’un brun-pourpré , dépassent les deux pennes intermédiaires de la queue : celle-ci est fourchue.
— 32 —
OISEAU-MOUCHE A OREILLES D’AZUR.
OISEAU-MOUCHE A OREILLES. BÜFF., LATH., VIEILL.
Cet oiseau tire son nom de deux touffes de plumes placées derrière les oreilles , et composées chacune de six à sept plumes. L’une de ces touffes est d’un vert d’émeraude , et l’autre d’un violet améthyste. On voit sous l’oeil une tache d’un noir velouté. Le dessus de tout le corps, depuis la tête jusqu’aux petites couvertures de la queue, est d’un vert doré éclatant. La gorge , la poitrine et le ventre , sont d'un blanc d’albâtre. Les remiges sont brunes.
La queue est arrondie. Les trois pennes latérales sont blanches ; les quatre du milieu sont d’un noir tirant sur le bleu.
Le bec est long , noir et très droit. Les pieds sont bruns.
La femelle est caractérisée par l’absence des deux petites touffes vertes et bleues que nous avons dit exister derrière les oreilles du mâle auquel elle ressemble du reste par les couleurs générales. La petite tache noire que l’on voit sous l’oeil du mâle , se prolonge chez la femelle sur les côtés du cou , à la place des petites touffes de plu- mes en question.
Cette espèce , une des plus communes de la Guyane et du Brésil , se rencontre souvent dans les buissons épais qui entourent les ha- bitations.
— 33 —
OISEAU-MOUCHE GLAUCOPE.
Le sommet de la tête du Glaucope, nommé aussi Oiseau-Mouche à queue fourchue du Brésil , ou X Oiseau-Mouche vert à tête bleue , est recouvert par une calotte d’un bleu indigot très vif , passant à l’amé- thyste sous certains reflets de lumière. Le dos , les couvertures des ailes, le croupion, sont d’un vert doré foncé. La gorge , la poitrine, le devant du cou, le ventre et les flancs sont colorés en vert émeraude brillant.
Les ailes s’étendent jusqu’au deux tiers de la queue qui est four- chue. Les rectrices sont d’un bleu d’acier.
Les tarses sont brunâtres; le bec est noir, terminé par une pointe aigue.
La couleur bleue indigo qui existe sur le sommet de la tête du mâle, est remplacée chez la femelle par un vert doré. Les rectrices sont d’un vert doré en dessus , et bleues à leur extrémité. La gorge et le ventre sont d’un gris enfumé, avec quelques teintes vertes dorées sur les flancs .
Le Glaucope habite le Brésil.
LE PETIT OISEAU-MOUCHE.
Cet oiseau si mignon dans sa forme, est de tous les oiseaux, l’es- pèce la plus petite que nous connaissions. Le volume du corps est, sui- vant Buffon, au-dessous de la grande mouche asile (le taon ) pour la grandeur, et du bourdon pour la grosseur. Suivant ce même natu- raliste, la longueur du corps, de la pointe du bec au bout de la queue, est à peine de quinze lignes, et de seize à dix-sept suivant Vieillot. Si les naturalistes, ne sont pas tous d’accord sur les dimensions de cette espèce , cela tient sans doute , à la manière dont on a empaillé les modèles, sur lesquels les descriptions ont été faites. D’ailleurs, dans cette espèce, peuvent se trouver des variétés de grosseur différente.
Ois. Ex. 5e Liv.
— 34 —
Tout le dessus de la tête et du corps du petit oiseau - mouche est d’un vert doré brun; tout le dessous est gris-blanc.
Les rémiges sont d’un brun violet. Les ailes dépassent la queue d’une ou deux lignes. Les rectrices moyennes sont vertes. Les ex- ternes sont brunâtres, avec des taches jaunes d'ocre à leur extré- mité.
Le nid, comme celui des autres oiseaux-mouches, est construit avec un coton fin et des brins de lichen. Tout l’extérieur est lam- brissé de petits morceaux d’écorce de gommiers. Ce nid n’est pas plus gros que la moitié dun abricot. Les œufs, au nombre de deux, ont la grosseur de petits poids. La chasse de ces oiseaux se fait avec la sarbacanne ou la glue. Leurs dépouilles, ainsi que celle de plusieurs autres espèces, servent de pendants d’oreilles aux jeunes Indiennes.
Le petit Oiseau-Mouche se trouve au Brésil et aux Antilles.
OISEAU-MOUCHE SAPHO.
La queue de cet oiseau, dit le naturaliste Lesson, faite en forme de luth antique, dont les cordes seraient coupées, est destinée à faire re- vivre dans nos souvenirs la lyre de la muse Sapho , dont il porte le nom.
La gorge, la poitrine et le ventre du Sapho, sont ornées de plumes écailleuses, d’un beau vert émeraude. Une bandelette d’un vert doré plus jaune s’étend de l’œil, et descend sur les côtés du cou. Tout le plumage du dessus du corps, ainsi que les petites couvertures des ai- les, sont d’un vert doré métallique. Les rémiges sont d’un brun pour- pré. Les plumes du croupion et les couvertures supérieures de la queue sont du plus beau rouge carmin.
La queue est composée de dix rectrices très étagées , arrondies à leur extrémité. Ces rectrices ont l’éclat du cuivre rouge chatoyant en or. Elles sont liserées de noir et terminées par une espèce de croissant delà même couleur. Les ailes ne dépassent que d’un pouce
— 36 —
la naissance de la queue. Le bec est aigu, peu allongé; il est noir, ainsi que les tarses.
On ne remarque point chez la femelle ce beau vert émeraude qui brille sur la poitrine et la gorge du mâle. La queue est aussi étagée ; mais le côté externe de chacune des deux plus grandes rectrices est d’un bleu jaunâtre, tandis que le côté interne est d’un violet foncé qui s’étend également sur les autres rectrices.
Cette espèce est très rare.
OISEAU-MOUCHE VIEILLOT.
L’ôrni Biologiste Vieillot, auteur du bel ouvrage des oiseaux do- rés, a laissé son nom à l’espèce que nous allons décrire.
L’Oiseau-Mouche Vieillot porte sur les côtés du cou, des faisceaux de plumes étagées, et disposées à peu près de la même manière que celles du Huppe-Col. Ces plumes sont vertes, et marquées à leur extrémité, d’un petit point d’un blanc de neige. Le front et les joues sont d’un vert brillant. Tout le dessus du corps est d’un vert bronzé. La gorge et le devant du cou sont verdâtres. Une ligne noire s’étend du bec à l’occiput. Toutes les parties inferieures sont grises. Une bande jaunâtre traverse le croupion en descendant jusqu’à la région anale.
Les rémiges sont d’un brun pourpré. Les rectrices, presque éga- les, sont d’un rouge canelle.
Cette espèce, dont on ne connaît pas la femelle, vit au Brésil.
OISEAU-MOUCHE BARBE BLEUE.
Tout le devant de la gorge de cet oiseau est complètement garni d’une espèce de barbe formée de plumes écailleuses d’un beau bleu brillant, mêlé de rose. Le dessus du corps est d’un vert doré. Le ven- tre est d’un gris mêlé de taches fauves vers son milieu. Les rémiges
— 36 —
sont brunes. Les rectrices, également brimes, sont légèrement blan- châtres à leur extrémité.
La queue est peu développée, mais très fourchue. Le bec est long, légèrement recourbé et renflé à sa pointe.
La femelle de cet oiseau n'est pas connue ; il habite le Mexique.
OISEAU-MOUCHE A RAQUETTES.
Un plastron d’un beau vert émeraude chatoyant suivant la di- rection de la lumière, couvre le devant de la gorge et du cou de cet oiseau. Son plumage est d’un vert généralement un peu sombre en dessus , avec des reflets rouge d’or. Le ventre est d’un brun noir un peu terne , teinté de rouge. Les plumes de la région anale sont gri- sâtres. Les petites couvertures des ailes sont d’un vert doré bronzé. Les rémiges d’un brun pourpré, s’étendent jusqu’au deux tiers de la queue.
Les deux rectrices externes sont de moitié plus longues que les in- termédiaires. Leur tige se termine par un épanouissement de barbu- les, ayant assez la forme du jouet d’enfant appelé raquette; d’où est venu le nom d’Giseau-Mouehe à raquettes.
Le bec est noir et pointu, sans renflement notable. Les tarses sont également noirs.
La femelle n’a pas de caractères bien tranchés qui permettent de la distinguer du mâle.
L’Oiseau-Mouche à raquettes n’a été observé qu’à la Guyane, où il est très rare.
OISEAU-MOUCHE LANGSDORFF.
Cet oiseau, qui a conservé le nom du naturaliste Allemand par qui il fut découvert, a la tête, le dos, le croupion et les petites couvertu- res des ailes d’un vert doré foncé. On remarque près du croupion une bande d’un blanc de neige qui s’étend jusqu’à l’abdomen. Les plumes de la gorge, du devant du cou et du haut de la poitrine, sem- blables à de petites écailles , sont d’un vert émeraude. L’espèce de cuirasse, formée par la réunion de ces petites plumes écailleuses, est limitée en bas par un ceinturon d’un brun jaune orangé. Le ventre est jaspé de noir, de gris et de blanchâtre. Les ailes, dont les rémiges sont d’un brun pourpré, ne dépassent que de quelques lignes la naissance de la queue ; celle-ci est étagée et composée de dix rectrices. Les six moyennes sont colorées en bleu ; les quatre autres , beaucoup plus longues que ces dernières , ont une teinte brune. Les deux rectrices externes de chaque côté ne sont pas de la même grandeur.
Le bec est noir, droit, grêle et renflé à sa pointe. Les tarses sont noirs, et les plumes dont ils sont revêtus sont blanches.
Cet oiseau vit dans les provinces intérieures du Brésil.
38 —
GENRE OISEAU DE PARADIS.
Il n’y avait qu’une imagination vagabonde et aussi amie du fabu- leux que celle des Indiens , qui pût se bercer des mille contes absurdes dont fourmille l’histoire des Oiseaux de Paradis. Suivant les uns, ces oiseaux furent ainsi nommés parce qu’ils avaient choisi pour le lieu de leurs amours le paradis terrestre, et qu’ils y construisaient leur nid. Suivant d’autres , le nom d’oiseau de paradis rappelle à l’idée un oiseau qui n’a point de pieds , dont le vol est perpétuel le jour comme la nuit ; qui ne se nourrit que de vapeurs et de rosée , dont l’air enfin est le seul élément, comme s’il craignait de souiller son riche plu- mage en s’approchant des objets terrestres. Les marchands indiens qui font le commerce des plumes de cet oiseau , ont l’habitude , soit pour le conserver , ou peut-être pour accréditer l’erreur où l’on est dans ces pays que l’oiseau de paradis n’a point de pieds , de faire sé- cher l’oiseau après lui avoir arraché les cuisses et les entrailles. Quoi- qu’il en soit , nous ne saurions trop donner d’admiration à cet oiseau magnifique ; et si toutes les richesses du lapidaire ont été étalées avec profusion sur le corps des oiseaux mouches et des colibris ; si la na- ture a paré le plumage de ces petits bijous , comme les appelle Buffon, des reflets les plus brillans , elle s’est peut-être montrée plus prodigue encore envers les oiseaux de paradis. Ces couleurs si douces et si pures, distribuées sur leur corps et leurs ailes, ce beau velours qui en- veloppe leur gorge et leur tête , ces touffes de longues plumes qui s’é- chappent du dessous de chaque aile pour se répandre ensuite en flots soyeux et légers et se balancer mollement au milieu des airs , ce vol aussi gracieux que rapide , tout cela était bien fait , il faut en conve- nir , pour saisir d’étonnement l’esprit grossier des habitans de la Nou- velle-Guinée ; et l’on conçoit jusqu’à un certain point, qu’en voyant pour la première fois l’oiseau de paradis traverser leurs vastes forêts, ils l’aient cru descendu des régions célestes et décoré du nom d'oi- seau de Dieu.
— 39 —
Les oiseaux de paradis ont des caractères assez tranchés pour que certains méthodistes aient pensé pouvoir en former un genre.
Leur bec est en cône allongé, droit et très-pointu , et un peu com- primé sur les côtés ; ils ont quatre doigts , trois devant et un derrière, tous dénués de membrane et séparés environ jusqu’à leur origine ; les jambes , couvertes de plumes jusqu’au talon , sont fort grandes et fort robustes, ainsi que les pieds ; les plumes de la base du bec , celles de la gorge et de la tête, sont fermes et serrées comme du velours dont elles ont tout-à-fait l’aspect. De chaque côté des flancs naissent de dessous les ailes véritables des ailes secondaires appelées subalaires. Ce qu’il y a de remarquable dans ces oiseaux , ce sont deux longs filets qui s’implantent près du croupion et s’étendent bien au-delà de la queue. Ces filets sont garnis de petites barbes très-courtes dans leur partie moyenne , et de barbes d’une longueur ordinaire vers leur ori- gine et leur extrémité. Chez la femelle , les barbes de l’extrémité sont plus courtes que chez le mâle , et c’est , suivant Brisson , la seule dif- férence à laquelle on puisse la reconnaître. Plusieurs espèces d’oiseaux de paradis se trouvent privées de ce long filet que certains naturalistes ont regardé comme caractère distinctif du genre , mais d’après lequel on serait forcé de ne reconnaître que cinq vrais oiseaux de paradis. Du reste on ne sera pas étonné de trouver des oiseaux rangés dans le genre oiseau de paradis, qui manquent de plusieurs des caractères de ces derniers. Les oiseaux de Paradis sont sujets à une mue considé- rable : ils restent cachés pendant près de neuf mois, c’est-à-dire tout le temps que durent les pluies et les tempêtes. Au commencement du mois d’août, après la ponte, les plumes reviennent, et on les voit pendant le mois de septembre et d’octobre suivre en troupe leur roi , comme le font les étournaux en Europe.
Les Indiens chassent ces oiseaux en se mettant à l’affût dans de pe- tites cabanes en bois , percées de trous et bâties sur les arbres ; de là ils les guettent et les percent de leurs flèches de roseau , leur ar- rachent les ailes et les pâtes, et s’en servent, quand ils ne les ven- dent pas , pour faire des aigrettes dont ils se parent les jours de fête.
40 —
Suivant Helbigius , les oiseaux de paradis se nourrissent de baies rouges fournies par un arbre très-çlevé ; suivant d’autres , ils font la chasse aux grands papillons qui leur servent aussi de pâture. N’habi- tant que des îles où viennent les épiceries , il est probable qu’ils se nourrissent aussi des fruits du muscadier , du giroflier et autres sem- blables.
Ces oiseaux ne se trouvent qu’à la Nouvelle Guinée : ils en sont transportés aux Moluques d’où on les croyait originaires , parce que c’est de ces îles qu’on nous les envoie ordinairement.
t
il —
LE PETIT EMERAUDE.
Les oiseaux de cette espèce , ont comme toutes les autres espèces d’oiseaux de Paradis, leur roi conducteur. Ils se perchent f et font leur nid sur les arbres les plus élevés des îles qu’ils habitent. Ils per- forent avec leur bec un arbre de ces pays, pour en extraire la pul- pe dont ils font leur nourriture habituelle.
Le pourtour du bec du petit Emeraude est du plus beau noir de ve- lours. Son gosier est entouré d’une cravate d’un vert brillant , qui ne Je cède en rien à la plus belle emeraude. La gorge et la poitrine sont d’un rouge-brun tirant sur le marron. Tout le dessus du corps est d’une couleur d’ocre-jaune. Les ailes et la queue sont d’un rouge- brun. Les petites couvertures des ailes sont jaunes. Deux touffes de plumes subalaires fort longues , d’un tissu soyeux et très fin, descen- dent de chaque côté des flancs. Les plumes sont d’un beau jaune de crôme, légèrement teinté de mine, qui tranche d’une manière fort agréable sur la couleur brun-marron de la gorge et de la poitrine. Les deux grands filets qui partent de la queue et se prolongent bien au-delà de celle-ci et des plumes subalaires , sont dépouvues de bar- bes à leur extrémité.
Cet oiseau, un des plus gracieux et des plus riches en couleurs que renferme le genre oiseau de Paradis, ne se trouve que dans les lies des Papous. Les habitans ds ces îles en font un commerce considéra» ble, surtout avec les marchands Européens.
Les dépouilles d’un oiseau aussi vaporeux, aussi aerien que le petit Emeraude, ne pouvaient point après sa mort appartenir à la terre, ou devenir la pâture des animaux carnassiers. Des destinées plus nobles et plus belles lui étaient réservées; aussi n’est- ce point seulement au milieu des riches collections du Muséum d’histoire naturelle , qu’il attire les regards des curieux; mais on peut le voir encore en Orient, surmonter les turbans couverts de pierreries des femmes les plus belles. Les portes même des Harems lui sont ouvertes, et c’est surtout dans ce mystérieux séjour qu’il brille de tout son éclat. C’est encore Ois. Ex, Liv.
- 42 -
lui qui vient ajouter aux charmes de nos élégantes Parisiennes. Les rubis et les diamans lui servent le plus souvent d’escorte; et. gracieux et léger, il balance ses plumes ondoyantes au-dessus de ri- ches toques de velours toutes brodées d’or et d’argent. Sous les vertes allées de nos promenades publiques , dans les salles de spectacle , au milieu des brillans salons, et jusqu’aux pieds du trône, partout il dé- note le luxe et l’opulence.
LE PARADIS ROUGE.
Cet oiseau, qui peut rivaliser avec le petit Emeraude, pour la beauté du plumage et la vivacité des couleurs que la nature a su si bien distribuer sur les différentes parties de son corps, est extrêmement rare et très peu connu.
Le bec est couleur de corne ; un noir de velours couvre son front et son menton. La tête est surmontée d'une petite huppe, offrant une échancrure à sa partie moyenne, et ayant la forme d’un Y. Les plu- mes de cette huppe , celles du dessus du cou et du gosier, sont d’un vert doré. Une belle couleur d’ocre -jaune pur couvre le dessus du cou, le haut du dos, le croupion, les côtés de la gorge et une partie de ceux de la poitrine. Les ailes et la queue sont d’une couleur brune; le ventre et la poitrine sont d’un brun-rougeâtre. Deux belles touf- fes de plumes subalaires , soyeuses et étalées comme celles du petit Emeraude, sont d’une couleur rouge safrané très vif. Les deux filets très lisses, convexes en dessus et concaves en dessous, d’un noir bril- Lut, sont terminés en pointes.
LE PARADIS ORANGÉ.
LE ROLLIER DE PARADIS, BUFF. Oriolus aureus , lin.
Le Paradis orangé, ainsi nommé à cause de sa belle couleur oran- gé dont brille une partie de son plumage , manque de plusieurs des caractères distinctifs du genre. Les ornithologistes Font pourtant rangé , et en cela nous suivrons leur exemple , parmi les oiseaux de Paradis. Le tête de cet oiseau est recouverte de plumes veloutées et en forme de petite huppe, d’une belle couleur rouge-orangé qui des- cend sur les plumes du cou et la plus grande partie de toutes celles du dos. La gorge présente une belle couleur de velours, qui s’étend sur les parties latérales du cou , en remontant sous les yeux jusque sous la mandibule inférieure. Les plumes du cou, plus longues que les au- tres, sont soyeuses et flottantes sur les côtés. La poitrine, le ventre, la partie inférieure du dos et le dessus du croupion , sont d'un jaune de crôme un peu foncé. Cette couleur existe également sur la plus grande étendue des ailes. Celles-ci ont l’extrémité de leurs rémiges sécondaires d’un noir foncé. Le pli de l’aile, les petites couvertures de celle-ci et le tiers inférieur des plus grandes rémiges , sont égale- ment colorés en noir.
Cet oiseau dit-on, se trouve dans l’Inde, mais on ignore dans quelle partie.
— 4 4 —
LE MANUCODE.
LE ROI DES OISEAUX DE PARADIS, SON AERAT.
Paradisea Régla , lin.
Le Manucode a été ainsi nommé d’après le nom indien manuco - diata, qui signifie l’oiseau de Dieu. Il arrive souvent qu’un oiseau s’éloigne de la bande dont il fait partie, pour aller se mêler à d’au- tres espèces; c’est probablement ce qui est arrivé au Manucode qu’on a vu quelque fois au milieu des espèces décrites sous le nom de Para- dis Emeraude. Comme en pareil cas, il se tient à l’écart et toujours un peu en avant de ces derniers , dont il diffère beaucoup tant par son plumage que par sa conformation, on aura sans doute pensé qu’il les dirigeait, et de là le nom de roi des oiseaux de Paradis sous lequel le désigné Sonnerai.
La gorge du Manucode est d’un beau rouge-carmin foncé ; la poi- trine est traversée par une large bande d’un vert doré. Le dessus de la tête est d’un rouge safrané. 11 existe une petite tache noire der- rière les yeux, sur les bords de leur partie supérieure. La couleur rouge safrariée devient plus foncée sur le dos, les petites couvertures et les pennes des ailes. Le ventre est d’un beau blanc. Du dessous des ai- les , sur chaque côté du ventre , sortent de longues plumes (plumes subalaires), qui sont grises, dans la plus grande partie de leur lon- gueur. Leur extrémité est terminée par une bande d’un vert d’éme- raude. Au-dessous de cette bande se dessinent deux petits liserets , dont l’un est blanc et l’autre couleur de rouille.
La queue d’un brun-rouge est composée de dix pennes. Les deux filets qui naissent au-dessus d’elle, se croisent à leur origine et vont en divergeant à mesure qu’ils s’en éloignent. Ces deux filets se con- tournent sur eux-mêmes à leur extrémité, et forment une espèce de pa pi ilôt le d’un vert d’émeraude à reflets dorés.
Les pieds sont brun-jaunâtre.
Le chant ou le cri du Manucode n’est point encore arrivé aux oreilles des insulaires. On ignore l’endroit où il fait son nid. Son ca- ractère est insociable ; il semble avoir oublié qu’il est le roi des pi-
-, 45 —
seaux de Paradis; jamais on ne le voit s'élever vers la voûte des cieux, ou se percher sur la cîme des arbres; il se rapproche de la surface de la terre, et voltige de buissons en buissons, pour y chercher les baies rouges dont il fait sa nourriture. On le chasse avec des lacets ou à la glue. Sa dépouille sert de parure aux Indiens.
Le Manucode se trouve au sud-ouest de la nouvelle Guinée, dans une des plus petites îles nommée Arrou.
LE MAGNIFIQUE.
FARADISEA MAGNIFICA, GMELIN., SYST. ISAT.
Cet oiseau est remarquable par deux faisceaux de plumes situés au- dessous du cou. Le premier de ces faisceaux, placé derrière l'occiput à la naissance du cou, se compose de petites plumes très courtes et roussâtres. Le second faisceau sur lequel est appliqué le premier des- cend bien plus bas; ses plumes sont aussi beaucoup plus longues. El- les ont une couleur jaune paille, et sont toutes coupées carrément à leur extrémité. Il paraît que l’oiseau peut , en relevant à vo- lonté les petites plumes qui sont sur le haut du cou, former une ai- grette , et avec les plus longues, un panache assez semblable à celui qui orne la partie postérieure du cou du faisan doré de la Chine. C’est sans doute à ce riche attirail de toilette, qu'il doit son nom de Ma- gnifique. Le dessus de la tête est couleur capucin. La gorge est d’un brun-noirâtre. Le ventre, la poitrine et les parties latérales du cou sont colorées en *vert bouteille. On remarque à la partie moyenne de la poitrine une bande longitudinale d’un bleu- verdâtre , qui termine aussi les larges plumes du ventre. Les grandes couvertures des ailes, le dos et le croupion sont de la même couleur que la tête. Les pen- nes des ailes sont d’un jaune d’orpin ; elles s’étendent presqu’au bout de la queue qui est brune. Deux blets de couleur verdâtre, garnis du côté extérieur seulement de barbes fines et courtes , prennent nais- sance au-dessus du croupion, se contourent en forme de cercle à leur extrémité qui est terminée en pointe.
— 46 —
LE SUPERBE.
PARADISEA SUPERBA, GMELIN.
Lorsqu’on examine les plumes roides et nombreuses qui, placées au-dessus du cou de cet oiseau, gênent les gracieuses ondulations de eette partie ; lorsqu’on jette un coup-d’œil sur cette espèce de cui- rasse, qui enveloppe la poitrine en descendant presque sur les jambes et fait ressembler l’oiseau, plutôt à un guerrier caparaçonné et tout prêt à aller combattre, qu’à un habitant des airs , on se demande si le nom de Superbe n'est pas une amère ironie plutôt qu’une épi- thète louangeuse. L’oiseau de Paradis appellé le Superbe, n’a rien, il faut en convenir, de bien gracieux dans sa tournure. La manière singulière dont ses plumes sont distribuées , lui donne un air ern- barassé et presque stupide ; mais il faut le voir lorsque près de sa fe- melle, il est tout à sa parure, qu’il relève ses plumes de velours qui cachent toutes les parties supérieures de son corps , lorsque sa tête surmontée de deux aigrettes mobiles, vient à se détacher sur ce fond de velours noir, si propre à faire ressortir la resplendissante cuirasse de sa poitrine; c’est alors qu’il devient sans doute admirable, et qu’on peut à juste titre le décorer du surnom de Superbe que lui donne Buffon.
Cet oiseau offre sur le devant de la poitrine, des plumes imbriquées, qui s’en détachent à mesure qu’elles descendent, et se terminent en pointe à droite et à gauche, de manière à laisser une échancrure à leur partie moyenne. Ces plumes d’un beau vert-bronzé, avec des reflets violets, ressemblent assez bien par leur disposition, à la queue d’une hirondelle. La gorge est d’un noir changeant en violet. Le ventre est également noir. Le dessus de la tête est d’un noir mêlé de reflets verts. Des plumes assez fortes, taillées en lames de sabres et d’un brun-vio- let, sont implantées à la partie postérieure de la tête, et vont en divergeant recouvrir les ailes et la plus grande partie du des- sus du corps. L’oiseau a la faculté d’étaler ses plumes en forme de roue; mais ce ne sont pas là les véritables ailes; celles-ci, le dos, le
— 47 —
croupion , les couvertures et les pennes de la queue , sont d'un noir ressemblant au velours le plus magnifique , accompagné de reflets violets.
Les pieds et le bec sont noirs.
Cet oiseau se trouve dans la nouvelle Guinée. Les marchands le transportent dans des bambous creux, après l’avoir fait sécher à la fumée autour d’un bâton, et lui avoir ôté les ailes et les pieds,
LE GRAND PROMEROPS
OU PROMEROPS A LARGES PARURES.
Cet oiseau , que Sonnerai a rapporté de la Nouvelle-Guinée , est désigné par Buffon sous le nom de Promerops àparemens frisés; celte expression est vicieuse, puisqu’il n’y a aucune des plumes de l’oiseau qui soit réellement frisée. Nous lui conserverons donc le nom de grand Promerops ou Promerops à larges parures , que lui a donné Vaillant.
La tête , le front et les joues de cet oiseau sont couvertes de pe- tites plumes semblables à des écailles arrondies , de la couleur d’un vert bronzé qui se change en violet , suivant la direction des rayons lumineux. Le devant du cou est coloré en violet. La poitrine et le ventre sont d’un brun quelquefois violacé. Les plumes du dos sont en forme de spatules allongées et colorées en vert bleuâtre.
Le grand Promerops se distingue surtout par deux bouquets de longues et larges plumes qui naissent de chaque côté de la poitrine et des flancs. Le premier bouquet est composé de deux rangées de plumes dont les unes , supérieures et plus longues , sont d’un noir velouté dans toute leur étendue; les autres, inférieures et plus pe- tites, frangées vers leur extrémité, sont d’un vert éclatant à reflets violets. Les plumes qui composent ce premier bouquet , ont des barbes très-courtes d’un côté et très-longues de l’autre. Les plumes du second bouquet, plus longues que Scs précédentes, dont elles par-
- 48 -
tagent du reste les mêmes reflets , naissent sur les parties latérales des flancs et s’étendent un peu au-dessus delà naissance de la queue. Il existe en outre , vers le bas du dos, une touffe de plumes longues et étroites , à barbes désunies , qui se prolongent plus loin que les premières sur la queue ; ces plumes sont d’un brun foncé.
La queue, qui est fort longue, est d’un beau noir changeant en violet ou en bleu. Les ailes sont de la même couleur que la queue.
Pour qui ne jette qu’un coup-d'œil rapide et plein d’indifférence sur les sublimes merveilles de la création, le grand Promerops n’offre rien de bien remarquable, si ce n’est la longueur disproportionnée de sa queue. Les teintes sombres et sévères dont il paraît d’abord en- touré, ne laissent point deviner les richesses de son plumage; mais il faut le suivre à travers les forêts , il faut l’étudier dans le temps des amours ; c’est alors que vous le verrez , près de sa femelle , étaler tout le luxe de sa toilette; c’est alors que ses plumes d’ornement se dé- ploieront avec orgueil, que son air deviendra noble et majestueux, et que plusieurs parties de son corps seront étincellantes de mille bril- lans reflets que l’œil aura peine à saisir , tant ils sont variés et chan- geans. On dirait que l’amour a doublé chez lui les principes de la vie; et c’est en lançant de toute part les éclats de la plus vive lumière, c’est en développant avec grâce ses ailes agitées par un doux frémis- sement, qu’on le voit attendre le délicieux moment qui doit l’unir à sa compagne.
Cet oiseau se trouve dans la Nouvelle-Guinée.
— 49 —
LA PIE DE PARADIS
ou l’incomparable.
La pie de paradis ainsi nommée , probablement à cause de sa res- semblance avec notre pie d’Europe , tant sous le rapport de la forme et de la grosseur du corps , que des beaux reflets qu’on remarque chez cette dernière, a aussi été désignée sous le nom (T Incomparable par M. Gevers-Arntz , de Rotterdam , qui le premier l’a possédée en Europe.
De chaque côté de la tête de la Pie de paradis, au-dessus des yeux, s’élèvent deux touffes de plumes en forme de crêtes arrondies qui se dressent et s’abaissent à la volonté de l’oiseau. Ces plumes , sem- blables à de petites écailles et rangées symétriquement , sont d’un beau noir de velours à reflets violets, quelquefois bleus. Le ventre et la poitrine, d’un beau vert soyeux, sont séparés de la gorge qui , ainsi que le front , les joues et le devant du cou est d’un noir velouté avec des reflets pourpre , par une espèce de collier de cou- leur jaune rougeâtre , qui se prolonge jusqu’au dessous de l’œil de chaque côté. On voit sortir des flancs quelques plumes de la même couleur que celles du collier placé sur le devant de la poitrine. Les plumes du sommet de la tête et de tout le derrière du cou sont d’un vert émeraude éclatant à leur extrémité. Le dessus du dos et du croupion est d’un noir brun nuancé de pourpre. Les ailes sont d’un brun violacé. La queue , composée de douze plumes étagées , est en-dessus d’un violet magnifique ; le dessous est d’un noir brun avec quelques teintes grises. Si on considère le peu d’envergure que pré- sentent les ailes de cet oiseau , on sera disposé à penser que la lon- gueur et le volume de la queue doivent apporter un obstacle réel à la rapidité de son vol. Les pieds , forts et couverts d’éeailles, sont noirs ainsi que le bec.
La Pie de paradis , dont la tournure pleine de fierté et l’éclat des couleurs pourraient lui permettre d’entrer dans la lice avec le grand
Ojs. Ex.
7e T iv.
— 50 —
Promérops, habite, ainsi que ce dernier, les forêts de la Nouvelle- Guinée.
LE MULTIFIL.
Le dessus de la tête de cet oiseau est d’une couleur noire avec des reflets violets. Les plumes placées sur les parties latérales de la poi- trine ont une bordure d’un vert émeraude des plus riche et des plus éclatant. Tout le devant de la poitrine est d’un noir velouté. Les longues plumes soyeuses , à barbes lisses et désunies , que nous avons vues faire le principal ornement du petit émeraude et du paradis rouge , existent également chez le Multifil. Ces plumes, qui chez ce dernier sont d’un blanc jaunâtre , partent de chaque côté des flancs de Foiseau qui les étale avec grâce et en ombrage tout son corps. Les plus longues de ces plumes subalaires s’étendent au-delà de la queue: les dernières du dessous sont términées chacune par un long filet sans barbe , de la grosseur d’un crin. Le derrière du cou , le haut du dos , le croupion et les couvertures du dessus de la queue sont d’un noir changeant en vert sombre et comme bronzé. Les dix dernières plumes des ailes , ainsi que les couvertures , sont d’un violet très- éclatant. Les rémiges sont noires. La queue est de la même couleur que les couvertures des ailes.
Le Multifil a été décrit par Vieillot sous le nom de Manucode à douze filets; mais Le Vaillant fait observer que les filets terminent évidemment les plus grandes subalaires et non la queue ; que par conséquent cet oiseau appartient aux Promerops et non aux Manu- codes. Le même naturaliste fait encore remarquer qu'il doit souvent arriver à Foiseau de briser quelques-uns de ses filets en voltigeant à travers les branches , et qu’il est impossible d’affirmer que le nombre de douze soit le nombre exact et invariable de filets qui terminent les plumes subalaires : il préfère donc la dénomination de Promerops Multifil, parce que, dit-il, elle pourrait dans tous les cas, etre con- servée sans aucune espèce d’inconvénient.
51 —
Cel oiseau , qui ne doit pas rougir de marcher à côté, du petit éme- raude , auquel du reste il a emprunté beaucoup de sa parure et de ses brillantes couleurs, habite probablement les mêmes contrées que les autres oiseaux de paradis.
LE PROMEFIL
OU PROMEROPS A PARURES CHEVELUES.
Ee serait s’exposer à des redites sinon inutiles , diï moins bien mo- notones et bien fastidieuses, si à chaque histoire particulière des oi- seaux de paradis, nous cherchions à tracer un tableau fidèle des riches couleurs et des reflets étincellans qui sont répandus sur tout le corps de ces oiseaux , et nous parviendrions encore plus difficilement à notre but, si nous avions la prétentiou de donner une idée de l’admi- rable harmonie qui a présidé à l’arrangement de ces couleurs. Notre langue est trop pauvre , notre plume trop inhabile et trop peu bril- lante, pour espérer faire passer dans Famé de nos lecteurs tout ce que doit causer d'admiration et d’extase la rencontre de ces oiseaux ma- gnifiques et vraiment célestes, au milieu des riches forêts de la Nou- velle-Guinée ou de la Nouvelle-Hollande. Contentons-nous donc de décrire avec le plus de clareté et de fidélité possible ce que nous avons observé sur une nature morte, il est vrai, mais par- faitement bien conservée ; c’est tout ce qu’on peut exiger de nous dans un ouvrage de ce genre.
Le Promefillest encore un de ces oiseaux dont tout le devant du cou et de la gorge est recouvert d’un plastron brillant qui semble plutôt fabriqué avec les métaux les plus polis et les plus étincellans , qu’avec de véritables plumes : celles-ci, en forme de petites écailles, sont d’un bleu éclatant , chatoyant en vert et quelquefois en pourpre. Le dessus de la tête et du cou est couvert de petites plumes écailleuses d’un vert bleuâtre. De chaque côté de la poitrne naissent deux touffes de {dûmes d’ornement; ces plumes, à barbes désunies, se terminent, chacune par un filet presque aussi fin qu’un cheveu. L’oiseau peut à
— 52
volonté les étaler en forme d’arc et s’en parer, surtout dans le temps des amours ; leur couleur , ainsi que celle de tout le ventre , est d’un brun rouge grenat foncé. Le dessus du dos et des ailes est d’un noir de velours avec des reflets violets. Les deux plumes du milieu de la queue sont d’un vert lustré ; les autres sont noires. Les pieds sont de cette dernière couleur. Le bec est noir vers le bout.
Cet oiseau habite la Nouvelle-Guinée ; mais comme il est moins propre que les autres oiseaux de paradis à faire des panaches aux ha- bitans , ils ne nous en font parvenir que très-rarement.
LE SIFILET,
OISEAU DE PARADIS A GORGE DOREE, SOXNERAT, VOY.
Paradisea aurea , gmelin.
Les trois filets placés de chaque côté de la tête de cet oiseau, avaient déterminé Buffon à lui donner le nom de Sifflet , dénomina- tion que nous lui conserverons.
Le Sifflet est surtout remarquable par la belle couleur noire qui est répandue sur la presque totalité de ses plumes qui ont l’aspect du ve- lours , et par la brillante cuirasse qui garnit toute sa gorge. La tête est ornée d’une huppe implantée en grande partie sur le bec ; cette huppe est composée de plumes fines et raides , noires à leur partie inférieure et blanches à leur sommet. Les plumes de la gorge, arrondies en écailles et imbriquées , sont d’un beau noir de velours vers leur milieu ; sur le reste de leur étendue viennent se jouer les reflets les plus brillans et les plus variés. Le bleu de l’acier poli , le vert de l’émeraude , le jaune de la topaze , le violet de l’améthyste , puis l’or se mêlant aux couleurs vertes et bleues , tous ces tons viennent tour à tour frapper l’œil , sui- vant les incidences de la lumière. Le dessus de la tête est d’un beau noir ; on remarque à sa partie postérieure , près de sa nuque , une ran- gée de plumes écailleuses offrant les mêmes reflets que la gorge. Deux touffes déplumés d’un beaunoir, à barbes désunies, séparées , partent des deux côtés du ventre sous les ailes ; l’oiseau peut les relever et les
— 53 —
étaler en éventail. Trois filets noirs naissent de chaque côté de la tête et se terminent par des espèces de petites palettes de forme ovale. Sui- vant Le Vaillant , la disposition de ces filets , qui aboutissent au con- duit auditif, seraient une condition favorable à la délicatesse de fouie chez ces oiseaux. Les palettes des filets , dit ce naturaliste , distri- buées au loin , arrêtent d’abord les sons qui se glissent le long de leurs tiges et arrivent aux nombreux petits filets qui touchent à f oreille , comme autant de conducteurs plus rapprochés du centre de rouie.
LE PRI1N CE RÉGENT.
Le plumage de cet oiseau n'est pas orné de ces reflets brillans que nous avons pu remarquer sur le corps de la plupart des oiseaux que nous avons étudiés jusqu’ici. Deux couleurs seulement ont suffi à sa parure ; mais comme ces couleurs sont belles ! comme la nature a su les choisir et les disposer avec art.
Une riche robe d’un velours noir des plus magnifique enveloppe tout le dessous du corps en s’étendant jusqu’à la mandibule inférieure, sur les parties latérales du cou et autour de l’œil où elle forme comme une espèce de cercle irrégulier. Cette même couleur noire occupe tout le dos où elle se dessine en forme de camail. Les tectrices , les grandes pennes et l’extrémité des petites pennes des ailes sont , ainsi que la queue, de la même couleur que le dos. Les pennes moyennes des ailes , le dessus de la tête et le derrière du cou sont d’un très beau jaune. Cette couleur forme un collier qui se prolonge un peu en avant de chaque côté du cou. Le front est coloré en jaune orangé.
Les pâtes sont noires et les ongles fort crochus.
Cet oiseau habite la Nouvelle-Hollande : on le trouve sur les bords de la rivière Patterson ; il fréquente les broussailles épaisses.
— 54 —
GENRE PERROQUET.
Nous venons (le passer en revue cinq genres différens d'oiseaux «exotiques , et parmi les cinquante oiseaux que renferment ces gen- res , il n'en est peut-être pas un seul dont l’élégance et la richesse du plumage n’aient mérité notre admiration. Mais , il faut le dire , jus- qu’ici nos yeux seuls ont été éblouis ; et si nous sommes souvent restés plongés dans une sorte d’état extatique en présence de toutes ees merveilles du coloris , malheureusement la pensée n’y était pour rien. C’est une brillante et riche collection de métaux et de pierres précieuses qui s’est offerte un instant à nos yeux étonnés , sans four- nir une nourriture un peu substantielle à l’esprit. S’il nous était per- mis de parler le langage plirénologique , nous dirions que la plus grande somme d’activité a été dépensée par l’organe du coloris ; et en effet, dans toutes les descriptions que nous avons données, nous avons plutôt parlé aux yeux du coloriste pur , qu’à l’âme du natura- liste profond.
Nous voilà maintenant arrivés à une classe d’oiseaux dont, nous osons l’espérer , l’histoire offrira à nos lecteurs un intérêt plus puis- sant que celle des Cotingas , des Tangaras, des Colibris même, des Oiseaux-mouche ou des oiseaux de Paradis : nous voulons parler des Perroquets. Ici, il ne nous faudra plus seulement juger en peintre coloriste , mais il nous faudra voir encore avec les yeux de l’intelli- gence ; et en effet , les Perroquets dont nous allons faire l’histoire , ne sont pas seulement des oiseaux remarquables par la magnificence des couleurs répandues sur leur élégant plumage. Ce qui les distingue surtout des autres oiseaux, c’est la faculté qu’ils possèdent d’articuler des mots , de prononcer des phrases entières , et souvent avec tant de netteté et de clarté, qu’il est facile de s’y laisser prendre. C’est au point que si l’oiseau n’était pas captif dans sa cage, ou enchaîné sur son
— 55 —
juchoir, on croirait entendre une voix humaine. Si toute l’habitude extérieure du singe , si son espèce d’intelligence l’ont fait regarder comme un homme imparfait et sauvage , nous devrions , à plus forte raison , rapprocher de l’espèce humaine les Perroquets; car les gestes i du singe ne sont qu’un langage naturel qui, le plus souvent, naît des be- soins de l’animal, tandis que la parole est une traduction de la pensée, et restera toujours comme le cachet de cette puissance intellectuelle qui réside dans le cerveau de l’homme. Aussi , combien grande a dû être la surprise des habitans du nouveau et de l’ancien continent , quand, pour la première fois , leurs propres paroles furent articulées avec la plus grande vérité , et souvent même accompagnées d’un rire mo- queur que répétait au loin l’écho des forêts.
Toutefois , nous ne prétendons pas dire que la voix articulée du Perroquet, indique chez lui une intelligence supérieure: non sans doute , et nous convenons même que cet oiseau n’attache aucune si- gnification aux mots qu’il prononce. Nous trouvons un exemple re- marquable du langage des Perroquets au sein même de nos familles, chez nos tout jeunes enfans ; celui qui est doué d’une mémoire plus heureuse que ses frères ou ses sœurs , retient et articule quantité de mots dont il ne peut nous expliquer le sens, et si le hasard veut qu’il ! en fasse une heureuse application , c’est alors qu’un sourire plein de bonheur et d’espoir vient effleurer les lèvres de sa mère qui , pour ré- ! compense , le couvre de baisers. Déjà cette tendre mère a deviné dans i son fils un éloquent orateur , un grand général , ou bien un artiste à | l’imagination brillante , à lame toute de feu et de poésie , tandis qu’en réalité ce n’est qu’un jeune et joli petit perroquet.
En résumé , nous pensons que les instrumens propres à la produc- tion de la voix articulée , ont chez le Perroquet un degré de perfec- tion qui manque chez beaucoup d’autres oiseaux; mais que cette per- l fection dans les instrumens , n’est pas la seule condition nécessaire pour que l’oiseau puisse articuler des mots , qu’il faut encore quelque
— 56 —
chose de plus , et que ce quelque chose qui donne à l’oiseau la facilité si grande de retenir les sons qui viennent frapper son ouïe délicate , a son siège dans une partie déterminée du cerveau.
C’est en dire assez , pour laisser entrevoir notre tendance à la lo- calisation des facultés cérébrales, et ce qui vient étayer jusqu’à un certain point notre opinion , c’est que le cerveau des Perroquets est plus perfectionné , que les lobes antérieurs de ses hémisphères sont plus prolongés que dans les rapaces. Leur encéphale est plus large et plus aplati que long. Mais terminons ici une discussion déjà trop longue peut-être pour certaines personnes , discussion que du reste ne comporte guère le cadre étroit que nous avons été obligé de nous tracer en écrivant cet ouvrage. La question relative à la voix arti- culée des Perroquets a été traitée par Buffon, avec ce talent de haute philosophie qui distingue ce peintre sublime de la nature. Nous y renvoyons nos lecteurs , pour passer de suite à l’étude des caractères distinctifs du genre perroquet, dont nous terminerons l’histoire en di- sant quelques mots de leurs mœurs et de leurs habitudes.
Les Perroquets rangés parmi les Grimpeurs, et de la tribu des Zygo- dactiles , ont un bec gros , fort et dur , comprimé par les côtés , à bord tranchant , convexe dessus et dessous ; la mendibule supé- rieure , crochue et aiguë vers le bout , emboîte l’inférieure qui est arrondie et retroussée. Cette dernière est fixe , tandis que la men- dibule supérieure est très mobile. Les pâtes sont composées de deux doigts antérieurs à moitié réunis ; le doigt interne est toujours tourné en arrière avec le pouce. Les trois premières pennes de l’aile sont à peu près égales et les plus longues de toutes. La langue est épaisse, charnue et arrondie. Le larynx assez compliqué, est garni de chaque côté de trois muscles propres. C’est sans doute à cette structure de la langue et à cette perfection dans l’appareil vocal , que nous devons attribuer la grande facilité qu’ont les perroquets d’imiter la voix humaine.
~ 57 —
Les Perroquets étaient peu connus des anciens, et les premiers que l’on vit en Europe furent envoyés par Alexandre , pendant son expédition dans les Indes. La Perruche désignée aujourd'hui sous le nom de grande Perruche à collier, fut d’abord la seule espèce connue des Grecs et des Romains. « La beauté de ces oiseaux , dit Buf- « fon , et leur talent d’imiter la parole , en firent bientôt un objet de « luxe chez les Romains. Le sévère Caton leur en a fait un reproche.
« Ils logeaient cet oiseau dans des cages d’argent , d’écaille et d’i- « voire ; et le prix d’un Perroquet fut quelquefois plus grand chez « eux que celui d’un esclave ». Les Perroquets se trouvent répandus dans l’ancien et le nouveau continent. 11 y a des îles où ces oiseaux sont en si grande quantité, qu’elles ont reçu le nom d’Iles des Perroquets.
La durée moyenne de la vie chez les Perroquets, est de qua- rante ans. Vieillot dit en avoir vu un âgé de quatre-vingts ans. On a donné le nom de Perroquets tapirés à ceux dont le plumage est comme panaché. Cette bigarrure de plumage doit plutôt tenir à la complexion de chaque individu qui , dans cette circonstance , est faible et délicate , qu’à l’infusion avec du sang d’une grenouille d’arbre qu’on prétend que font les habitans de ces contrées dans les pores de la peau de l’animal, après lui avoir arraché quelques plumes. Ce dernier fait nous paraît entièrement faux , et n’a pour lui que le mérite du fabuleux. Les Perroquets font leur nid dans des trous d’ar- bre, et quelquefois dans des trous de rocher. Quelques espèces , dit- on , les composent avec des rameaux et des petites branches entrela- cées, et les suspendent au bout des branches d’arbres. Les auteurs ne sont pas tous du même avis sur ce dernier point. La ponte est communément de deux œufs ; elle se répète deux fois par an. La fe- melle couve seule , du moins dans un grand nombre d’espèces. Le mâle est chargé d’aller chercher les provisions , ce dont il s’acquitte du reste avec la plus grande assiduité. Les Perroquets sont des oi- seaux éminemment destructeurs. On les voit s’abattre par bandes au milieu des vergers et des champs de maïs où fs font le désespoir des Ois. Ex. 8° Liv.
58 —
pauvres cultivateurs nègres. On parvient quelquefois aies faire tom- ber seulement étourdis , en leur lançant des flèches dont l’extrémité est couverte d’un bourrelet de coton. Quelques Indiens les prennent encore aux lacets : pour cela , ils se cachent dans des cabanes cons- truites avec des branchages et placées au pied des arbres. Ils ont de longues perches , à l’extrémité desquelles sont attachés des nœuds coulans. Les Perroquets arrivent souvent en bandes , aux cris d’un Perroquet privé qu’on a soin de tenir caché dans la petite cabane , et c’est alors qu’on les saisit par le cou. Cette chasse ressemble beau- coup, comme on peut le voir, à celle que nous appelons en France , chasse à la pipée ; avec cette seule différence , qu’au lieu de lacets , nous nous servons de gluaux , c’est-à-dire , de petites tiges de bois enduites de glue , que l’on dispose çà et là sur les branches des principaux arbres qui entourent la cabane. On peut quelque- fois s’emparer des Perroquets en faisant brûler certaines plantes aux pieds des arbres sur lesquels ils sont juchés. La fumée les enivre et les force à tomber. Lorsqu’on veut corriger les Perroquets de leurs cris trop rauques et trop importuns , on leur donne ce que les Indiens appellent des camouflets. Ce sont des bouffées de tabac qu’ils leur envoient dans le visage.
Les Perroquets font leur nourriture habituelle de baies et de fruits qu’ils di lacèrent avant de les avaler. Ils ont soin de dépouiller de leur péricarpe les amandes, les graines et les pépins. Les fruits du bananier, la baie du café , les fruits du palmier , la muscade et les graines du carthame, sont pour eux des mets délicieux. Une fois en domesticité, ils vivent indifféremment de tout ce que nous mangeons.
La viande, le poisson et le sucre en particulier, peuvent leur être présentés comme nourriture : ils s’en accommodent volontiers. Il faut bien se garder de leur donner des amandes amères dont ils paraissent être très friands ; car leur mort serait presque certaine. Ils ne man- gent pas de suite ce qu’on leur offre , et montrent surtout beaucoup de circonspection quand c’est un mets dont ils n’ont pas encore goûté. Les Perroquets sont sujets au mal caduc , maladie fort grave et fort
— 59' —
dangereuse pour eux , et qui est caractérisée par des espèces d’accès épileptiformes. Le remède à opposer à cette affection, consiste à sai- gner l’oiseau à la pâte. La femelle des Perroquets apprend tout aussi bien à chanter que le mâle ; mais de même que dans l’espèce hu- maine , où l’activité des facultés intellectuelles va en décroissant à mesure que le principe vital vient à s’user, on trouve les vieux Per- roquets indociles aux leçons qu’on veut leur donner, et il est très rare qu’on puisse parvenir à leur apprendre à parler. Non seulement ces oiseaux , en vivant parmi nous , se font à nos goûts et à nos habitu- des , mais on les voit souvent manifester plusieurs sentimens propres à l’espèce humaine, tels que l’amitié, la jalousie et la haine.
La famille des psittacidés comprend un grand nombre de genres. Nous nous bornerons à partager le genre Perroquet en quatre grou- pes : les Aras , les Kakatoès , les Perruches et les Perroquets propre- ment dits.
- 60 —
PREMIER GROUPE.
ARA,
Les Aras sont de grandes espèces remarquables par la richesse de leur plumage. Le nom d’Ara leur vient du cri qu'ils font entendre. Leur caractère distinctif consiste dans la nudité de leurs joues; celles- ci , dans l’état de nature , sont blanches , et si l’on vient à passer la main dessus , on enlève une poussière blanchâtre , semblable à de la farine. La queue est très longue et très étagée ; les mandibules sont très fortes. Les Aras sont moins faciles à apprivoiser que les autres Perroquets ; ils sont moins intelligens et n’apprennent que très diffi- cilement à parler. Ils mordent fréquemment. Leur morsure est dan- gereuse, Leur voix est très désagréable. Ces oiseaux ne se recomman- dent réellement que par la beauté de leur plumage. Les Aras font leurs nids dans des troncs de vieux arbres pourris , où ils portent de la sciure pour y déposer leurs œufs. On est parvenu dans ces derniers temps , à la ménagerie du Jardin des Plantes , à faire reproduire des Aras. On a eu soin pour cela de les placer dans des conditions à peu près semblables à celles où ils se trouvent dans l'état de nature. Ainsi , on les a laissés seuls dans un cabinet assez spacieux , éloignés du bruit et du monde. On a disposé un tonneau percé d’un trou ? re- présentant , jusqu’à un certain point , un tronc d’arbre , et au bout de quelque temps , on les a vus s'accoupler et déposer des œufs dans leur nid. Les Aras se nourrissent principalement des fruits du palmier- latanier. On dit que lorsqu'ils sont pressés par la faim , ils peuvent manger impunément des fruits du mancenillier, qu'on sait être un poi- son violent pour l'homme; mais ce fait est loin d'être bien prouvé. Chez nous, les Aras se nourrissent principalement de chenevis. La chair de ces oiseaux n’est pas mauvaise à manger. Elle fait de bon bouillon que ne dédaignent pas les Indiens.
Les Aras appartiennent à l'Amérique méridionale.
— 61 —
ARA MACAO,
PSITTACUS MACAO. LINN.
Ara rouge, buff.
L’Ara Macao est le plus grand de tous les Aras. Sa riche robe de pourpre en fait un des oiseaux les plus beaux de son espèce. La plus grande partie de son plumage est colorée en rouge carmin foncé. Cette couleur existe sur la tête, le cou, les petites couvertures supérieures et inférieures des ailes ; sur la gorge, la poitrine et le ventre. Le des- sus des ailes est coloré en vert jaunâtre. Dans sa partie moyenne , les grandes pennes sont d’un bleu d'azur, avec des reflets violets. Le croupion et les couvertures supérieures de la queue sont d’un bleu d’outre-mer. Nous devons faire ici une remarque au sujet de la queue du Macao ; c’est que cet oiseau , ayant l’habitude de se percher sur les branches des arbres, empêche par le frottement que sa queue n’at- teigne toute sa longueur, et ne conserve tout son lustre ; c’est ce qui fait que nous ne le possédons jamais dans nos collections avec ses dimensions naturelles. Les couleurs de la queue du Macao varient beaucoup. Il y en a qui l’ont entièrement bleue ; d’autres qui l’ont rouge et terminée de bleu.
L’individu sur lequel nous avons fait notre description , offre dans les couleurs de la queue la distribution suivante : Les trois pre- mières pennes de chaque coté sont bleues ; celle d’après , est rouge à sa naissance et bleue à son extrémité. Les quatre du milieu sont d’un beau rouge cramoisi dans une grande partie de leur étendue , et terminées par du bleu à leur extrémité. Les joues nues de l’Ara Macao offrent des rangées de petites plumes rouges. Les ongles et les pâtes sont noirs. Cet oiseau est , dit-on , très sujet aux convul- sions, surtout quand il est juché sur une barre de fer. Il se produit sans doute là un effet dû à l’électricité. Il faut donc avoir soin de ne le laisser se percher que sur des juchoirs en bois.
L’Ara Macao tire son nom de l’île où Ton prétend, à tort, qu'il se trouve, Cet oiseau, ainsi que tous ceux de son espèce, habite les
— 62 —
climats chauds de l’Amérique , les Antilles , le Mexique , etc. , mais on ne l’a jamais trouvé dans l'Asie.
ARA RAUNA.
Ara bleu. buff.
Le front et le sommet de la tête de cet oiseau sont d'une couleur verdâtre. Un large collier de plumes noires se dessine tout autour de la gorge. Tout le dessus du corps , c'est-à-dire, le derrière de la tête et du cou , le dessus du dos , des ailes, du croupion et le dessus de toute la queue sont d'un bleu d'azur des plus beaux. La poitrine, le ventre et les plumes des tarses sont d’un jaune luisant magnifique. Cette couleur se prolonge de chaque côté du cou , en remontant près des joues. Les yeux sont d'un jaune pâle. Le bec et les ongles sont noirâtres.
Malgré ces belles couleurs , malgré ce riche manteau de bleu d'a- zur qui recouvre sa poitrine toute dorée , l’Ara Rauna paraît redou- ter la rivalité du superbe Ara Macao. Aussi, dans son humeur ja- louse , lui livre- t-il de fréquens combats toutes les fois qu'il le ren- contre sur son passage. Il paraît que l’Ara-Rauna ne prononce pas le mot ara d’une manière aussi distincte que les autres oiseaux de son espèce. Cette seule différence dans le cri permet , dit-on , aux sauva- ges de reconnaître , sans les voir, le rouge et le bleu.
L’Ara-Rauna habite les mêmes pays que le Macao.
— 63 —
ARA HYACINTHE.
PSITTACUS HYACHINTINUS. LATH.
Nous conservons parmi les Aras, TAra Hyacinthe qui , pour quel- ques auteurs est une perruche ara , et qui , en définitive , devrait être rangé parmi les Araras , à cause de ses joues qui sont presque entièrement couvertes de plumes.
Tout le plumage de cet oiseau est d’un beau bleu d’outre-mer foncé. Cette couleur a une teinte plus faible sur la tête que partout ailleurs. Les parties inférieures de l’oiseau offrent des reflets violets. Le bec et les tarses sont noirs.
L Ara Hyacinthe fait son nid comme les autres aras, dans les trous d’arbres ; mais assez souvent aussi dans des trous qu’il creuse sur les bords perpendiculaires des rivières. Vieillot dit avoir vu à Paris , un Ara-Hyacinthe qui imitait parfaitement la voix humaine et les diffé- rens bruits qu’il entendait.
£3*» O
— 54
DEUXIÈME GROUPE.
£
KAKATOÈS.
Les Kakatoès appartiennent à l’ancien continent , à l’Asie et à la nouvelle-Hollande ; leur cri est kakato ou kakatoès , d’où leur nom a été tiré. Ils se distinguent des véritables Perroquets auxquels du reste ils ressemblent beaucoup , par une huppe qui est placée sur le som- met de leur tête. Cette huppe est mobile et donne un caractère parti- culier à la physionomie de l’oiseau : celui-ci est-il en colère ou ému par la joie , il redresse sa huppe et en forme une espèce de panache qui vient encore ajouter à la beauté de son plumage. Leur queue est carrée comme celle des perroquets proprement dits. Les Kakatoès apprennent très difficilement à parler; mais ils sont très intelligens. En général, ils sont d’un caractère très doux. Ils aiment beaucoup qu’on les caresse. On les apprivoise très facilement. Il y a dans tous leurs mouvemens des ondulations pleines de grâce et de douceur.
Buffon parle de deux Kakatoès qu’on vit en 1775 à la foire Saint- Germain, à Paris , très remarquables par leur grande docilité. Ils ré- pondaient par différens signes muets aux questions que leur adressait leur maître. Ils indiquaient le nombre de personnes qui étaient dans la chambre , l’heure qu’il était , la couleur des habits , etc. Le bec des Kakatoès est excessivement fort , et il semble qu’ils aient un be- soin continuel de l’exercer sur des corps durs. Aussi faut- il avoir soin de ne pas les laisser en liberté dans un appartement. Les meu- bles les plus précieux ne seraient pas épargnés. Il suffit de leur don- ner quelques morceaux de bois qu’ils puissent briser à leur aise , pour ne plus craindre de dégât de leur part. La voix des Kakatoès est moins criarde que celles des Aras. Ils se nourrissent de fruits , de lé- gumes , de pâtisseries et de toutes les graines farineuses.
— 65 —
KAKATOÈS A HUPPE BLANCHE.
PSITT ACUS CRISTATUS. LINN.
Le Kakatoès à huppe blanche est à peu près de la grosseur d’une poule. Tout son corps est d’une blancheur éblouissante. Le dessous des ailes et des pennes latérales de la queue sont légèrement teintées de jaune. Sa tête est surmontée d’une superbe huppe blanche , composée de six ou douze grandes plumes implantées sur deux lignes parallèles. Quand l’oiseau redresse sa huppe, il relève en même temps une partie des plumes du cou. Quand la huppe est baissée, il ramène par dessus, les plumes des côtés de la tête. Les yeux sont noirs, entourés d’une peau d’un blanc éclatant. Le bec, les pieds et les ongles sont noirs.
KAKATOÈS A HUPPE JAUNE.
PSITTACUS SULPHUREUS. LINN.
Le plumage de cet oiseau est, ainsi que celui du précédent, de la plus grande blancheur. Une huppe jaune , composée de longues plu» mes douces et effilées, sert à le distinguer du Kakatoès à huppe blan- che , et lui a mérité le nom de Kakatoès à huppe jaune , sous lequel les auteurs l’ont décrit. L’œil est entouré d’une peau blanche; l’iris est rougeâtre ; le bec et les pieds sont noirs.
Cet oiseau , ainsi que tous ceux de son espèce , est très doux et très docile. On parle d’un Kakatoès à huppe jaune , qui vivait en très bonne intelligence avec le chat d’une maison. Il avait retenu le nom que les maîtres du lieu avaient donné au chat son ami. Si par hasard ce dernier était endormi , le Kakatoès tournait autour de lui , en pro- nonçant son nom, d’abord à voix basse, puis haussant le ton jusqu’à ce qu’il l’ait réveillé. Si le sommeil du chat était trop profond, le Kakatoès lui pinçait légèrement les oreilles ou la queue. Le chat se réveillait alors , et donnait en signe de caresse un léger coup de pâte à l’oiseau, avec lequel il se mettait à courir et à jouer. Çe fait prouve que chez ce Kakatoès , il y avait combinaison de deux idées , puis- qu’il attachait l’idée d’une forme à la consonnance d’un son.
Ois. Ex. 9e Liv,
— €6 —
TROISIÈME GROUPE,
PERRUCHE.
Nous n’avons pas grand chose à dire sur les caractères distinctifs des perruches ; ce sont tous les caractères des perroquets propre- mentdits, qui formeront notre quatrième et dernier groupe. Leur taille évidemment plus petite que celle des perroquets, suffira pour les distinguer de ces derniers dont la queue est généralement courte, presque carrée et non étagée. 11 ne sera pas permis de les confondre avec les Aras, puisqu’elles ont les joues couvertes de plumes; l’ab- sence de huppe sur la tête, établit aussi une ligne de démarcation bien tranchée entre les perruches et les kakatoès.
Buffon avait divisé les perruches , en perruches à longue queue, et en perruches à queue courte. Les premières se subdivisaient en perruches à longue queue également étagée, et en perruches à longue queue inégalement étagée. Comme il nous est impossible de décrire ici toutes les espèces dont se compose ce groupe nombreux , nous ne suivrons pas cette classification.
Les perruches se trouvent dans le nouveau et l’ancien continent; elles sont aujourd’hui très répandues en Europe et particulièrement en France. Leur caractère est très doux. Elles apprennent facile» ment à parler.
— 67 —
PERRUCHE A COLLIER ROSE
PSITTACUS TOROUATUS, GMEL.
Un collier du rose le plus tendre, se dessine autour du cou de cet oiseau, sans l'envelopper entièrement. Ce collier se réunit en avant à un autre collier de couleur noire ; ce dernier est formé par deux rangées de plumes noires qui partent de chaque côté en dessous de la mandibule inférieure, et vont en remontant se perdre insensible- ment avec les plumes du collier rose. Le dessus de la tête, du dos, du croupion, et les couvertures des ailes sont d’un beau vert de pré. La gorge, la poitrine et le ventre sont également verts. Les grandes pennes des ailes sont un peu plus foncées que le reste du corps. Un vert jaune couvre les pennes de la queue en dessous; les deux pen- nes du milieu sont d'un vert bleuâtre en dessus. Les pieds sont gris; l’iris d’un jaune rougeâtre.
Cette espèce très recherchée à cause de sa tournure gracieuse et de sa grande docilité, se trouve en Afrique et dans une grande partie de l’Inde; sa voix est douce et agréable ; on peut lui apprendre facile- ment à parler.
PERRUCHE A COLLIER JAUNE.
Un joli collier jaune se dessine d'une manière fort agréable à côté du beau bleu tendre qui recouvre toute la tète de cet oiseau. Le der- rière du cou, le dos, toutes les couvertures des ailes , le croupion et les couvertures du dessus de la queue sont colorés en vert. Les gran- des pennes des ailes portent chacune extérieurement, un liseré jaune citron; tout le dessous du corps est d’un vert un peu jaunâtre. Les quatre pennes intermédiaires de la queue sont bleues, et chacune d’elles se termine par une palette d’un blanc jaunâtre; les pennes latérales sont vertes et marquées de jaune à leur extrémité. Le bec est d’un jaune citron; les pieds sont gris.
— 68 —
PERRUCHE A CHAPERON BLEU.
Le cou et tout le dessus de la tête sont d’un bleu magnifique; cette couleur est distribuée de manière à représenter une espèce de cha- peron d’où est venu à l’oiseau le nom de perruche à chaperon bleu. Les joues sont d’un beau rouge pourpre. Un large écusson delà même couleur que le chaperon, occupe toute la poitrine ; cette plaque bleue dont est recouvert tout le sternum, est séparée de la couleur bleue de la gorge, par une bande rouge qui s’étend de chaque côté sur les flancs, jusque sur les plumes qui enveloppent les tarses. Le dos, le croupion et tout le dessus de la queue sont d’un très beau rouge cramoisi. Les petites couvertures des ailes sont également rouges; le reste des ailes est noir, avec quelques taches ouges sur le bord d’un petit nombre de pennes. Le bec est de la même couleur que les joues, les pieds sont d’un gris rougeâtre. Se trouve aux Moluques.
PERRUCHE A TÊTE JAUNE.
PERRICHE A TÊTE JAUNE. BUFF.
PSITTACUS GAROLINENSIS. GMEL.
Le derrière de la tête et tout le tour du cou sont d’un jaune gomme» gutte assez clair, qui se change en rouge orangé sur le front, le haut de la tête, et les joues. Le dos, le croupion et le dessus de la queue sont d’un vert plus ou moins jaunâtre. Les ailes également vertes , présentent sur leur bord quelques taches d’un jaune rougeâtre. Le des- sous du corps est d’un vert légèrement jaunâtre, beaucoup moins foncé que le dessus du corps. Les yeux sont jaunes. Le bec est d’un blanc jaunâtre. Les pieds sont gris.
Cette perruche se trouve à la Guyane; elle voyage beaucoup, et se répand jusque dans la Caroline et la Virginie.
— 69 —
PERRUCHE A TÊTE BLEUE.
PERRUCHE DES MOLUQUES. BUFF.
PSITTACUS HOEMATOPUS. GMEL.
Tout le dessus de la tête , les joues et le devant de la gorge de cette perruche, sont d’un beau bleu d’azur mêlé de nuances violacées; cette même couleur existe sur tout le ventre, et se trouve séparée de la première par une large bande d’un beau rouge vif qui enveloppe la poitrine, et prend une teinte jaunâtre à mesure qu’elle s’avance sui- tes flancs. Un demi-collier jaune ceint le haut du cou en arrière. Le dessus du corps , les ailes et les couvertures supérieures de la queue sont d’un vert bleuâtre; ies grandes couvertures des ailes sont mélan- gées de vert, de rouge et de jaune. La queue est longue et étagée ; le dessous de celle-ci est d’un jaune sale. Le bec est rouge en dessus, et jaunâtre en dessous. Les pieds et les ongles sont noirâtres.
La perruche que nous venons de décrire se reconnaîtra toujours facilement à sa tête constamment bleue. La variété de couleur que présente la perruche à tête bleue suivant ses différens âges, explique les dissidences qui régnent à cet égard parmi les auteurs. Nous avons cru, pour plus d’exactitude, devoir emprunter la description de la perruche à tête bleue, à l’ouvrage de Levaillant tqui en a vu un grand nombre aux Moluques, leur pays natal, et entre autres un mâle et une femelle, vivant dans une ménagerie du cap de bonne-Espé-
rance
— 70 —
PERRUCHE SOUFRE.
Tout le plumage de cette perruche est d’un jaune de soufre; cette couleur est un peu plus foncée sur le dos que sur le corps; le bec et les pieds sont d’un jaune un peu rougeâtre; la queue également jaune est composée de pennes étagées.
Levaillant fait observer que les perroquets verts ou rouges , sont sujets à devenir jaunes, ce qui le porterait à considérer la perruche soufre comme n’étant qu’une variété de la perruche à collier rose qui serait passée au jaune, mais comme il n’a vu qu’un seul individu de l’espèce que nous décrivons , il conserve la perruche soufre comme une espèce à part.
PERRUCHE LORI PAPOU.
LE PETIT LORI PAPOU. SONN. VOY.
PSITTA.CUS PAPUENSIS. GMEL.
Cette perruche, une des plus élégantes et des plus rares, a sur le sommet de la tête, une large tache bleue, irrégulière, et qui s’étend un peu sur la nuque, où elle devient noire; le reste de la tête est d’un beau rouge , ainsi que le derrière du cou, la gorge, la poitrine, le ventre, les flancs et les couvertures du dessous de la queue. On remarque de chaque côté de la poitrine, en haut et en bas, deux espèces de taches d’un très beau jaune. Il y a entre les cuisses une bande d’un noir violet ; les plumes des jambes sont de cette dernière couleur; la partie supérieure du dos, les scapulaires, toutes les cou- vertures des ailes sont d’un vert foncé. Les grandes pennes ont leur bord externe d’un vert également foncé ; elles sont noirâtres dans leur partie interne. Le croupion et les grandes couvertures du des- sus de la queue sont d’un beau bleu ; les pennes de cette dernière sont verdâtres supérieurement, et d’un jaune orangé à leur extrémité. Le revers de la queue est jaune; le bec est rouge, et les pieds sont d’un brun rougeâtre.
La perruche Lori Papou habite la terre des Papoux où les naturels se servent de ses plumes pour se parer. Cette perruche étant prépa- rée delà même manière que les oiseaux de paradis, on s’explique faci- lement pourquoi les descriptions qui en ont été faites se sont toujours éloignées de la vérité.
PERRUCHE OMNICOLORE.
PSITTACUS EXIMIUS. SHAW.
La Perruche omnicolore , ainsi nommée , parce qu’en effet elle réunit à elle seule les couleurs primitives dans tout leur éclat, se distingue par sa tête et le devant de sa poitrine, qui sont d’un rouge pourpre magnifique. Les joues et le dessus de la gorge sont d'un beau blanc ; le reste du corps est d’un jaune pâle qui passe au vert à mesure qu’on arrive aux parties les plus inférieures. Les plumes du derrière du cou et celles du haut du dos, sont d’un jaune verdâtre , mêlé de petites plaques noires, et formant comme une espèce de tapirage. Les petites couvertures du poignet de l’aile sont d’un beau violet; les grandes couvertures du devant sont d’un lilas tendre. La queue qui est étagée, a les quatre premières pennes les plus extérieures de couleur lilas ; la suivante de chaque côté est extérieurement d’un beau bleu d’azur ; celles du milieu sont vertes.
Cette perruche habite les régions australes. L’individu que Levaii- lant a publié dans son histoire des perroquets avait appatenu à José- phine, femme de Bonaparte.
— 72 —
QUATRIÈME GROUPE.
PERROQUETS PROPREMENT DITS.
Nous placerons dans notre quatrième et dernier groupe les perro- quets proprement dits, qui se distinguent des Aras par leur queue courte et carrée ; des Kakatoès, par l’absence de huppe, et des perru- ches parleur taille évidemment plus grosse, et leur queue qui n'est jamais étagée ni en fer de lance ; bien qu’il se trouve des Perruches qui aient aussi des queues carrées , mais plus longues que celles des Perroquets. Nous réunissons aux Perroquets, les Lorris dont Buffon avait cru pouvoir former un groupe à part, à cause de leur couleur , qui est généralement rouge et qui, en résumé, sont de véritables Per- roquets, dont ils réunissent du reste tous les caractères physiques.
Les Perroquets ont une manière toute particulière de saisir les ob- jets qu’on leur présente. Us avancent d’abord la pâte avec lenteur , renferment l’objet dans l’espèce d’anneau formé par leurs deux doigts de devant et de derrière réunis, et le portent ensuite à leur bec avec la plus grande nonchalance. S’ils ont dans leur cage des noyaux de fruits qui présentent une rainure, ils ont soin de placer le bord tranchant de leur bec dans la rainure du noyau, parviennent de cette manière à l’ouvrir avec la plus grande facilité , et font leur délices de l’amande qu’il contient.
Quand ces animaux sont en captivité, ils arrachent souvent leurs plumes pour les broyer. M. Latreille avait un Perroquet qui vécut quatre ans sans plumes; il se les était toutes arrachées, et ressemblait, comme le disent les auteurs qui rapportent ce fait, à un poulet qu’on va mettre à la broche.
Les Perroquets, comme on le sait, ont été dans tous les temps fort à la mode. On parle d’un Perroquet qui fut acheté cent écus d’or
73 —
par un cardinal de l’ancien temps, parce qu’il répétait par cœur son jpater noster. Terminons ici ces généralités, pour passer à la descrip tion des espèces les plus remarquables.
LORI UNICOLOR.
Nous n’avons pas besoin de nous étendre longuement sur l’éty- mologie du nom de cet oiseau. Chacun peut facilement s’en rendre compte en voyant l’uniformité de couleur qui règne sur tout son plumage. La tête, le cou, la poitrine, le ventre , les couvertures des ailes, celles de la queue et la queue elle-même, sont d’un très beau rouge cerise. Les grandes pennes alaires sont brunâtres vers leur extrémité.
Le bec est rouge , les pieds sont d’un d’un brun rougeâtre.
Ce Lori se trouve aux Moluques.
PERROQUET A TÊTE GRISE.
PSITTACUS SEXEGALUS. LINN.
Le dessus de la tête est d’un gris cendré. Cette couleur devient plus foncée sur les joues, le cou et la poitrine. Le derrière du cou est vert; cette couleur descend jusque sur le devant de la poitrine, où elle forme une espèce de plastron. Le reste du dessous du corps est jaune souci. Le dos, le croupion, la queue et les ailes sont verts. Les pennes alaires sont grisâtres à leur extrémité. Le bec et les pieds sont noirâtres*
Cet oiseau , dont le corps est un peu moins fort que celui des Perroquets, a une démarche lourde et épaisse. Il habite le Sénégal.
Ois. Ex.
oe Liv.
— 74
LORI TRICOLOR .
PSITTACUS LORY. LATH.
Ce bel oiseau qui se trouve dans Tîle des Moluques , a tout le des- sus de la tête noir. Le devant et les côtés du cou , les flancs , le bas du dos, le croupion et le dessus de la queue, sont d’un rouge magnifique. Le ventre et les jambes sont d’un très beau bleu. La poi- trine , qui est également rouge, est traversée par des bandes bleues inégales et comme déchirées. Une large plaque bleue, mêlée de quel- ques taches rouges, recouvrant toute la partie supérieure du dos et s’é- tendant sur les parties latérales du cou , se trouve séparée du noir de la tête par un collier d’un rouge semblable à celui de la gorge. Le dessus des ailes est vert. Celles-ci , vues en dessous , sont rou- ges dans leur partie supérieure , jaunes dans leur partie moyenne et noires à leur partie inférieure. L’extrémité de la queue est bleue. Le bec est d’un beau jaune orangé et les pieds noirâtres.
Ce Lori est facile à apprivoiser. Il est plein de douceur , et ap- prend facilement à siffler. Il peut prononcer quelques mots.
— 75 —
LE MAÏPOURI.
PSITTACUS MELANOCEPHALUS. LINN .
Buffon a fait de l’oiseau que nous allons décrire , un petit genre à part , auquel il donne le nom de Maïpouri , et qu’il place entre les Perriches et les Papegeais. Nous conserverons, suivant Brisson et Linnée, le Maïpouri parmi les Perroquets, en faisant toutefois remar- quer que son corps est un peu moins gros que celui des autres Per- roquets.
Le nom de Maïpouri vient de ce que l’oiseau fait entendre un sif- flement tout à fait semblable à celui du Tapir , quadrupède désigné à Cayenne sous le nom de Maïpouri. Tout le dessus de sa tête est noir. On remarque au pourtour de la paupière inférieure , une ran- gée de petites plumes verdâtres. Un demi-collier de couleur jaune doré , enveloppe le dessus du cou. Les côtés de la tête , la gorge et la partie inférieure du cou , sont d’un assez beau jaune clair ; cette couleur se réunit de chaque côté au jaune doré du dessus du cou. La poitrine et le ventre sont colorés en blanc jaunâtre. Les plumes des jambes et du bas-ventre, sont d’un jaune également doré. Le dos , le croupion , les couvertures supérieures des ailes et les pennes de la queue , sont d’un beau vert luisant. Les grandes pen- nes des ailes sont bleues à l’extérieur et noires à l’intérieur. Le bec est gris. Les pieds sont d’un gris noirâtre.
Cet oiseau n’apprend point à parler. Il est impossible de l’élever en domesticité. Il refuse la nourriture et se laisse mourir de faim.
76
PERROQUET MASCARIN.
PSITTACUS MASCARINUS. LATH.
Le front, le devant des joues et tout le tour du bec , sont noirs . Cette couleur descend à droite et à gauche sur les parties latérales du cou, en y formant une espèce de cravate ; le reste de sa tête et le cou, sont d'un gris cendré un peu violeté. Le haut du dos , le croupion, les ailes et toutes les couvertures, sont d’un brun rouge tirant sur le chocolat au lait. La poitrine et tout le dessous du corps, sont également bruns, mais d’un ton bien plus clair. Les pennes la- térales de la queue sont blanches à leur naissance et brunes dans tout le reste de leur étendue. Le bec est rouge et les pieds couleur de chair.
Cet oiseau se trouve à Madagascard.
PERROQUET LORI RADHIA.
Le nom de Radhia , qu’on lui donne aux Moluques , signifie , à ce qu’il paraît , Roi des Loris. Deux couleurs qui tranchent d’une ma- nière remarquable à côté l’une de l’autre, servent de parure au plu- mage de ce Perroquet. Tout le dessus des ailes , les jambes et le de- vant du cou, sont d’un beau jaune doré. Une tache d’un jaune éga- lement doré existe sur le sommet de la tête. Tout le reste du plumage, c’est-à-dire , les joues , le front , la poitrine , le ventre , le dos , le croupion et la queue , sont d’un rouge cerise éclatant.
Le bec est jaune d’ocre; les pieds sont noirâtres.
77 —
LE PERROQUET A TÊTE JAUNE.
PSITTACUS OCHROCEPHALUS. LINN.
Le dessus cle la tête , ainsi que les joues , sont d’un beau jaune ci- tron ; cette même couleur existe à l’angle supérieur de Taile. Les plumes qui entourent les tarses sont également jaunes. Le derrière du cou , le dessus du dos et les couvertures supérieures des ailes , sont d’un beau vert brillant. Parmi les grandes pennes des ailes , il y en a qui sont vertes, d'autres noires, mélangées de violet. Une de ces pennes présente, à peu peu près vers la partie moyenne de l’aile et à son bord externe, une tache d’un très beau rouge de vermillon. La poitrine et le ventre sont d’un vert un peu plus clair que celui du des- sus du corps , et mélangé d’un peu de jaune. Les pennes de la queue sont vertes. Les pieds sont gris et les ongles noirs. Le bec est rose à sa base et gris dans le reste son étendue.
LE JACO OU PERROQUET CENDRÉ.
PSITTACUS ERITHACUS. LINN.
Le Perroquet cendré est une des espèces les plus communes en Europe. Tout son plumage est d’un gris ardoisé. Les plumes de la tête, du cou, et principalement celles du ventre et du croupion sont d’un gris mêlé de blanc. La queue qui est courte et carrée, est d'un beau rouge. Il existe autour de l’œil, une peau blanche, nue et farineuse. Le bec est noir. Les pâtes sont grises. Le mot de Jaco, dit Buffon, que cet oiseau paraît se plaire à prononcer, est le nom sous lequel on le désigne ordinairement ; celui de Per- roquet cendré nous paraît bien préférable, puisqu’il indique la cou-
78 —
leur de ranimai; tandis que celui de Jaeo s’applique indifféremment au Perroquet cendré, à celui à tête jaune et à quelques autres espè- ces. Quoiqu’il en soit, le Perroquet Jaco est une espèce très répan- due en France, et particulièrement à Paris où il est devenu fort à la mode, malgré, nous pourrions dire, peut-être avec plus de raison, à cause de son prix très élevé. Il est aujourd’hui du meilleur ton d’avoir dans son salon, un Perroquet- Jaco à qui l’on prodigue force caresses et friandises. Un fils unique de la maison ne serait pas mieux choyé. Il est vrai de dire que cet oiseau n’est point un ingrat, qu’il rend caresses pour caresses, et qu’il sait par sa grande docilité, re- connaître tous les soins et les attentions délicates dont l’entoure sans cesse son maître ou sa maîtresse. Il apprend à parler avec une très grande facilité, imite de manière à s’y méprendre, les éclats de rire, les cris, les pleurs des enfans, le miaulement du chat et les aboie- mens du chien. On a pu entendre, il y a quelques années, dans une des galeries du Palais-Royal, un perroquet de l’espèce que nous dé- crivons, imiter avec une vérité vraiment surprenante, le tambour qui bat la retraite ou le pas de charge. Il connaissait aussi très bien par cœur sa théorie militaire, et aurait pu, je crois, commander un régiment avec toute l’assurance d’un vieux général.
Scaliger dit avoir vu un Perroquet qui imitait la danse des Sa- voyards, en répétant leur chanson. Aldrovande fait aussi l’histoire d’un perroquet de Henri VIII, qui, tombé dans la Tamise, appela les bateliers à son secours, comme il avait entendu les passagers les ap- peler du rivage. Le Perroquet cendré nous est apporté de la Guinée.
- 79
GENRE TOUCAN
RAMPHASTOSi LINN.
Les Toucans rangés dans l’ordre des passereaux , de la tribu des zygodactyles, et de la famille des ramphastidès, offrent les caractères distinctifs suivans : Le bec est composé de deux mandibules très longues et très larges ; la supérieure, surtout, est d’une forme dispro- portionnée. Le bec des Toucans est comprimé, beaucoup plus large à sa base qu’à sa pointe. Il est terminé supérieurement par une crête. Le bord des mandibules , mais surtout celui de la mandibule supé- rieure, offre des dentelures. Cet énorme bec, qui, au premier aspect, pourrait faire supposer que l’oiseau ne peut exercer que très diffici- lement l’action du vol, n’est recouvert que par une lame de substance cornée fort peu épaisse, et qu’on pourrait briser facilement en la comprimant un peu entre les doigts. Dans le reste de son épaisseur, ce bec offre le même aspect que les os spongieux; c’est-à-dire, qu’il est composé de cellules très écartées les unes des autres , de sorte que sous un volume assez grand , il se trouve avoir une pesanteur spécifique très peu considérable. Les narines qui sont très difficiles à voir, consistent en de très petits trous placés près de la rainure qui unit le bec au crâne. La langue des Toucans présente une particula- rité bien remarquable : cette langue est une espèce de filament qu’on pourrait comparer à une lanière longue et très fine de jwchemin, sur les côtés de laquelle sont implantées des barbules, de la même manière que sur la tige d’une plume; aussi, a-t-on dit que la langue des Toucans était une plume. Les pieds des Toucans ont deux doigts devant et deux derrière, ce qui range naturellement ces oiseaux dans l’ordre des passereaux zygodactyles.
Les habitudes des Toucans sont peu connues. On sait pourtant qu’ils sont omnivores ; mais c’est principalement de fruits qu’ils se
— 80 —
nourrissent. Us vont aussi, à ce qu’il paraît, visiter les nids des au- tres oiseaux, pour y dévorer les œufs et même les petits oiseaux qui viennent d’éclore. Si on présente un fruit à un Toucan, il le saisit avec la pointe de son bec, et comme sa langue est insuffisante pour diriger le bol alimentaire dans le fond de son gosier, il lance le fruit en l’air, ouvre le bec, et le reçoit dans le fond de son vaste gosier. Son bec quoique très gros , est trop faible pour pouvoir broyer ou inciser les alimens. Si on jette un morceau de pain au Tou- can, celui-ci V engloutit en happant, comme ferait un chien; si au contraire il est forcé de ramasser sa nourriture à terre, il ne la prend que de côté pour la faire sauter ensuite, et la recevoir. On croit généralement dans le monde, que les Toucans se nourris- sent de poissons, mais ils ne peuvent tout au plus qu’en avaler de très petits. Cette croyance vient sans doute, de ce que ces oiseaux se tiennent souvent dans les terrains humides et sur le bord des eaux où naissent les palmiers, arbres dont ils aiment beaucoup les fruits. Les Toucans vont par petites troupes. Leur vol est lourd ; on les voit cependant se percher sur des arbres très élevés où ils sautillent et s’agittent sans cesse. Ils nichent dans des trous d’arhres, mais ne percent pas, comme on l’a dit avec leur bec qui est trop faible pour cela, le tronc de ces derniers. Nous rangerons parmi les Toucans, le genre Aracari qui se rapproche beaucoup des premiers ; mais qui of- fre pourtant quelques différences qui permettent de distinguer ces deux genres. Les Aracaris sont d’une taille plus petite que celle des Toucans ; leur bec est beaucoup moins allongé et d’une substance plus dure et plus solide ; leurs narines sont percées à la partie supé- rieure du bec, mais de haut en bas, et non pas d’arrière en avant. La queue des Aracaris est plus longue et un peu étagée. Du reste, les mœurs sont les mêmes que celles des Toucans.
81
/
LE TOUCAN DE PARA.
Le devant du cou et de la poitrine de ce Toucan , est d’un très beau jaune orangé. Une large bande de couleur rouge est séparée du jaune orangé par une bande transversale moins large, d’un jaune ci- tron. Le reste du ventre est noir. Tout le dessus du corps, c’est-à- dire , la tête , le dos, les ailes, le croupion et la queue sont d’un noir luisant. Les couvertures du dessus et du dessous de la queue sont rouges. Une ligne noire entoure la base du bec. Au devant de cette ligne ? se trouve une bande jaunâtre transversale , qui s’étend un peu sur le bord supérieur de la mandibule supérieure. Le bec est noir dans tout le reste de son étendue. Les jambes , les pâtes et les ongles sont noirs.
LE TOUCAN A BEC ROUGE.
TOUCAN-TOC AN. VAILL.
Les joues , toute la partie antérieure , ainsi que les parties latéra- les du cou sont d’un blanc légèrement jaunâtre ; la couleur jaune- soufre , à peine marquée à la partie supérieure du cou , devient plus foncée à mesure qu’elle s’approche de la poitrine. Le ventre , qui est noir dans toute son étendue , est séparé de la poitrine par une bande d’un très beau rouge. Le dessus de la tête , du cou et du dos , les ailes entières , le croupion et le dessus de la queue sont d’un noir velours magnifique. Les petites couvertures du dessus de la queue , à barbes très fines et décomposées , sont d’un joli jaune qui tranche très agréablement sur le noir delà queue. Les couvertures du dessous sont du même rouge que la bande transversale de la poi- trine.
Le bec est d’un rouge-brun dans la plus grande partie de sa lon- gueur. On remarque à sa base, à droite et à gauche de chaque man- Ois. Ex. i ie
— 82
dibule , trois bandes tranversales , dont Finie beaucoup plus large que les deux autres de couleur noire , et entre lesquelles elle se trouve comprise, est d’un jaune-verdâtre. Toute la partie du bec qui s’articule avec le crâne de l’oiseau , est circonscrite par celle des deux bandes noires qui est la moins large. L’arête arrondie que présente la mandibule supérieure, est d’un jaune-verdâtre dans toute son étendue.
Les yeux sont entourés d’une peau nue bleuâtre. Les tarses , les pieds et les ongles sont noirs.
La femelle est un peu plus petite que le mâle , auquel elle ressem- ble d’ailleurs en tous points , si ce n’est qu’elle a entièrement le de- vant du cou d’un blanc pur sans mélange de jaune.
Cet oiseau est très commun dans les forêts des environs de Cayenne et de Surinam.
ARACARI KOULIK DE LA GUI ANE.
RAMPHASTOS PIPER1VORUS. GMEL.
Le mot Koulik indique le cri de cet oiseau ; c’est le nom que lui donnent les habitans de la Guiane. La tête , le cou et la poitrine sont noirs. Le bas-ventre , les plumes des jambes sont d’un vert-oli- vâtre très foncé , et offrant la couleur de rouille vers les cuisses. Ces plumes d’un jaune doré, recouvrent les oreilles. On remarque vers la partie supérieure du dos qui est d’un bleu très foncé , un collier de jaune également doré. Les scapulaires, le dos, le crou- pion , les couvertures supérieures de la queue , les ailes et le dessus de la queue sont d’un vert-jaunâtre. Les couvertures du dessous de la queue sont rouges. La pointe des pennes de la queue est marquée d’une tache de roux-marron. Les deux mandibules sont rouges à leur base et noires dans le reste de leur étendue. Les pieds sont bleuâtres, les ongles noirs.
— 83
La femelle se distingue du mâle , en ce qu’elle ne porte pas de collier jaune derrière le cou. La poitrine , le ventre et les flancs sont gris , au lieu d'être noirs. La tache jaune des oreilles est aussi beaucoup moins vive que chez le mâle.
ARACAR1 A CEINTURE ROUGE.
ARACARl GRIGRI. BU FF .
Ramphastos Aracari. gmel. Tucanus Aracarii. linn. Toucan vert du Brésil, briss.
La tête et le cou sont noirs. La poitrine et le ventre , de couleur jaune , sont traversés par une bande rouge qui s’élargit à mesure qu’elle avance vers les flancs. Le dessus du dos , des ailes et de la queue est d’un vert olivâtre. Le croupion est rouge. Les couver- tures du dessous de la queue sont jaunes. Les plumes des jambes sont jaunes verdâtres.
Le bec présente à la mandibule supérieure , des dentelures très prononcées. La mandibule inférieure est d’un très beau noir; la supérieure est blanche. Elle présente une ligne noire sur toute la longueur de son arête supérieure. A la base de cette mandibule, on remarque une ligne noire qui descend de chaque côté des narines, et se prolonge jusqu’à la première dentelure. Les yeux sont jaunes , la peau nue qui les entoure est bleuâtre.
Les pieds sont verdâtres et les ongles noirs.
Cet Aracari abonde dans laGuiane , où il fait beaucoup de dégâts dans les plantations de bananes et de café.
La femelle de l’Aracari à ceinture rouge , diffère peu du mâle ;
seulement , sa taille est plus petite et le bec est plus court. Le rouge de la poitrine est très faible. Quant aux autres couleurs , elles sont les mêmes.
84
GEMEE PIC.
PICUS. LINN.
Les Pics , de l’ordre des Passereaux et de la tribu des Z y go dac- tyles , ont servi à former la famille des picidés. ÏIs ont pour carac- tères distinctifs un bec long et droit d’une substance excessivement forte et dure , plus ou moins gros vers sa base , cannelé et présen- tant une arête longitudinale sur sa mandibule supérieure ; une langue éminemment contractile, effilée et semblable à un ver de terre, visqueuse et armée à son extrémité de petites épines dirigées en arrière , à l’aide desquelles l’oiseau peut piquer les insectes , si l’espèce de glu qui recouvre la langue ne suffit pas pour les retenir. On avait pensé long-temps que la langue du Pic devait être très longue. Cette erreur prenait sa source dans la grande facilité qu’a l'oiseau , en raison d’une disposition toute particulière de l’appareil hyoïdien , de projeter très loin sa langue qui est ren- fermée dans une espèce de fourreau , et qui loin d’être longue , est au contraire excessivement courte. La queue des Pics présente une organisation qui mérite de fixer un instant notre attention. Les tiges des plumes qui la composent sont très fermes, résistantes et élastiques. Aussi les Pics se servent-ils souvent des pennes de la queue pour s’appuyer, lorsqu’ils grimpent le long des arbres. La queue fait ici office d’une troisième jambe, ce qui explique l’usure des barbes à l’extrémité des tiges de chaque penne caudale. Les pieds , toujours robustes , ont quatre doigts , deux devant et deux derrière. Le doigt externe est très fort, le pouce est très petit; les doigts sont armés d’ongles recourbés en demi-cercle, très robustes et très acérés. Les ailes sont obtuses et d’une utilité tout à fait accessoire. Les Pics s’accrochent à l’écorce des arbres , contre lesquels ils grimpent en en parcourant toute la circonfé- rence, et se dirigeant tantôt de bas en haut, tantôt de haut en bas.
— 85 —
Ces oiseaux se nourrissent principalement d'insectes. Ils ne se con- tentent pas d’aller les chercher dans les trous qui existent tout faits dansées arbres ; mais on les voit plus souvent encore, à la faveur de l’épaisseur de leur crâne et des muscles puissans de leur cou, frapper à coups redoublés sur l’écorce avec leur bec dur et vigoureux , enta- mer la substance du bois , la réduire en fragmens et arriver enfin jusqu’à Finsecte contre lequel ils dardent leur langue visqueuse et épineuse , afin de le retirer par ce moyen du fond de sa retraite et l’avaler ensuite. Cette manière de chasser est surtout mise en usage par les Pics dont le bec est le plus robuste, et qui vont à la découverte des grosses larves retirées pfus profondément dans l'épaisseur des couches ligneuses ; il arrive souvent aussi que lorsque les Pics ont donné plusieurs coups de bec sur un côté de l’arbre , ils se portent précipitamment sur le point diamétralement opposé , afin de guetter l’animal qui, réveillé et mis en mouvement par l’ébranlement com- muniqué au tronc, cherche quelquefois à s’échapper de ce côté. C’est principalement sur les arbres vermoulus que les Pics vont chercher leur nourriture , sans doute parce qu’ils reconnaissent au son que donnent ces arbres, que ce sont eux qui fournissent le plus d’insec- tes. Si, d’une part, on considère que ces oiseaux ne s’adressent le plus souvent qu’à des troncs à moitié morts , et que de l’autre ils tuent une grande quantité d’insectes, ils devront être considérés comme des êtres plutôt utiles que nuisibles, et dès lors on concevra difficile- ment pourquoi les paysans des contrées qu’ils habitent , les poursui- vent avec autant d’acharnement. La manière de vivre des Pics exige de leur part une grande activité et des travaux bien rudes et bien pénibles. Ces oiseaux vivent isolément et nichent dans des trous d’arbres. Leur voix consiste en un cri rauque. Ils sont assez familiers et se laissent facilement apprivoiser. Us montrent du reste peu d’at- tachement.
— 86
LE PIC A OREILLES BICOLOR.
PICUS ROBUSTUS. ILLIG.
La tète de cet oiseau est surmontée d'une très belle huppe rouge , composée de plumes très fines qui se jettent en arrière. Les joues , qui sont noires , se trouvent traversées par une moustache rouge , au-dessus de laquelle se trouve une ligne blanche dont l’extrémité est jaune du côté du bec. Cette ligne se prolonge sur les parties laté- rales du cou. Au-dessous de la mandibule inférieure, existe une pe- tite surface triangulaire , recouverte de petites plumes blanches à leur circonférence et noires à leur centre. Le cou et la poitrine sont noirs. Le ventre et les flancs sont comme zébrés. Le dos , les ailes et la queue sont noirs. Une bande longitudinale de plumes blanches existe de chaque côté du dos.
Le bec est d'un gris noirâtre. Les pieds sont noirs.
Cette espèce habite le Brésil.
PIC A FACE ROUGE.
PICUS ERYTHROPS. CUV.
Toute la tête et le col sont d’un beau rouge. Les plumes de la tête très longues , très fines et à barbes décomposées , forment une touffe épaisse qui simule un peu une huppe , mais moins bien ca- ractérisée que dans le Pic à oreilles bicolor. La poitrine et le ventre sont jaunâtres , avec des raies noires transversales. Le dos est égale- ment jaunâtre. Les ailes sont noires. Les grandes pennes présentent çà et là des taches d’un roux assez vif. Le dessous des ailes est rous- sâtre, avec de larges bandes noires. La queue toute entière est noire
Le bec est blanc jaunâtre. Les pâtes sont noires.
Cette espèce se trouve au Brésil.
- - 87 —
LE PIC A BAGUETTES DORÉES.
PICUS AURATUS. GMEL.
Cette espèce, qui tient au genre des Pics, parla queue et les pieds, s’en éloigne par la forme du bec, qui ne présente point ces cannelures dont nous avons parlé. La tête et le derrière du cou du Pic à baguet- tes dorées, sont d’un gris foncé. On remarque derrière Focciput une espèce de demi -collier d’un très beau rouge. Des angles du bec, par- tent deux grandes moustaches noires ; ces moustaches n’existent pas chez la femelle. La couleur de café au lait règne sur tout le devant du cou et de la poitrine. Cette dernière est traversée par une large pla- que de couleur noire, qui a la forme d’un croissant. Le ventre est d’un blanc jaunâtre ; les plumes qui le recouvrent ainsi que celles d’une partie de la poitrine, sont terminées par des yeux noirs qui produi- sent un effet très agréable. Le dos. est brun , avec des lignes trans- versales noires. Les ailes , de la même couleur que le dos , également rayées de noir, ont leurs grandes pennes d’un brun un peu plus foncé. Les tiges de ces dernières sont d’un très beau jaune doré. Le croupion est blanc. Les couvertures de la queue sont blanches avec des raies noires. La queue est noire. Les tiges de ses grandes pennes sont aussi d’un jaune doré.
Le bec et les pieds sont gris.
Ce Pic se trouve en Canada , en Virginie et à la Caroline.
— 88 —
PIC A C AM AIL ROUGE.
PICUS ERYTROCEPHALUS. GMEL.
La tête et tout le devant du cou de ce Pic sont d’un très beau rouge. Tout le dessous du corps est blanchâtre. Le dos est noir. Le croupion est blanc. Les ailes sont noires et blanches. Le dessus de la queue est noir. Les couvertures du dessous sont blanches.
Le bec est d'un gris foncé ; les pieds sont gris, les ongles noir£.
— 89
GENRE COUCOU.
CUCULUS. linn.
Les Coucous sont rangés parmi les passereaux, et appartiennent à la famille des Cuculidés. Leur bec est petit ; la mandibule supé- rieure est légèrement arquée ; les tarses sont courts, emplumés à leur partie postérieure, leur partie antérieure restant entièrement dénudée. Les pâtes ont quatre doigts : deux devant et deux derrière, (tribu des Zygodactyles). Les ailes sont subaiguës. Les mœurs des Coucous offrent trop d’intérêt, pour que nous ne nous y arrêtions pas un instant. Tous le monde sait que la femelle du Coucou ne construit pas de nid, qu’elle ne couve jamais ses œufs, et qu’elle va les déposer dans le nid d’autres oiseaux, auxquels elle confie le soin de les couver pour elle. Ce fait connu des anciens, remonte jusqu’à Pline et Aristote; mais comment la femelle du Coucou s’y prend-elle dans cette circonstance ? c’est ce qu’on ignora fort long-temps, jus- qu’à ce que le hasard vint fournir à Levaillant l’explication de cette espèce de mystère ornithologique. Parmi les cinq cents Coucous que tua, pendant son voyage au Cap, ce studieux et infatigable na- turaliste, il s’en trouva un qui présentait dans la région du cou, une saillie assez considérable. Levaillant voulut, comme c’était son habitude, toutes les fois qu’il venait de tuer un oiseau à la chasse, lui enfoncer dans le bec une petite pelotte de filasse, afin d’empê- cher le sang de couler par ce dernier, et de gâter les plumes ; mais ayant éprouvé une résistance assez considérable, il examina attenti- vement le fond de la gorge, et découvrit un œuf de Coucou. Plus de doute alors. Il fut constaté que c’est avec son bec qui est natu- rellement assez fendu, que l’oiseau transporte ses œufs. M. Florent- Prévost, naturaliste distingué, attaché au Muséum d’histoire natu- relle de Paris, a étudié avec l’esprit observateur qu’on lui connaît, les mœurs de notre Coucou de France; il l’a suivi jusque dans les
Ois. Ex. 12e Liv.
— 90
lieux qu’il habite, et a remarqué qu’il pond d’abord son œuf à terre, le saisit ensuite avec son bec, puis part en voltigeant au milieu de la forêt, ainsi chargé de son précieux fardeau.
La femelle du Coucou a bien soin de ne pas placer ses œufs dans des nids d’oiseaux qui pourraient dévorer ses petits quand ils seraient éclos. Aussi, sont-ce des nids de fauvettes, de bruans ou de ver- diers, qu’elle choisit ordinairement. Souvent, elle les y dépose de vive force ; il lui arrive aussi de retirer un ou deux œufs du nid, quand celui-ci lui paraît trop petit pour les contenir tous. Quelque- fois la propriétaire du nid s’aperçoit de la fraude , brise les œufs du Coucou, ou bien se décide à les couver avec les siens. Il en ré- sulte que les malheureux parens auxquels appartient le nid, sont obligés plus tard, pour satisfaire la gloutonnerie des nouveaux nour- rissons, de leur donner la plus grande partie de la nourriture au dé- triment des petits légitimes. Il n’est pas vrai, comme on l’a dit, que le Coucou dévore la mère qui le nourrit; seulement, quand il a acquis une certaine grosseur, comme le nid n’est plus assez large pour lui, il pousse ses frères de lait à droite et à gauche, et finit par les faire tomber. Si les petits n’ont pas été brisés dans leur chute, ils se rou- lent dans la mousse, restent au pied de l’arbre, et la mère partage ses soins entre les siens et le Coucou.
Le plus souvent, la femelle du Coucou ne dépose qu’un seul œuf dans chaque nid, et s’il lui arrive d’en laisser deux, c’est alors que les deux Coucous devenus un peu gros, se gênent mutuellement, et finissent par se livrer un combat qui a pour résultat l’expulsion de l’un des deux. La mère Coucou reste ordinairement aux environs des nids où elle place ses œufs, et veille sur ses petits. Ceux-ci ayant acquis assez de force pour voler, s’échappent du nid et viennent près de leur mère légitime qui continue à leur donner des soins.
Les explications n’ont pas manqué , quand il s’est agi d’interpré- ter les moyens de transport des œufs du Coucou. M. Florent-Pré- vost dont nous avons déjà cité le nom, nous paraît avoir résous la question d’une manière satisfaisante. Il a remarqué que les mâles
du Coucou sont plus nombreux que les femelles, ce qui est le con- traire dans les autres espèces. Ces mâles restent cantonnés chacun de leur côté dans un petit bois, pendant le temps des amours. Une seule femelle est donc forcée d’aller visiter plusieurs mâles à des dis- tances assez considérables , de sorte qu’après une première ponte, elle se trouve obligée d’abandonner ses œufs, pour aller de suite remplir ses devoirs de femelle. Les Coucous se nourrissent d’insectes et de fruits ; mais ils doivent être regardés comme des oiseaux principale- ment insectivores. Les lépidoptères sont leur nourriture favorite. Ils mangent peut-être aussi quelquefois les œufs d’autres oiseaux ; mais il est bien peu probable que les petits oiseaux soient, comme on l’a dit, dévorés par les Coucous. Une pareille version a sans doute pris sa source dans la ressemblance qui existe entre la couleur du Coucou et celle de l’épervier. L’instinct de migration est très prononcé chez les Coucous. Le docteur Gaspard a observé à l’époque du départ de ces oiseaux, une agitation très remarquable, chez de jeunes Coucous qu’il tenait captifs; et cet instinct de migration est tellement déve- loppé chez ces derniers, qu’ils finissent par mourir lorsqu’on veut les élever en cage.
— 92 —
COUCOU CUIVRÉ.
CUCULUS CUPREUS. LATH.
La tête, le cou et la poitrine sont d’un vert-cuivré magnifique. Les plumes qui recouvrent ces parties ont la forme de petites écail- les, et' sont' imbriquées "comme les tuiles d’un toit. Le reste du des- sous du corps est d’un jaune-serin des plus tendres. La couleur vert-cuivré du cou et de la poitrine, existe aussi sur le dos, les ailes, les couvertures de la queue et la queue elle-même. Les deux pennes externes de la queue présentent en dessus, des bandes transversales vertes et blanches, et en dessous, des bandes blanches et noires.
Le bec et les pâtes sont bruns.
Se trouve au Cap de Bonne-Espérance.
COUCOU DIDRIC.
CUCULUS AURATUS. GMEL. ET LATH.
Le nom de Didric, donné à ce Coucou par Levaillant, exprime le ramage de l’oiseau. Le dessus de la tête, du dos, des couvertures et des ailes est d’un très beau vert doré. Les yeux sont comme sur- montés d’un petit sourcil blanc, qui se prolonge en arrière assez loin sur le cou. Une très petite bande blanche, placée sur le sommet de la tête, semble partager celle-ci en deux parties égales. Les ailes et la queue sont tachetées de blanc. Tout le dessous du corps de l’oi- seau est d’un beau blanc, avec des bandes d’or transversales sur les flancs et les jambes.
Les yeux sont d’un jaune orangé. Le bec, les pieds et les ongles sont bruns.
La femelle a à peu près la taille du mâle, et en diffère fort peu sous le rapport des couleurs ; seulement, le blanc de la gorge et de la la poitrine est un peu roussâtre. Toutes les parties qui, chez le mâle
— 93 —
sont d’un vert doré, sont d’un vert roussâtre chez la femelle. Les bandes blanches de la tête ne sont pas aussi bien marquées chez cette dernière. Le chant du mâle se compose de ces syllables, di-di-di-didric . La femelle n’a qu’un cri exprimé par ces mots, wic-wic .
Cette espèce de Coucou est excessivement nombreuse dans les fo- rêts de l’Afrique , où Levaillant dit en avoir tué plus de cinq cents à la chasse.
GENRE BARBU.
BUCCO. LINN.
Classés dans l’ordre des passereaux, de la tribu des Zygodactiles, et de la famille des Pogonidés, les Barbus offrent pour caractères, un bec gros, conique, comprimé latéralement, garni à sa base de poils roides, dirigés en avant. La bouclie est fendue jusqu’au dessous de l’œil. La mandibule inférieure est convexe en dessous, de manière qu’elle regarde en haut. Les Barbicans et les Tamatias sont deux sous-genres qui se distinguent des Barbus proprement dits, Les pre- miers, par deux dents à la mandibule supérieure qui est cannelée sur les côtés, et dont l’arête est mousse et arquée ; les seconds, par un bec un peu plus allongé et plus comprimé, et dont la mandibule supérieure est terminée par un crochet.
Tous ces oiseaux ont un port massif, une démarche lourde , un air stupide et silencieux. Ils habitent toujours l’épaisseur des forêts où ils se tiennent perchés de préférence sur les branches basses. Jamais on ne les voit dans les plaines. Ils vivent tous isolés. Il est assez facile de les approcher. Les Barbus font leur nid dans des ar- bres creux. Ils se nourrissent de fruits et de gros insectes.
BARBU A PLASTRON NOIR, vaill.
BUCCO TORQUATUS.
Le front, les joues et la gorge sont d’un très beau rouge carmin. Le derrière de la tête et les parties latérales du cou sont noirs. Un large camail de cette même couleur couvre la poitrine et va en re- montant, se réunir au noir des parties latérales du cou.
Le dos , les ailes , leurs couvertures et la queue sont d’un brun rougeâtre. Les dernières pennes alaires sont bordées de jaune à leur côté externe. Le dessous du corps, y compris les couvertures infé- rieures de la queue, est jaune. Les flancs sont blanchâtres.
Le bec est noir; les pieds plombés et les barbes noires.
Cet oiseau appartient au Nouveau-Monde.
95
BARBU A CEINTURE ROUGE, vaill.
On remarque sur le sommet de la tête une petite plaque noire, au devant de laquelle en existe une autre d’un rouge vif, qui recouvre tout le front. L’occiput, le derrière et les côtés du cou sont ainsi que le dos, les ailes tout entières et la queue, d’un joli vert pré. Les peti- tes couvertures du dessus de la queue sont jaunes.
Le dessous du corps généralement blanc, est traversé par un joli ruban rouge. Le ventre est d’un blanc un peu jaunâtre. Toutes les plumes de la gorge, de la poitrine et du ventre sont mouchetées de noir.
Le bec et les ongles sont brun noir; les pieds sont d’un brun jau- nâtre.
Cet oiseau dont la patrie n’est pas bien connue , paraît habiter l’Inde.
LE BARBICAN.
POGONIAS MAJOR. CUV. BUCCO DÜBIUS. GMEL.
La tête, le derrière du cou etlehaut du dos sont noirs. Le dessous du corps est partagé en deux parties par une bande transversale noire qui s’élargit sur les flancs. Tout ce qui est au-dessus de cette bande est d’un rouge très vif; tout ce qui est au-dessous est également d’un très beau rouge, mêlé de jaune. Les flancs sont d’un blanc jau- nâtre , mêlé d’un peu de rouge. Les ailes , le croupion et la queue sont noirs. Sur le milieu du dos existe une plaque blanche.
Le bec rouge à sa base , est jaune blanchâtre à son extrémité. Les barbes de la base du bec sont noires. Les pieds sontjaunes. Les yeux sont d’un brun rougeâtre.
La femelle du Barbican ressemble à son mâle ; seulement sa taille est un peu moins grosse, et les couleurs rouges et jaunes sont moins vives.
La voix du Barbican est forte. Il niche dans les troncs d’arbres.
Cet oiseau se trouve dans une grande partie de l’Afrique, où il ha- bite les forêts.
— 96 —
BARBU A GORGE NOIRE.
BUCCO NIGER. LINN.
Une plaque rouge de forme ovalaire se dessine sur le front de cet oiseau.
Les yeux sont surmontés d’une petite bande jaune, dont l’extré- mité postérieure qui est blanche va en s’élargissant à mesure qu’elle descend sur le cou.
Une large plaque blanche qui part de la commissure des deux mandibules et s'étend sur les parties latérales du cou, est séparée de la petite bande jaune par une espèce de ruban noir. La gorge est noire ; cette couleur descend jusque sur la poitrine , où elle se ter- mine en pointe. Tout le reste du dessous du corps est jaune. Le der- rière de la tête et du cou sont noirs ainsi que le dos et les couvertu- res des ailes qui sont marquées de tâches jaunes. Il existe quelques taches blanches à la partie supérieure de l’aile, sur les plumes scapu- laires. Le croupion, les couvertures du dessus de la queue sont jaunâtres. JUa queue est noire avec des bordures jaunes sur les bar- bes extérieures de ses pennes.
Le bec est noirâtre. Les pieds plombés.
Les yeux sont bruns.
La femelle du Barbu à gorge noire est plus petite que le mâle. La plaque du front est moins grande et d’un rouge moins beau. En géné- ral , toutes les couleurs de la femelle sont beaucoup moins vives que celles du mâle. Les tâches jaunes sont aussi moins nombreuses.
Cette espèce habile les forêts, sur les côtes est et ouest de l’Afrique.
— 97
TAMATIA A PLASTRON NOIR, OU GRAND ï AM ATI A.
BUCCO MACROCHYNCHOS. LINN.
La tête, dont les plumes forment une espèce de huppe, est noire. Le front est blanc. Les yeux sont ombragés d’un sourcil de cette dernière couleur. Le derrière du cou, la gorge et le haut de la poi- trine sont d’un blanc très pur. Une espèce de plastron noir traverse la poitrine. Le ventre est d’un blanc sale; les flancs sont blancs avec des taches noires.
Tout le dessus du corps y compris la queue, est d’un noir un peu terne. Les plumes qui recouvrent ces différentes parties sont bordées de blanc.
Le bec est noir ainsi que les barbes qui sont à sa base. Les ongles sont noirs ; les pieds bleuâtres.
Ce Tamatia, très commun à Cayenne et à Surinam, habite l’inté- rieur des forêts.
TAMATIA A COLLIER NOIR.
BUCCO CAPENSIS, GMEL.
La gorge et le devant du cou sont d’un blanc de neige. La poitrine est ceinte d’un collier noir, plus large sur les côtés qu’à la partie moyenne. Le reste du dessous du corps est d’un fauve léger. Toute la tête est d’un roux assez vif. Les plumes de cette partie, très fines et très douces au toucher , forment une espèce de touffe ; elles pré- sentent des petites lignes noires , dirigées transversalement. Un demi-collier noir se dessine à la partie postérieure du cou. Ce collier vient se joindre par devant à celui de la poitrine. Le dos, les cou- vertures des ailes et le dessus de la queue sont d’un brun roux plus foncé que celui de la tête. Toutes ces parties rousses , sont également
traversées par de petites lignes noires. Les grandes pennes alaires Oi.s. Ex. i3e Liv.
— 98 —
sont noirâtres. De longs poils noirs, durs et raides, sont implantés à la base du bec.
Tout le bec est rouge, excepté l’arête supérieure qui est noire.
Les pieds sont d’un brun rouge.
Cet oiseau se trouve à Cayenne.
CrEMBE CSOüROUCÛIL
TROGON. LiiNN.
Les Couroucous sont de l'ordre des passereaux , de la tribu des Zygodactyles et de la famille des Pogonidés. Le bec court, très large en arrière, est garni à sa base de soies dirigées en avant. Il existe de petites dentelures sur le bord des mandibules. La mandibule su- périeure offre un petit crochet à sa pointe. Les narines orbiculaires, situées près de l’origine du bec, sont couvertes par les soies. Les tarses sont courts et emplumés. Le plumage des Couroucous , remarquable en général par la richesse des couleurs et des reflets brillants , est formé de plumes très fines et à barbes décomposées. Le port de ces oiseaux est très lourd ; ils se tiennent toujours loin des lieux habités et recherchent l'intérieur des forêts. Leur nourri- ture se compose de larves , de coléoptères et de baies.
Le nom de Couroucou a été tiré du cri que font entendre ces
oiseaux.
— 100 —
COUROUCOU ORANGA.
La poitrine de cet oiseau est d’un beau bleu violet, avec des reflets quelquefois verts. Tout le reste du dessous du corps est jaune. La tête est d'un noir violeté.Le haut du dos, les scapulaires, le croupion et les couvertures du dessus de la queue sont d’un vert d’émeraude doré. Les couvertures des ailes sont très finement rayées de blanc. Les grandes pennes alaires sont noires ; celles du milieu de la queue sont d’un beau vert bleu : les pennes externes présentent sur toute leur longueur des lignes transversales blanches et noires.
Le bec est jaune; les pieds sont bruns.
Le Couroucou Oranga se trouve à Cayenne.
La femelle ne diffère du mâle que par son ventre blanc.
COUROUCOU ROSALRA.
levaill. Mono., pl. 6.
La gorge et la poitrine d’un très beau vert d’émeraude sont sépa- rées du ventre qui est rouge, par une bande d’un blanc très pur. La tête, le dos, le croupion et les couvertures de la queue sont d’un vert doré magnifique. Les couvertures des ailes sont noires, avec de très petites rayures blanches. Les grandes pennes alaires sont également noires, et liserées de blanc à leur côté externe. Les pennes du milieu de la queue sont du même vert que le dos et la tête. Les pennes ex- ternes sont noires avec des raies blanches. Le dessous de la queue offre entièrement la même disposition de couleur et de raies que le des- sus des pennes externes. Le bec est jaunâtre. Les pâtes sont noires.
Cet oiseau habite les mêmes lieux que le précédent.
— 101 —
COUROUCOU TEMNURE.
TROGON TEMNURUS. TEMM.
La tête est noire avec des reflets tantôt violets et tantôt verts, sui- vant le jour sous lequel on la regarde. Les couvertures des ailes, le dos , le croupion et les couvertures de la queue sont d’un beau vert doré. La gorge* la poitrine et le ventre sont d’un gris cendré. Les plumes qui enveloppent les tarses, celles de la région anale, et les couvertures inférieures de la queue sont d’un rose très vif. Les pen- nes qui forment les grandes couvertures des ailes, sont blanches à leur extrémité. Le côté externe des grandes pennes alaires offre des petites barres transversales, dont les unes sont blanches, les autres noires. Le dessus de la queue offre ainsi que la tête, de très beaux reflets violets ou verts, suivant les incidences de la lumière. L’ex- trémité de chaque penne caudale est échancrée , comme si on eut donné un coup de ciseau à chacune d’elles.
La mandibule supérieure est noire; l’inférieure est rouge. Les pieds sont bruns.
Cet oiseau se trouve à Cuba.
COUROUCOU ROUSSEAU.
TROGON ARBENS. TEMM.
La tête est d’un brun foncé ; la gorge est noire. Toute la poitrine et le ventre ont la couleur d’ocre-jaune. La nuque, le dos et les sca- pulaires sont d’un brun -jaunâtre. Le croupion et les couvertures su- périeures de la queue , sont à peu près de la même couleur que le ventre et la poitrine. Les couvertures des ailes sont rousses , et pré- sentent des petites raies noires très fines. Les remiges sont noires avec un liseré .blanc sur le bord externe de leurs barbes. Les deux
— 102 —
pennes du milieu de la queue sont rougeâtres et terminées par une bande noire. Les deux qui suivent sont noires, et les latérales de chaque côté noirâtres à leur base, et blanches dans le reste de leur étendue.
Les pieds sont gris. La base du bec est bleue et la pointe orange.
Cet oiseau se trouve dans l’Inde.
COUROUCOU DUYAUCEL.
TROGON DUVAUCELIÏ. TEMM.
La tête et la partie supérieure du cou sont d’un beau noir. Il existe au-dessus de l’œil une petite plaque bleue; une plaque de la même couleur, mais un peu plus large , couvre en partie la joue. La cou- leur bleue de cette dernière plaque se prolonge sur les mandibules et tout le bec. La partie inférieure du cou, la poitrine, tout le ventre, le croupion et la queue sont d’un rouge brillant. La partie supérieure du dos et les scapulaires sont couleur de rouille. Les ailes sont noi- res, rayées finement de blanc. Les deux pennes du milieu de la queue ont une teinte rougeâtre avec une barre noire à leur extrémité. Les deux suivantes de chaque côté, sont noires, et les trois latérales moi- tié noir et blanc. Les tarses sont enveloppées d’une espèce de man- chette de couleur rose. Cet oiseau habite Sumatra. Il porte le nom d’un jeune naturaliste plein de courage, mort au Cap, victime de son zèle pour l’étude, à la suite d’une grave blessure qu’un rhinocéros lui fit à la cuisse. Après un an de souffrance , Duvaucel fut entraîné au tombeau, épuisé par la dysenterie, maladie terrible pour l’Euro- péen débarqué dans ces contrées.
103
COUROUCOU REINWARDT.
TROGOIN REINWARDTII. TEMM.
Toute la tète et les côtés du cou sont d’un vert-olivâtre. La gorge, la poitrine, le ventre et les couvertures inférieures de la queue sont d’un jaune brillant. La poitrine est partagée par une large bande verte. Le dos et le croupion sont d’un vert foncé avec des reflets. Les couvertures des ailes sont traversées par de petites raies vertes et jaunes. Toutes les pennes de la queue sont d’un beau vert bleuâtre à reflets. Les trois latérales sont terminées de blanc.
Le bec est rouge. Les pieds orangés.
Ce Couroucou se trouve à Java.
COUROUCOU PAVONIN.
TROGON PAVONINUS. SPIX.
Ce superbe oiseau, dont le plumage doré rappelle l’élégance et les richesses de la queue du paon, a été décoré du nom de Couroucou Pavonin. La tète est couverte de plumes très fines et à barbes dé- composées qui , en se redressant , forment une huppe d’un beau vert doré. Le cou, la gorge , la poitrine, le dos , les couvertures des ailes et de la queue , sont également d’un très beau vert doré. Parmi les plumes qui forment les couvertures des ailes, il y en a quelques unes qui dépassent les pennes alaires. Celles-ci sont noires. Tout le ventre est rouge-carmin , ainsi que les couvertures du des- sous de la queue qui est toute noire, excepté les pennes latérales, terminées de blanc. Les couvertures supérieures de la queue d’un vert doré, se prolongent bien au-delà de cette dernière.
Le bec est rougeâtre. Les pieds sont bruns.
Cet oiseau habite le Pérou ; on le trouve dans les Cordillères. Les Péruviennes s’en servent pour leur parure.
104
GENEE JACAMAR.
GALBULA. BRIS.
Les Jacamars sont rangés dans l’ordre des passereaux zygodac- tiles et dans la famille des Galbulidés. Le bec est très long et droit ; chaque mandibule est triangulaire ; les narines sont latérales , ovoï- des et couvertes en partie par une membrane. Tarses très courts. Ce sont des oiseaux dont le port est lourd. Ils se tiennent isolés dans les bois humides où ils se perchent sur les branches basses. Ils se nourrissent d’insectes et nichent dans les troncs d’arbres.
LE J AC AM AB.
ALCEDO GALBULA. LINN.
Le dessus de la tête , les joues , les côtés et le derrière du cou , les couvertures des ailes , le dos , le croupion et la queue sont d’un vert doré très brillant, avec des reflets divers, suivant les incidences de la lumière. La gorge est d’un blanc pur ; la poitrine est traversée par une large bande d’un vert doré , semblable à celui des parties supérieures. Tout ce qui est au-dessous de cette bande est couleur de rouille. Les yeux sont brun noirâtre.
Le bec, les ongles et les barbes sont noirs; les pieds jaunâtres.
Cet oiseau se trouve au Brésil.
La femelle ne se distingue du mâle que par la gorge qui est de couleur rousse.
105 —
JACAMAR A LONGUE QUEUE.
ALCEDO PARADISEA. LINN.
Le dessus de la tête est d’un brun nuancé de bleu. La gorge est d’un beau blanc. Il est assez difficile de décrire d’une manière bien exacte les parties supérieures de cet oiseau, tant les reflets sont chan- geants. Cependant on peut dire qu’elles sont en général d’un vert sombre, avec des reflets violets. Les couvertures des ailes sont d’un vert doré. Les deux plumes du milieu de la queue , beaucoup plus longues que les externes, sont de la même couleur que le dos. Les autres sont verdâtres. Le dessous du corps est d’un violet foncé.
Le bec et les pieds sont noirs.
La femelle a la queue moins longue. Le blanc du cou n’est pas aussi étendu ni aussi pur. Les couleurs sont en général plus faibles.
Le Jacamar a longue queue habite la Guiane. Il se nourrit d’insec- tes comme les autres Jacamars.
GENEE TOURACO.
CORYTAIX. j ll. OPOETHUS. vieill.
Les Touracos appartiennent à l’ordre des Passereaux zygodactyles et à la famille des Musophagidés. Le bec est court et fort. La man- dibule supérieure est élevée, toujours convexe et arquée. Elle offre à son extrémité des petites dentelures. Les narines percées dans la corne du bec sont recouvertes par les plumes du front. Il y a quatre Ois. Ex. 14e liiv.
doigts, deux devant et deux derrière. Le doigt externe est dirigé la- téralement. L’oiseau le porte tantôt en avant, tantôt en arrière. Les ailes sont établies sur un type sur-obtus. Nous avons réuni le genre Musophage à celui des Touracos, avec lequel il a de très grands rap- ports, mais s’en distinguant par sa mandibule supérieure dont la base se prolonge sous la forme d’une plaque cornée sur le haut du front.
Les Touracos sont des oiseaux d’un caractère peu déliant, aussi se laissent-ils facilement approcher et prendre aux pièges. Les fruits constituent leur seule nourriture. Le nom de Musophage qu’on leur a ausssi donné vient de ce qu'ils ont une prédilection bien marquée pour les fruits de différentes espèces de musa.
Ces oiseaux habitent l’Afrique.
TOURACO GÉANT.
MUSOPHAGA GIGANTEA. VIEUX.
La tête est couronnée d’une huppe composée de plumes noires. La gorge, le cou et le haut de sa poitrine sont d’un beau bleu de tur- quoise. Le reste du dessous du corps est vert-pré. Le derrière de la tête, du cou, tout le dessus du corps, y compris même le dessus de la queue, sont du même bleu que la gorge. Les couvertures du dessous de la queue et les plumes des cuisses sont d’un brun rougeâtre. Les plumes qui descendent sur les tarses sont bleues. L’extrémité des pennes alaires est noire. Le revers de la queue offre trois bandes : une noire à sa naissance, une autre au milieu, de couleur lie de vin foncé, et la troisième qui est encore noire termine chaque penne caudale.
Le bec est orangé. Les pieds sont noirs.
Cet oiseau se trouve en Afrique.
LE TOURÀCO LOUlli .
CUCULUS PERSA, LATH.
Ce Touraco a, ainsi que ie précédent, la tête surmontée d’une huppe ; mais celle-ci est verte et terminée de blanc. On remarque au-dessous de l’œil un trait blanc qui s’étend depuis le conduit audi- tif jusqu’à la commissure des mandibules. La nuque, le haut du dos, le cou, la gorge, la poitrine et le ventre sont d'un joli vert-pré. Les couvertures des ailes sont ainsi que la queue d’un vert plus foncé. Les remiges sont d’un rouge cramoisi velouté. Les couvertures infé- rieures de la queue et les plumes des tarses sont grisâtres.
Les yeux sont jaunes ; le bec est noir à sa base, et jaune-orangé à sa pointe. Les pâtes sont noires.
Cet oiseau se trouve au Cap de Bonne-Espérance.
MUSOPHAGE VIOLET.
MUSOPHAGA VIOLACEA. LATH.
Les plumes du dessus de la tête sont d’un rouge-cramoisi. Un trait blanc en forme de demi-cercle s’étend de chaque côté, depuis l’an- gle inférieur de l’œil jusqu’à l’oreille. La plus grande partie du plu- mage de cet oiseau est d’un riche violet nuancé de bleu. Les ailes sont mélangées de bleu, de violet et de cramoisi. La queue est d’un violet bronzé. Le bec est jaune-orangé. Les pieds sont noirs-bruns ainsi que les ongles. Les yeux sont cernés par un espace nu et de couleur rouge.
Le Musophage se trouve au Sénégal.
— 108 —
GENRE MENÜRE.
MENURA. lath.
(communément connu sous le nom de lyre.)
Bien que quelques auteurs aient rangé la Lyre, avec raison sans doute, parmi les Gallinacés, nous la conserverons néanmoins avec M. Cuvier, dans Tordre des Passereaux , profitant de la latitude que nous laisse dans cette circonstance la classification zoologique, pour offrir à nos lecteurs l’oiseau le plus remarquable, peut-être, par la forme de sa queue. Nous pensons devoir rappeler ici qu’en décri- vant la famille des Paradisidés, nous y avons aussi placé, à l’exemple de certains naturalistes, le Prince-Régent et le Paradis-Orangé dont tous les caractères sont ceux de véritables Loriots ; nous avons cru, dans un ouvrage intitulé Choix d’Oiseaux exotiques , pouvoir nous permettre une semblable infraction aux règles posées par les mé- thodistes, sans craindre d’encourir le blâme des zoologistes modernes.
La Lyre est classée par M. Cuvier dans l’ordre des Passereaux, et la section des dentirostres. Le bec est triangulaire à la base, allongé, un peu comprimé et échancré vers sa pointe. Les narines sont gran- des, membraneuses, et en partie recouvertes de plumes. Les tarses sont forts et élevés. Il y a quatre doigts, un derrière et trois devant. Ceux-ci sont séparés dans toute leur étendue , ce qui , d’après la division que nous avons admise, place la Lyre dans la tribu des Déodactyles .
— 109 —
LYRE MAGNIFIQUE.
MOENURA NOVÆ HOLLANDIÆ. LATH.
La Lyre, de la grosseur d’un petit dindon , a tout le corps d’un gris brunâtre. Sa queue se compose de seize pennes. Les barbes de la première penne externe de chaque côté, sont longues à l’intérieur et courtes extérieurement. Les deux pennes du milieu n’ont de bar- bules que sur le côté externe ; ces barbules sont serrées. Les deux pennes intermédiaires ont des barbules très écartées des deux côtés. Les deux pennes externes, dont la forme est celle d’un large ruban, traversé par des bandes jaunâtres, se contournent à leur extrémité à la manière d’un S italique , et représentent très exactement les montants d’une lyre, dont les pennes internes de la queue forme- raient les cordes. Le bec est gris, les pieds sont noirs.
Cet oiseau très rare, connu sous le nom de Faisant-Lyre par les Anglais, habite les cantons rocailleux de la Nouvelle-Hollande. Il fait son nid dans les trous de rocher, et se nourrit de différentes substances végétales.
no
GENRE RÜPIGOLE.
RÜP1COL À BRISS. PIPRÀ. LliNN.
L’habitude qu’ont les oiseaux qui composent aujourd’hui le genre rupicole, de gratter la terre pour y chercher leur nourriture, et de fixer leur domicile au milieu des rochers et des cavernes, les avait fait comparer aux Gallinacés, et delà aussi leur était venu le nom de Coq de roches, sous lequel les décrivirent quelques naturalistes. Cette dénomination est tout à fait vicieuse, puisqu’elle tend à établir des rapports entre les Rupicoles et les Gallinacés, rapports qui ne sau- raient être raisonnablement fondés, comme nous allons chercher à le démontrer tout à l’heure. Le bec des Rupicoles est court et robuste. La mandibule supérieure est triangulaire, voûtée et échancrée à sa pointe qui est recourbée en bas. La mandibule inférieure est un peu retroussée et très aiguë. Les narines sont ovoïdes , latérales et ca- chées par les plumes. H y a trois doigts devant et un derrière. Le doigt interne est soudé à sa base, et l’externe jusqu’à la seconde ar- ticulation. Les ailes sont établies sur un type obtus. D’après l’analyse de ces différens caractères, nous sommes conduits à ranger les Rupi- coles dans l’ordre des Passereaux syndactyles , dans la famille des Pipridès et la section des Dentirostres.
Les Rupicoles semblent redouter l’éclat d’une trop vive lumière ; aussi ne sortent-ils guère que le soir et le matin des trous des rochers qui leur servent de demeure, pour aller chercher leur nourriture dans l’épaisseur des forêts. Ils se nourrissent quelquefois d’insectes, mais surtout de baies et de fruits sauvages. Leur vol est rapide mais peu élevé.
— 111 —
COQ DE ROCHE.
TIPRA RUPi COLA. L1NN. ET RATH.
Le Coq de roche, 110m peu scientifique et auquel il faut substituer aujourd’hui celui de Rupicole-Orangé, a la tête surmontée de deux crêtes placées parallèlement, ayant à peu près la forme de celles de nos coqs domestiques. Le plumage de cet oiseau est généralement d’un beau jaune-orangé. Les remiges sont brunes ainsi que les rec- trices qui sont terminées de jaune. Le bec et les pieds sont jaunâtres.
La femelle est d’un brun -verdâtre avec quelques nuances de roux, elle a la huppe beaucoup moins élevée que le mâle. Le nom de Coq de roche a été donné à cet oiseau par les Français qui habitent Cayenne, à cause de la ressemblance qu’ils remarquèrent dans toutes ses habitudes extérieures avec les coqs de nos basses-cours. Ils le désignèrent aussi sous le nom de Coq de bois, mais celui de Coq de roche est préférable, puisque c’est au milieu des rochers qu’il vit habituellement.
Cet oiseau habite l’Amérique méridionale.
COQ DE ROCHE YERD1N.
RUPICOLA VÏRIDIS. TEMM.
Le Coq de roche Verdin, ou plutôt le Rupicoîe-Verdin, est un oi- seau d’un port assez lourd. L’on remarque un petit trait noir près du conduit auditif. Les remiges sont de cette dernière couleur. Il existe sur les couvertures alaires trois bandes transversales également noi- res. Le reste du plumage est d’un beau vert. Le bec et les pieds sont noirâtres. La femelle n’a pas cette petite huppe verte qui chez le mâle existe de chaque côté du front, et s’étend jusque sur le bec. Elle n’a pas non plus le petit trait noir du méat auditif, ni les trois bandes sur les ailes. Cet oiseau se trouve dans î’île de Sumatra.
î
112 —
GENRE MANAKXN.
PIPRA. L1NN.
La huppe dont est surmontée la tête du Coq de roche, parut à Rrisson un caractère suffisant pour former son genre rupicola , dis- tinct du genre manacus. Linnée et Latham réunirent ensuite ces deux derniers genres sous la dénomination commune de Pipra. Il y a en effet, comme on va le voir, une analogie très grande entre les caractères ornithologiques des Rupicoles et des Manakins ; ceux-ci, rangés dans l’ordre des Passereaux syndactyles, de la famille des Pi- pridès, et de la section des Dentirostres , ont un bec court et fort, comprimé vers le bout. La mandibule supérieure a à peu près la même forme que celles des Coqs de roche, seulement un peu moins voûtée. Elle est légèrement recourbée et échancrée à sa pointe. La mandibule inférieure est un peu retroussée et aiguë. Les narines placées sur les côtés du bec, et vers la base, sont en parties recou- vertes par une membrane. Il y a quatre doigts ; un en arrière et trois devant, dont l’interne est uni à l’externe.
Les Manakins, d’une forme généralement petite et gracieuse, ont un plumage paré d’assez vives couleurs. On ne les voit jamais en pleine campagne, ils recherchent l’intérieur des bois frais et humi- des. Ils vont par troupes de huit à dix. Leur nourriture consiste en petits fruits sauvages.
1 13
MANAKIN ROUGE.
PIPRA AUREOLA. LIA A . ET LATII.
La têle, le derrière du cou et la poitrine sont d’un rouge safrané. Le bord du haut de l’aile est jaune. Tout le reste du corps est noir. Le bec et les pâtes sont bruns.
Cet oiseau habite la Guiane.
La femelle a le dessus du corps olivâtre, ainsi que le ventre et la poitrine. La tête est couronnée d’un peu de rouge.
MANAKIN A TÊTE D’OR.
PIPRA ERYTROCEPHALA. L1NN.
Tout le corps est noir, la tête d’un jaune doré, et les cuisses d’un rouge-carmin. Bec et pâtes brunâtres.
Cet oiseau habite les forêts de la Guiane, du Brésil et du Mexique. La femelle n’est pas bien connue.
MANAKIN MILITAIRE.
PIPRA MÎLTTARIS. SHAW.
Une plaque d’un rouge-carmin existe sur le front. La tête et le derrière du cou sont noirs. Les parties latérales de ce dernier, la gorge, la poitrine et le ventre sont gris. Les petites couvertures des ailes et le dos sont noirs. Les grandes couvertures sont vertes. Les remiges sont brunes. Le croupion est rouge. La queue est noire. Le bec est brun. Les pieds sont gris.
MANAKIN TIGE.
PIPRA P A REGLA. LATII.
Tête surmontée d’une huppe rouge. Le manteau bleu. Tout le reste
du corps noir.
Ois. Ex.
i5e Liy.
— 114 —
Le bec est noir, les pâtes jaunâtres. Ce Manakin est très commun au Brésil.
La femelle n’a point de huppe. Plumage d’un vert-olivâtre en des- sus du corps, et d’un vert-jaunâtre en dessous. Légère teinte de gris sur la poitrine.
GENRE GUEPIER
MEROPS. linn.
Les Guêpiers sont de Tordre des Passereaux, de la tribu des Syn- dactyles, de la famille des Méropidès, et de la section des Longiros- tres. Leur bec est grêle, triangulaire à la base, allongé, un peu ar- qué et terminé en pointe. Les narines sont placées de chaque côté à la base du bec, et recouvertes par de petits poils. Les ailes sont suraiguës, ce qui est le type de la plus grande perfection. Leurs tar- ses sont excessivement courts. Ces oiseaux ont fixé au plus haut de- gré l’attention des observateurs. Pourvus d’un vol aussi puissant, ils sont toujours en mouvement. On les voit en troupe, voguant sans cesse au milieu des plaines de l’air, et recherchant surtout les insectes que les autres oiseaux savent éviter avec le plus grand soin, tels que les frelons, les abeilles et les guêpes. Leur peau qui est très ferme, peut facilement les préserver de la piqûre de ces insectes. On les voit encore raser la surface des eaux, pour y faire la guerre aux insectes de tout genre. Dans Pile de Candie on prend des Guê- piers à la ligne, en attachant aux hameçons des sauterelles qui peu- vent encore s’agiter en volant. La peau des Guêpiers répand, dit-on, une odeur fort agréable. Ces oiseaux déposent leurs œufs dans les trous d’arbres ou de rocher. Les services qu’ils rendent en détrui- sant les insectes, les ont fait révérer dans certains pays.
GUÊPIER GRIS-ROSE.
LEVAILL. IIIST. PART. LES GUEP. N° 5.
Tout ie dessus du corps de cet oiseau est d’un gris ardoisé. L’œil est cerné par un bandeau noir qui se prolonge en arrière sur les par- ties latérales de la tête, et se termine en avant par une bifurcation; au dessous de ce bandeau existe une large bande blanche. Tout le reste du dessous du corps , y compris les couvertures de la queue qui porte deux filets dans son milieu, est d’un rose foncé. Le bec et les pieds sont noirs. La femelle diffère du mâle, en ce qu’elle a toutes les parties supérieures d’un joli gris de perle teinté de rose, et tout le dessous du corps d’un rose tendre.
Le Guêpier gris-rose se trouve en Afrique.
GUÊPIER TA WA OU A QUEUE FOURCHUE.
MEROPS NÎRUNDIXACEUS . VIEILL.
Un joli collier bleu ceint la partie inférieure de la gorge qui est jaune. Le front est recouvert d’une petite plaque bleue. Le dessus de la tête, le derrière du cou, le dos, les scapulaires et les couvertu- res des ailes sont d’un vert qui, à certain jour, prend un ton d’or roux. Les remiges sont roussâtres et terminées de noir. La poitrine et le ventre sont d’un vert clair. Le croupion et les couvertures su- périeures de la queue qui est fourchue, sont du même bleu que le collier. Les couvertures inférieures ont une teinte bleuâtre. Le bec et les ongles sont noirs. Les pieds sont bruns. La femelle ne diffère du mâle que par sa taille plus petite et ses couleurs moins vives.
Ce Guêpier se trouve sur les bords de la rivière d’Orange en Afri- que. Son nom de Tawa lui a été donné par les naturels du pays.
116 —
GENRE MARTIN-CHASSEUR.
DACELO. temm.
Les Martins-Chasseurs appartiennent à l’ordre des Passereaux, à la tribu des Syndactyles, à la famille des Alcedidés et à la section des Longirostres. Le bec est droit, gros et fort, dilaté sur les côtés, sans arête vive, déprimé à sa base, subitement comprimé et courbé à la pointe. La mandibule inférieure est large, concave et plus courte que la supérieure. Les narines sont placées obliquement de chaque côté de la base du bec, et à moitié fermées par une membrane cou- verte de plumes. Le doigt externe est uni à l’interne. Les ailes sont subaiguës.
Les Martins-Chasseurs habitent les forêts épaisses et touffues. Ils se nourrissent presque exclusivement d’insectes auxquels ils font une chasse continuelle. Ils ne craignent pas souvent d’aller les dis- puter à des oiseaux beaucoup plus forts qu’eux. Ils construisent leurs nids dans le creux des arbres ou dans les bifurcations formées par l’extrémité des branches élevées.
MARTIN-CHASSEUR TRAPU.
DACELO CONCRET A. TEMM.
Le dessus de la tête est d’un vert foncé avec des petites lignes rousses sur le front. La tête est entourée d’un bandeau noir qui s’étend d’un œil à l’autre en passant sur l’occiput. Une large tache bleue existe sur les joues. Le derrière du cou est d’un roux foncé qui s’éclaircit sur les parties latérales, sur la gorge, la poitrine et les flancs. Le ventre est blanc. Le manteau et les ailes sont noires, à l’exception pourtant d’une partie des couvertures qui sont d’un bleu foncé ainsi que la queue. Le croupion et les couvertures supérieu- res de cette dernière sont d’un bleu céleste.
Le dessus du bec est noir, le reste est jaune, ainsi que les pieds.
Cet oiseau se trouve à Sumatra.
GENEE MARTIN-PÊCHEUR.
ALCEDO. linn.
Les Martins-Pêcheurs sont de Tordre des Passereaux syndaclyles, de îa famille des Alcedidés, et de la section des Longirostres. Leur bec est long, droit, solide, quadrangulaire, gros à sa base, comprimé et terminé en pointe. Les narines sont placées de chaque côté du bec et près de la base, percées obliquement et presque entièrement fermées par une membrane nue. Les pieds sont fort courts et placés très en arrière du corps. Le doigt externe est soudé à l’interne. Les ailes sont assez étendues, La troisième remige est la plus longue de toutes.
Les mœurs des Martins-Pêcheurs sont assez remarquables. Doués d’une patience infatiguable, on les voit perchés sur une des bran- ches flexibles qui bordent le rivage, et là, l’œil fixe et le corps im- mobile, ils attendent souvent des heures entières, jusqu’à ce qu’ils aient aperçu un petit poisson nageant près de la surface de Tonde. C’est alors qu’ils se laissent tomber d’aplomb et qu’ils arrivent avec la rapidité d’une flèche sur le pauvre poisson que rien ne peut avertir dans cette circonstance, du danger qui le menace. L’oiseau ressort de l’eau quelques instans après, et avale aussitôt la proie qu’il tient à son bec. Si celle-ci est trop grosse pour être avalée d’un seul coup, il la dépose sur une pierre, et au moyen de son bec vigoureux, la réduit en fragmens d’une plus facile digestion. Quand les Martins- Pêcheurs ne trouvent point de petites branches suspendues au des- sus de l’eau, ils choisissent la pointe d’un rocher, une pierre ou une motte de terre placées près du rivage. Souvent aussi on les voit plonger tout en explorant dans leur vol la surface des rivières. Outre les poissons, ils se nourrissent encore de vers, de limaçons et d’insectes aquatiques. Ils font leur nid dans des trous placés sur le bord de l’eau. Les anciens qui n’avaient pu parvenir à découvrir
118 —
ces nids, prétendaient qu’ils étaient lloltans sur la mer. Àldrovande dit qu’ils font sécher les branches sur lesquelles ils se perchent. Cette opinion vient sans doute, de ce qu’ils choisissent de préférence des branches desséchées.
Les Martins-Pêcheurs, comme on vient de le voir, ont des mœurs bien différentes des Martins-Chasseurs. Nous avons omis de dire en parlant de ces derniers, que leur plumage était souple et soyeux, tandis qu’il est serré, raide et lustré chez les premiers.
La peau des Martins-Pêcheurs est très recherchée dans certains pays où on la porte comme amulette.
MARTIN-PÊCHEUR DOUBLE OEIL.
ASCEDO DIOPS. TEMM.
Le dessous du corps est blanc, la poitrine est traversée par une ceinture bleue. Une tache blanche existe de chaque côté du front. Le dessus de la tête, les parties latérales et le derrière du cou, les ailes, le dos et la queue sont d’un joli bleu lustré. Le bec et les pieds sont noirs.
Cet oiseau se trouve dans les îles Moluques, à Amboine et à Ti-
mor.
1 19
GENEE PIEGRIÈCHE.
LANIUS. linj\ .
Les Piegrièches appartiennent à l’ordre des Passereaux, à la tribu tics Déodaclyles, à la famille des Lanidés, et à la section des Denti- Tostres. Le bec est robuste, de médiocre longueur, comprimé laté- ralement dans toute son étendue, courbé seulement vers la pointe où il forme un crochet précédé d’une échancrure en forme de petite dent. La mandibule inférieure est droite. Uh doigt derrière et trois devant entièrement divisés.
Le caractère des Piegrièches est fier et plein d’intrépidité; on les voit souvent s’élancer avec rage contre les Pies ou les Crèsserel- les qui passent trop près de leur nid. Les Piegrièches, qui sont pour ainsi dire des pygmées à côté du superbe Milan, ne craignent pour- tant pas de se mesurer avec cet oiseau redoutable. Une fois le com- bat engagé , elles montrent un acharnement vraiment incroyable, lui enfoncent leurs ongles dans les entrailles, et à coup de bec, le forcent à lâcher prise. Ce combat sanglant se termine quelquefois par la mort des deux champions, et l’on voit le Milan culbutant au milieu des airs, entraîner avec lui dans sa chute son implacable en- nemi qui reste accroché après lui comme s’il voulait, même après sa mort, le poursuivre encore de toute sa fureur.
Les Piegrièches se nourrissent de petits oiseaux qu’elles pourchas- sent au vol. Elles suspendent leur nid très artistement construit, à la bifurcation d’un arbre de moyenne hauteur.
François IP1 avait coutume, dit-on, de chasser avec une Piegrièche privée qui partait et revenait sur le poing.
120 —
PIEGRIÈCHE GONOLEGK
LANIUS BARBARES. GMEL.
La partie supérieure de la tête èst recouverte d’une large plaque jaune qui descend jusque sur l’occiput, le reste est noir. Tout le dessous du corps est d’un beau rouge de vermillon. Un petit collier de cette même couleur existe derrière le cou. Le reste du plumage de l’oiseau est noir. Les plumes des cuisses et les couvertures du dessous de la queue sont roussâtres. Le bec et les pieds sont noirs.
On trouve cette Piegrièche dans le sud de l’Afrique.
PIEGRIÈCHE BLEUE.
LANIUS BÏCOLOR. GMEL.
Toutes les parties supérieures sont d’un joli bleu de ciel. Les jam- bes ont une teinte bleuâtre, le reste du plumage est d’un blanc de neige.
Le bec et les pieds sont noirs.
Cet oiseau habite l'Afrique.
La femelle est plus petite. Le blanc est moins éclatant. Le bleue devient un peu verdâtre sur le croupion. Elle n’a pas non plus de noir au devant des yeux et à la gorge.
121
GEMBB BRÈVE
PUT A. VIE1LL .
Les Brèves, réunis par M. Cuvier au genre Merle, sont rangés dans l’ordre des Passereaux déodactyles, dans la famille des Lanidés et la section des Dentirostres. Le bec est assez allongé, fort dur, épais à sa base, comprimé dans toute sa longueur, légèrement incliné depuis la base, fléchi à la pointe qui est faiblement échancrée. Narines placées latéralement à la base du bec , et à moitié fermées par une grande membrane nue. Les ailes et la queue sont très cour- tes; les tarses très longs. Les mœurs de ces oiseaux d’un caractère très sauvage, nous sont tout-à-fait inconnues.
BRÈVE GRENADIN.
Pi TT A GRAN ATI N A. TEMM.
La tête présente trois zones de couleur différente : une supérieure d’un rouge cramoisi , une inférieure qui est noire couvre le front , entoure l’œil et descend sur îa joue; une troisième d’un bleu d’azur, placée entre les deux autres, et se prolongeant jusque der- rière la nuque. La gorge, la poitrine, le derrière du cou et le dos reflètent, sur un fond grenat, de belles teintes pourprées. Tout le ventre et les couvertures inférieures de la queue sont d’un rouge brique. Les grandes couvertures sont d’un bleu foncé, les moyennes sont bleu de ciel. Les rémiges sont noires ainsi que le bec et les pieds. La queue est noirâtre lustrée de bleu.
Ce Brève a été découvert par M. Diard, sur la côte de Bornéo.
Ois. Ex
6e Liv.
BREVE AZURÏN.
TURDUS CYANURUS. LINN.
Le nom de cet oiseau lui vient d’une large plaque bleu-d’azur qui lui traverse la poitrine. Au dessus de cette plaque existe un collier noir. La gorge est blanche. La tête est traversée d’avant en arrière, par des bandes noires et jaunes. La poitrine et le ventre d’un jaune un peu roux, sont sillonnés par de petites raies bleues. Les ailes sont noires, marquées des taches blanches. Le dos est d'un brun rougeâ- tre. La queue est bleue. Le bec et les pieds sont bruns.
Cet oiseau habite les Indes Orientales.
La femelle a des sourcils roux. Un collier noir très étroit sur le devant du cou. Les parties inférieures rayées en travers de noir et de roux. Le sommet de la tête, la queue et le dessus du corps sont bruns.
GrEMKE MERLE.
TURDUS. linn.
Les Merles sont rangés dans l’ordre des Passereaux déodactyles, dans la famille des Merulidès et la section des Dentirostres. Le bec est de médiocre longueur, un peu comprimé sur les côtés ; la mandibule supérieure un peu arquée, échancrée vers la pointe qui est recourbée mais sans former de crochet. La mandibule inférieure est droite et entière. Les narines sont ovoïdes, en partie couvertes
123
d'une membrane nue, el situées près de l'origine du bec. Le doigt externe est soudé seulement à sa base, le doigt interne restant libre. La chair de la plupart de ces oiseaux est bonne à manger. Les Merles sont très sédentaires, ils ne quittent jamais le canton qu’ils habitent pourvu qu’on ne vienne pas les y troubler.
Ils se nourrissent de baies et d’insectes. Ils nichent dans les buis- sons ou sur les branches basses des arbres.
MERLE A LONGUE QUEUE.
TURDUS OENEUS. GMEL.
La télé est d’un brun foncé avec des reflets verdâtres. Le dessous du corps présente des nuances de cuivre, de poupre et de bleu. Les parties supérieures sont d’un vert foncé avec des reflets violets. Le dessus de la queue est d’un violet brillant semblable à de l’acier trempé, offrant quelquefois des reflets verts, suivant les incidences de la lumière. Le bec et les pâtes sont noirs.
On le trouve au Sénégal.
La queue de la femelle est plus courte, et les reflets de son plu- mage moins brillans.
MERLE AZURÉ.
CORACIAS PU ELLA. LATII.
Toutes les parties supérieures du corps, ainsi que les couvertures inférieures de la queue, sont d’un bleu d’azur magnifique. Les par- ties latérales et le devant du cou. la poitrine, le ventre et les ailes sont d’un beau noir de velours. Le bec est noir. Les pâtes sont d’un noir violet.
La femelle est d'un ton bleu clair cendré avec quelques nuances azurées. Les ailes et la queue sont d’un noir terne, les barbes ex- térieures ont une teinte bleuâtre.
124 —
MERLE A VENTRE RLANG.
TURDUS LEUCOGASTER. GMEL.
Toutes les parties supérieures du corps , la gorge, le cou, le haut de la poitrine sont d un rouge pourpre avec de beaux reflets violets» Les rémiges sont brunes. Le reste du plumage est blanc.
Le bec et les pieds sont noirs.
Cet oiseau se trouve au Sénégal.
GEMME GOBE-MOUCHE.
MUSCICAPA. linn.
Les Gobe-Mouches sont rangés dans l’ordre des Passereaux déo- dactyles, dans la famille des Tyrannides et la section des Dentiros- tres. Le bec est médiocre, triangulaire, plus ou moins large à sa base; la pointe qui est forte et dure se termine par un petit crochet et offre une échancrure très prononcée. Les narines placées sur les parties latérales du bec et à sa base, sont recouvertes par des poils dirigés en avant. Il y a trois doigts, un derrière et trois devant. Les Gobe-Mouches sont des oiseaux qui se nourrissent uniquement de mouches et d’autres insectes ailés qu’ils attrapent au vol, et ja- mais à terre ni même sur les arbres. Ils vivent solitairement. Leurs nids sont placés sur les plus grosses branches ; ils les font quel- quefois dans des trous de rochers. Les Gobe-Mouches sont des oi- seaux utiles à l'homme, en purgeant la terre d’une grande quantité d’insectes.
GOBE-MOUCHE GORGE BLEUE.
MUSICAPA HYACYNTIIINA. TEMM .
Les parties supérieures, la tête, la gorge et le haut de la poitrine sont bleues; les parties inférieures sont d’un jaune roussâtre. Les rémiges et les rectrices sont brunes, bordées de bleu azuré. Le bec et les pieds sont noirs.
La femelle a les parties supérieures bleues, variées de cendré et de verdâtre. Les rémiges et les rectrices d’un brun verdâtre, bordé de bleu. La gorge, la poitrine et toutes les parties inférieures sont rousses.
Cet oiseau se trouve aux Moluques.
GOBE-MOUCHE VERMILLON.
MUSICAPA MINIATA. TEMM.
La tête, la gorge, le derrière du cou, le haut du dos et les petites couvertures des ailes sont noires. La poitrine, le ventre, la partie inférieure du dos et le croupion sont d’un rouge vermillon. Toutes les pennes des ailes, les trois rémiges antérieures exceptées, sont du même rouge vermillon, depuis la base jusqu’à la moitié de leur longueur. Le reste est noir. Les deux pennes du milieu de la queue sont noires, les externes sont rouge vermillon. Le bec et les pieds sont noirs.
La femelle a les mêmes nuances pures du mâle, mais le rouge est moins vif.
Le Gobe-Mouche vermillon habite l’intérieur de l’î le de Java.
CrEMEE PHIBALURE.
PHIBALURA. vieill.
Le Phibalure qui est la seule espèce connue de ce genre, appar- tient au même ordre, à la même tribu et à la même section que les Gobe-Mouches. Le bec est fort court, un peu conique, dilaté sur les côtés. La mandibule supérieure est légèrement arquée et échan- crée à l’extrémité. L’inférieure est droite, un peu pointue. Les na- rines sont très petites et situées à la base du bec. 11 y a quatre doigts, un en arrière et trois devant. La queue est courte et fourchue. Le séjour de cet oiseau, au milieu des forêts presque encore vierges du Brésil ,